Mathématiciens, statisticiens et actuaires

2161 - Mathématiciens/mathématiciennes, statisticiens/statisticiennes et actuaires
Textes de la profession

Nature du travail

Les mathématiciens et les statisticiens font des recherches sur les théories mathématiques ou statistiques, élaborent des techniques mathématiques ou statistiques et les appliquent pour résoudre des problèmes relevant de la science, du génie, du commerce et des sciences sociales. Les actuaires appliquent les principes des mathématiques, de la statistique, des probabilités et de la théorie du risque pour évaluer l'incidence financière éventuelle de circonstances futures.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Actuaire;
actuaire en assurances;
actuaire-conseil;
analyste en statistique;
démographe;
mathématicien;
statisticien;
statisticien en biologie.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes. Ce verdict est lié aux perspectives moyennes d'emploi des différentes spécialités qui sont comprises dans cette profession. Les perspectives d'emploi de chacune de ces spécialités peuvent varier considérablement. Elles sont en fait bonnes pour les statisticiens et les actuaires, et à peine acceptables pour les mathématiciens.

(Mise à jour : octobre 2010)

A) Vue d'ensemble

Au cours des dernières années, le nombre de mathématiciens, statisticiens et actuaires a augmenté de façon notable. Cette augmentation s'explique principalement par la diversification du champ d'intervention des actuaires et par la forte demande de produits statistiques. Compte tenu que ces tendances devraient se maintenir au cours des prochaines années, on prévoit que le nombre de mathématiciens, statisticiens et actuaires continuera à augmenter de façon notable.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par les mathématiciens, statisticiens et actuaires qui accéderont à d'autres professions ou qui prendront leur retraite. Par exemple, leur formation et leur expérience leur permettent d'accéder à des postes de gestion. Avec la scolarité adéquate, ils peuvent également occuper des postes d'enseignants, tant au niveau collégial qu'universitaire (voir 4131 et 4121).

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront essentiellement accessibles aux nouveaux diplômés universitaires. En effet, peu de débouchés seront pourvus par des personnes en chômage, puisque le taux de chômage est très bas dans cette profession. D'autres débouchés pourront être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants qu'on y trouvait en 2006 (12 %, tout comme dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement) montre qu'elle est accessible à de nouveaux arrivants.

Industries

Même si les mathématiciens, statisticiens et actuaires interviennent dans des domaines bien précis, ils se répartissent dans un grand nombre d'industries. Selon les données du recensement, environ 33 % d'entre eux travaillaient en 2006 dans les services professionnels, scientifiques et techniques, surtout dans les services d'actuaires (26 %), 28 % dans l'administration publique et 19 % dans le secteur des assurances.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 39 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (34 %). Près de 75 % des mathématiciens, statisticiens et actuaires travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour la moyenne des professions (53 %). Le travail autonome était peu répandu en 2006 (environ 5 % des postes par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions).

B) Tendances par spécialité

- Mathématiciens

Il est important de différencier les «mathématiciens» des diplômés de la formation universitaire en mathématiques. Les mathématiciens sont peu nombreux. Ils travaillent surtout dans l'administration publique, dans des centres de recherche et dans des universités. Pour accéder à ces postes, il faut souvent être titulaire d'un doctorat en mathématiques.

Selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, de 30 % à 50 % des diplômés du baccalauréat et de la maîtrise de la formation universitaire en mathématiques poursuivent leurs études près de deux ans après avoir obtenu leur diplôme. Environ la moitié de ceux qui se dirigent sur le marché du travail occupent des postes d'actuaires et environ 30 % des postes d'enseignants. Les autres travaillent dans une gamme variée de professions. Ces données confirment que les mathématiciens sont peu nombreux et que le baccalauréat et la maîtrise ne suffisent pas pour accéder à des postes dans cette spécialité.

Pour devenir mathématicien, il faut bien sûr avoir une grande facilité en mathématiques et un esprit logique et méthodique. Les candidats doivent aussi posséder de grandes capacités d'abstraction et de concentration, et des aptitudes supérieures en analyse et en résolution de problèmes. Une bonne connaissance de l'informatique et le bilinguisme sont essentiels.

- Statisticiens

L'évolution de l'emploi dans cette spécialité dépend de la demande de produits statistiques. Au cours des dernières années, cette demande a augmenté surtout du côté des organismes publics et parapublics (Statistique Canada, Institut de la statistique du Québec, secteurs de la santé et de l'enseignement, etc.) et, dans une moindre mesure, du côté des services de sondages d'opinion publique et des centres de recherche privés. Tous les domaines d'activités reliés à la recherche et à la planification des ressources sont avides de données précises et d'analyse et interprétation de ces données. Citons entre autres la biologie, la médecine, la politique, le transport, l'éducation, la production manufacturière et la recherche clinique. Cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.

