Analystes de bases de données et administrateurs de données

2172 - Analystes de bases de données et administrateurs/administratrices de données
Textes de la profession

Nature du travail

Les analystes de bases de données conçoivent, élaborent et gèrent les solutions intégrées de gestion de données à l'aide de logiciels de gestion de données. Les administrateurs de données mettent au point et mettent en œuvre les lignes directrices, les procédures et les modèles de gestion de données.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Administrateur de base de données;
administrateur de dictionnaire de données;
administrateur de données;
analyste de base de données;
analyste en dépôt de données;
architecte de base de données;
architecte technique de base de données;
consignataire de données.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : octobre 2010)

Après avoir augmenté fortement jusqu'en 2000, le nombre d'analystes de bases de données et administrateurs de données a diminué quelque peu jusqu'en 2005, avant de repartir en hausse. La forte croissance des années 1990 s'explique par le développement rapide de l'informatique, tant du côté du nombre d'utilisateurs que des champs d'application. Cette croissance s'est toutefois essoufflée à compter de 2001, surtout en raison de la baisse des investissements des entreprises dans le secteur informatique. Le retour à la croissance à partir de 2005 correspond à une augmentation de ces investissements. Comme cette dernière tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années, on prévoit que leur nombre augmentera fortement, quoique à un rythme plus modéré que lors des années 1990.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront surtout de l'augmentation de l'emploi, mais aussi des postes qui seront libérés par les analystes et administrateurs de données qui accéderont à des postes de gestion ou de spécialistes des ventes techniques du commerce de gros (voir 6221) ou qui iront travailler à l'étranger, surtout aux États-Unis. Par contre, peu de postes seront libérés en raison de la retraite, car la proportion d'analystes et d'administrateurs âgés de 55 ans et plus est beaucoup plus faible que dans l'ensemble des professions (5 % par rapport à 15 %, selon les données du recensement de 2006).

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles aux programmeurs expérimentés (voir 2174), aux diplômés universitaires en sciences de l'informatique, aux analystes et administrateurs immigrants, et à ceux qui sont en chômage.

Le marché du travail des analystes de bases de données et administrateurs de données est mondial. Il n'est donc pas étonnant qu'un certain nombre d'analystes et administrateurs soient attirés par les salaires plus élevés ou par des projets stimulants offerts dans d'autres pays, surtout aux États-Unis. Une bonne proportion d'entre eux reviennent au bout de quelques années. Cet attrait touche principalement les analystes et administrateurs sans obligation familiale, possédant quelques années d'expérience et détenant un diplôme universitaire. De la même façon, des analystes et administrateurs étrangers provenant de plusieurs pays viennent travailler au Québec. En 2006, environ 22 % des postes dans cette profession étaient en effet occupés par des immigrants, proportion nettement plus élevée que pour l'ensemble des professions (12 %).

La demande dans cette profession étant relativement sensible à la conjoncture économique, le nombre de chômeurs disponibles pour pourvoir des emplois dans cette profession et concurrencer les diplômés universitaires peut varier considérablement d'une année à l'autre. De très faible à la fin des années 1990, le taux de chômage a grimpé en flèche en 2001 à la suite de l'éclatement de la bulle technologique (voir plus loin les Tendances). Il s'est résorbé par la suite avant de repartir en hausse au début de 2009 en raison de la récession.

La situation sur le marché du travail des diplômés en sciences de l'informatique a aussi évolué en fonction de la demande dans cette profession et à l'inverse du taux de chômage. Elle fut donc bien moyenne en 2003 et 2005, bonne en 2007 et excellente en 2009, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

Tous ces signes de détérioration du marché du travail pour les professions associées à l'informatique ont bien sûr fait diminuer l'attrait des programmes de formation dans cette discipline. Ainsi, les effectifs du baccalauréat en informatique ont diminué de plus de 50 % entre 1999 et 2007. Cette baisse d'effectif a commencé à se faire sentir sur le nombre de diplômés à compter de 2003, leur nombre diminuant de 40 % entre 2002 et 2007. Comme l'ampleur de la baisse des effectifs ne s'est pas encore totalement reflétée sur eux, le nombre de diplômés continuera de baisser au cours des prochaines années.

Compte tenu de nos prévisions de croissance et de la baisse du nombre de diplômés en sciences de l'informatique, la situation sur le marché du travail de ces bacheliers devrait être excellente au cours des prochaines années.

Si la rémunération touchée par les diplômés de la maîtrise en sciences informatiques est nettement plus élevée que celle des diplômés du baccalauréat, leur taux de chômage n'est pas plus bas. Certaines années, il est même plus élevé. En outre, une proportion relativement élevée des diplômés de la maîtrise poursuivent leurs études au niveau du doctorat, probablement attirés par la recherche ou l'enseignement universitaire, domaines pour lesquels le doctorat est habituellement exigé.