Malgré cette forte demande et le bon taux de croissance de l'emploi qui s'ensuit, le volume d'emploi demeure assez limité. En effet, les statisticiens travaillent essentiellement à la planification de la collecte des observations et à l'analyse, à la présentation et à l'évaluation de la validité des résultats, activités qui exigent beaucoup moins de main-d'œuvre que la collecte de données.

Le nombre de diplômés du baccalauréat et de la maîtrise en probabilités et statistiques demeure bien modeste en dépit de la forte demande de produits statistiques (35 en moyenne de 2000 à 2009), selon les données du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Il suffit d'ailleurs tout juste à satisfaire à la demande, comme le montre leur excellente situation sur le marché du travail.

Les changements technologiques semblent entraîner davantage d'effets positifs que négatifs pour l'emploi dans cette spécialité. Si la technologie permet de traiter les données beaucoup plus rapidement, elle entraîne par contre la multiplication des possibilités d'analyse. Comme les statisticiens interviennent peu à l'étape du traitement comme tel des données, ils ne subissent pas vraiment d'effets négatifs à cet égard. Au contraire, des enquêtes et recherches auparavant trop coûteuses ou impossibles à réaliser en raison de contraintes techniques deviennent maintenant accessibles. En plus, les résultats peuvent être présentés, analysés et interprétés avec beaucoup plus de raffinement, en croisant par exemple les données selon des critères retenus, et ce, de façon presque instantanée.

Pour devenir statisticien, les candidats doivent posséder de solides connaissances en mathématiques et en statistique. Ils doivent également posséder des aptitudes supérieures en analyse et en résolution de problèmes et de la facilité à communiquer, à vulgariser et à travailler en équipe. La rigueur, la minutie, l'esprit de synthèse et le sens de l'organisation sont les principales qualités recherchées.

- Actuaires

Au cours des dernières années, l'emploi dans cette spécialité a bénéficié de la diversification notable du champ d'intervention des actuaires. Cette diversification s'est concrétisée autant à l'intérieur de leurs domaines traditionnels d'intervention, soit les assurances et les régimes de retraite, que par l'émergence de nouveaux créneaux.

Mis à part l'industrie des experts-conseils où on retrouve des actuaires qui travaillent dans une foule de domaines en sous-traitance, les sociétés d'assurances représentent le principal employeur des actuaires avec 42 % des emplois au Canada en 2010, dont 30 % dans les sociétés d'assurance-vie, selon les données de l'Institut canadien des actuaires. Dans cette industrie, ils sont responsables de mettre au point de nouveaux produits et services adaptés à des clientèles bien précises, et ce, dans tous les types d'assurance : vie, maladie, invalidité, vol, catastrophes et automobiles. Ils bénéficient donc de la tendance au développement de nouveaux produits, surtout du côté de l'assurance-vie, mais aussi de l'assurance de dommages et de la réassurance. Par exemple, l'évaluation des risques dans le domaine du piratage informatique et le développement de produits adaptés aux besoins de la population vieillissante ou pour faire face aux inquiétudes en matière de santé, tels des produits pour assurer les soins en cas de perte d'autonomie, pour les maladies graves des enfants et pour les maladies infectieuses, représentent des créneaux prometteurs. Ils devront aussi explorer davantage les conséquences du réchauffement climatique sur la fréquence et la gravité des catastrophes naturelles.

Du côté des régimes de retraite et des autres produits financiers, ils ont été avantagés par la croissance des secteurs des régimes de retraite privés, des régimes enregistrés d'épargne-retraite (REÉR) et des fonds mutuels, surtout dans le domaine de la gestion du risque. Compte tenu du vieillissement de la population, cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.

Même si ces domaines traditionnels d'intervention fournissent toujours la plus grande partie du travail des actuaires, on fait de plus en plus appel à leurs services dans d'autres domaines. Ainsi,

  • des employeurs et des syndicats leur confient la conception et la gestion de régimes d'avantages sociaux;
  • les avocats les consultent dans le cadre de poursuites civiles pour calculer les pertes de revenu;
  • le gouvernement leur demande de calculer les coûts et les économies en fonction de divers scénarios d'implantation de nouveaux services ou de nouvelles sources de revenus;
  • ils conseillent les entreprises dans l'établissement de fiducies qui permettent d'épargner en vue de dépenses imprévues.