Soulignons finalement que la profession «programmeurs» (voir 2174) est celle qui accueille le plus grand nombre de diplômés en sciences de l'informatique. En effet, l'accès à des postes d'analystes exige habituellement une expérience dans cette profession. Autre reflet de cette exigence, la proportion d'analystes et consultants âgés de moins de 25 ans était en 2006 beaucoup plus faible que chez les programmeurs (5 % par rapport à 12 %, selon les données du recensement).

Industries

Selon les données du recensement, les analystes de bases de données et administrateurs de données travaillaient en 2006 dans de nombreuses industries. Leur nombre était particulièrement élevé dans les administrations publiques (19 %) et dans la conception de systèmes informatiques (18 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans la finance et les assurances (9 %), dans le commerce (8 %) et dans le secteur manufacturier (7 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en premier lieu de la demande de services informatiques. Elle est également influencée par la concurrence internationale.

- Demande de services informatiques

La demande de services informatiques provient en partie des ménages privés, mais encore plus des entreprises. Du côté des ménages, le taux d'informatisation a augmenté en flèche au cours des 20 dernières années. Ce niveau de croissance tend toutefois à diminuer depuis 2002. Ce taux d'informatisation ayant atteint 74 % en 2009, selon l'Enquête sur les dépenses des ménages de Statistique Canada, son niveau de croissance plafonnera inévitablement à l'avenir. S'il reste indéniablement encore un certain potentiel de croissance de ce côté, ce facteur avantagera moins la croissance de la demande de services informatiques qu'au cours des 20 dernières années.

Au cours des années 1990, la demande de services informatiques des entreprises a connu une croissance spectaculaire. Ainsi, l'emploi dans l'industrie de la conception de systèmes informatiques a quadruplé au cours de cette décennie. En raison de la fin des travaux de conformité à l'an 2000 et de la baisse des investissements des entreprises en informatique à partir de 2001, l'emploi y a augmenté beaucoup plus lentement de 2000 à 2003. Ce rythme s'est accéléré de 2003 à 2009, soutenu par la hausse importante de la valeur des investissements des entreprises en machines et matériel, tout en demeurant loin de son niveau de croissance débridé des années 1990.

Compte tenu de la valeur élevée du dollar canadien et de la vigueur de la concurrence internationale, la valeur des investissements des entreprises en machines et matériel devrait reprendre son bon rythme de croissance d'avant la dernière récession et stimuler la demande de services informatiques.

- Concurrence internationale

Par ailleurs, ce n'est pas que la demande de services informatiques qui est mondiale, l'offre l'est aussi. Habituée à faire face à la concurrence des entreprises des autres pays industrialisés, l'industrie locale doit maintenant faire face à de nouveaux joueurs. Portées par l'amélioration des infrastructures de télécommunications, des entreprises installées dans des pays à bas salaires, surtout en Inde, concurrencent en effet depuis quelques années les entreprises locales pour assurer certains services informatiques. Malgré le battage médiatique entourant cette nouvelle concurrence, les données de Statistique Canada montrent que ses effets sont pour l'instant infimes. D'une part, les entreprises canadiennes des services informatiques obtiennent beaucoup plus de contrats à l'étranger que les entreprises étrangères n'en obtiennent au Canada. La valeur des contrats provenant de l'étranger réalisés au Canada entre 1993 et 2008 a en effet été, selon les années, de deux à quatre fois plus élevée que la valeur des contrats que le Canada a accordés à d'autres pays. D'autre part, même si la valeur des importations en services informatiques provenant de la Chine et de l'Inde montre un augmentation bien nette depuis 2001, cette valeur représentait toujours en 2004 moins de 1 % de l'ensemble de ces importations. Bref, bien que la menace soit réelle, elle n'a pas l'ampleur qu'on veut bien lui accorder. Cela dit, il est certain que les entreprises locales réagissent déjà et craignent ses effets, entre autres sur les prix.

- Autres facteurs

L'emploi des analystes de bases de données et administrateurs de données est bien sûr influencé par ces tendances, mais moins que d'autres professions. Premièrement, la majorité des analystes et administrateurs travaillent dans toutes les industries pour analyser, développer et adapter les applications informatiques. La demande est toujours élevée à cet égard et continuera à progresser. Deuxièmement, en raison de leur rôle stratégique, leur expérience et leurs compétences sont fort précieuses pour leurs employeurs. Ils ne sont donc remerciés qu'en dernier recours. S'ils bénéficient fortement des périodes de croissance de la demande de services informatiques, ils en subissent moins les périodes de décroissance. Ainsi, leur nombre a continué à augmenter fortement de 2000 à 2002, avant de finalement subir les effets du ralentissement en 2003 et 2004. Conséquence de la hausse de la valeur des investissements des entreprises en machines et matériel, l'emploi dans cette profession est reparti en hausse entre 2004 et 2009, dépassant même son précédent sommet de 2002.

Pour bénéficier de la croissance économique prévue, les entreprises devront se doter de systèmes et d'applications informatiques efficaces. Les secteurs les plus importants de développement devraient être :

  • les applications mobiles grand public;
  • le commerce électronique;
  • la sécurité des transactions sur Internet;
  • la protection des systèmes contre les virus et les pirates informatiques;
  • la réalisation de sites Internet et d'intranets;
  • la conception de réseaux de communication en temps réel;
  • la gestion de l'information et des connaissances,
  • la transmission de données, d'images et de la voix en temps réel;
  • le traitement de signal et
  • le traitement d'images.

Cette effervescence devrait entraîner une forte augmentation du nombre d'analystes et consultants en informatique au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 36 % des postes dans cette profession en 2006. Cette proportion ne devrait pas augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles ne représentent en moyenne que 20 % des nouveaux diplômés en science de l'informatique. Environ 71 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). Le travail autonome était nettement moins répandu que dans l'ensemble des professions (6 % par rapport à 11 %). Le temps supplémentaire et le travail de soir et de week-end est courant lors d'urgences et lorsqu'on s'approche des échéances.

Exigences

Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent des connaissances techniques complètes et à jour en programmation et sur les systèmes d'exploitation. Ces candidats doivent posséder de fortes aptitudes en mathématiques, être à l'affût des innovations, démontrer des aptitudes à la synthèse, à l'analyse et à la résolution de problèmes et savoir utiliser leurs connaissances concrètement dans l'exercice de leur travail. L'autonomie, la créativité, la capacité de travailler en équipe et de communiquer oralement et par écrit, la résistance au stress, le respect des échéanciers, la minutie et la polyvalence sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme parlé et écrit est de plus en plus important, compte tenu du marché mondial dans lequel ils évoluent.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, les employeurs exigent habituellement un baccalauréat en informatique ou dans une autre discipline comportant une concentration en programmation, telle que les mathématiques, le commerce ou la gestion des affaires et une expérience à titre de programmeur. Un diplôme d'études collégiales (DEC) en informatique peut aussi permettre d'accéder à cette profession avec une vaste expérience en programmation. La maîtrise en informatique représente un atout et permet souvent d'accéder à des postes d'analyste ou d'administrateur directement.

Les programmes coopératifs qui offrent des stages en entreprise représentent un avantage important.

La formation continue en cours d'emploi est essentielle.

Références utiles

Association professionnelle des informaticiens et informaticiennes du Québec

Réseau Action TI

Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM)

Comité sectoriel de main-d'œuvre en technologies de l'information et des communications

Considérations importantes

Compte tenu de la hausse prévue de la valeur des investissements des entreprises en machines et matériel, le nombre d'analystes de bases de données et administrateurs de données devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.

La situation sur le marché du travail des diplômés en sciences de l'informatique s'est quelque peu détériorée de 2003 à 2007, mais elle fut excellente en 2009. Compte tenu de nos prévisions de croissance et de la baisse du nombre de diplômés en sciences de l'informatique, la situation sur le marché du travail de ces bacheliers devrait demeurer excellente au cours des prochaines années.

2172 - Analystes de bases de données et administrateurs/administratrices de données
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 2172 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 3 250 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 90 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 2,9 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 100 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 45 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 145 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 2172 Ensemble des
professions
Hommes 63,5 % 52,7 %
Femmes 36,5 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 2172 Ensemble des
professions
15- 24 ans 5,1 % 14,1 %
25- 44 ans 62,5 % 45,1 %
45- 64 ans 31,8 % 38,8 %
65 ans et plus 0,6 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 2172 Ensemble des
professions
Plein temps 91,8 % 79,2 %
Temps partiel 8,2 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
2172 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 71,3 % 53,2 %
Moyen 59 668 45 157
0 à 19 999 $ 3,9 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 32,4 % 52,4 %
50 000 $ et plus 63,7 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
2172 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 1,1 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 10,9 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 38,6 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 49,5 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 2172 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 0,8 % 2,5 %
Capitale-Nationale 9,5 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 3,5 % 5,4 %
Estrie 0,8 % 3,9 %
Centre-du-Québec 0,4 % 2,9 %
Montérégie 19,3 % 18,7 %
Montréal 39,0 % 24,1 %
Laval 5,6 % 5,0 %
Lanaudière 1,0 % 5,8 %
Laurentides 6,2 % 7,0 %
Outaouais 12,9 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,0 % 1,8 %
Mauricie 0,4 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 0,4 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,0 % 1,7 %


2172 Ensemble des
professions
Travail autonome 5,8 % 11,2 %


2172 Ensemble des
professions
Immigration 22,2 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Services professionnels, scientifiques et techniques 27,2 %
- conception de systèmes informatiques et services connexes 18,3 %
Administration publique 19,4 %
- fédérale 11,9 %
- provinciale 6,0 %
Industrie de l'information et industrie culturelle 8,7 %
Finance et assurances 8,7 %
Commerce 8,1 %
Fabrication 7,2 %