Ces nouveaux créneaux d'intervention ne justifient pas toujours l'embauche d'un actuaire à temps plein. Le secteur des entreprises d'experts-conseils est d'ailleurs celui qui embauche le plus d'actuaires (44 % des emplois en 2010).

Tout comme pour les statisticiens, les changements technologiques semblent entraîner davantage d'effets positifs que négatifs pour l'emploi dans cette spécialité. Si la technologie permet d'effectuer les calculs plus rapidement, elle entraîne par contre la multiplication des possibilités d'intervention des actuaires. Cette efficacité accrue explique sûrement en bonne partie l'importance de la diversification de leur champ d'intervention. Cette tendance devrait se poursuivre au cours des prochaines années.

Reflet de la forte demande d'actuaires, le taux de placement en emploi relié des diplômés du baccalauréat en actuariat est excellent, nettement plus élevé que pour l'ensemble des diplômés du baccalauréat. En plus, leur salaire moyen est beaucoup plus élevé que pour l'ensemble des diplômés du baccalauréat et leur taux de chômage beaucoup plus bas (en fait inexistant de 2001 à 2007 et très faible en 2009).

Pour devenir actuaire, il faut bien sûr avoir une grande facilité en mathématiques. Les candidats doivent également posséder le sens des affaires, une bonne capacité de concentration et de la facilité à communiquer et à travailler en équipe. La capacité à visualiser une situation de façon globale, la rigueur, le souci du détail et la créativité sont les principales qualités recherchées. Des connaissances en informatique, en économie, en placement, en marketing et en gestion représentent des atouts pour accéder à cette spécialité et pour obtenir des promotions. Le bilinguisme est souvent essentiel.

Études et formation

Pour accéder à un poste de mathématicien ou de statisticien, il faut habituellement être titulaire d'au moins un baccalauréat en mathématiques ou en statistiques.

Un baccalauréat en actuariat, en mathématiques, en statistiques ou en recherches opérationnelles est habituellement exigé des actuaires. Les candidats doivent également réussir une série d'examens de l'Institut canadien des actuaires. La réussite des cinq premiers examens de l'Institut permet d'obtenir le statut d'étudiant et celle des dix examens, de porter le titre de «Fellow». Il est possible et même courant de travailler dans ce domaine tout en poursuivant sa formation pour obtenir le titre de «Fellow».

Références utiles

Institut canadien des actuaires

 Association des statisticiennes et statisticiens du Québec

 Société statistique du Canada

Considérations importantes

Compte tenu de la diversification du champ d'intervention des actuaires et de la forte demande de produits statistiques, le nombre de mathématiciens, statisticiens et actuaires devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Les perspectives semblent particulièrement bonnes en actuariat et en statistique, et à peine acceptables en mathématiques.

2161 - Mathématiciens/mathématiciennes, statisticiens/statisticiennes et actuaires
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 2161 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 3 850 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 20 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,5 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 60 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 100 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 160 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 2161 Ensemble des
professions
Hommes 60,9 % 52,7 %
Femmes 39,1 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 2161 Ensemble des
professions
15- 24 ans 9,4 % 14,1 %
25- 44 ans 65,5 % 45,1 %
45- 64 ans 24,7 % 38,8 %
65 ans et plus 0,4 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 2161 Ensemble des
professions
Plein temps 92,8 % 79,2 %
Temps partiel 7,2 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
2161 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 74,4 % 53,2 %
Moyen 77 867 45 157
0 à 19 999 $ 3,4 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 17,5 % 52,4 %
50 000 $ et plus 79,1 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
2161 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,6 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 3,2 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 8,2 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 88,0 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 2161 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 0,0 % 2,5 %
Capitale-Nationale 22,1 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 4,6 % 5,4 %
Estrie 1,5 % 3,9 %
Centre-du-Québec 0,6 % 2,9 %
Montérégie 18,2 % 18,7 %
Montréal 34,6 % 24,1 %
Laval 3,3 % 5,0 %
Lanaudière 1,1 % 5,8 %
Laurentides 1,8 % 7,0 %
Outaouais 12,3 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,0 % 1,8 %
Mauricie 0,0 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 0,0 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,0 % 1,7 %


2161 Ensemble des
professions
Travail autonome 4,9 % 11,2 %


2161 Ensemble des
professions
Immigration 11,8 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Services professionnels, scientifiques et techniques 32,6 %
- services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques 25,6 %
Administration publique 27,6 %
- fédérale 14,9 %
- provinciale 11,2 %
Finance et assurances 24,1 %
- sociétés d'assurance 14,6 %