Urbanistes et planificateurs de l'utilisation des sols

2153 - Urbanistes et planificateurs/planificatrices de l'utilisation des sols
Textes de la profession

Nature du travail

Les urbanistes et planificateurs de l'utilisation des sols élaborent des plans et recommandent des politiques pour l'utilisation des sols, des installations et des services connexes dans les zones urbaines et rurales et dans les régions éloignées.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP

Exemples de titres professionnels

Analyste-planificateur;
planificateur communautaire et urbaniste;
planificateur environnementaliste;
planificateur régional;
planificateur à long terme;
planificateur de loisirs;
planificateur de l'utilisation du sol;
planificateur en aménagement de parcs;
planificateur;
planificateur municipal;
urbaniste.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : octobre 2010)

Mis à part un léger ralentissement au milieu des années 1990 en raison des compressions budgétaires gouvernementales, le nombre d'urbanistes et planificateurs de l'utilisation des sols a augmenté de façon notable au cours des dernières années. Ces mouvements s'expliquent surtout par la complexification des enjeux de l'occupation des territoires, tant en milieu rural qu'urbain. Comme ces enjeux demeureront importants au cours des prochaines années, le nombre d'urbanistes et planificateurs de l'utilisation des sols devrait continuer à augmenter de façon notable.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par les urbanistes et planificateurs qui prendront leur retraite ou qui changeront de profession. En effet, l'expérience dans ce domaine permet d'occuper des postes liés à l'aménagement du territoire et d'obtenir des promotions à des postes de gestion, principalement dans l'administration publique.

Bassin de main-d'œuvre

Les débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés du baccalauréat et de la maîtrise en urbanisme ou en aménagement du territoire et en développement régional. Peu de débouchés seront pourvus par des urbanistes et planificateurs expérimentés en chômage, car le taux de chômage est relativement faible dans cette profession, et par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 relativement faible, selon les données du recensement (5 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions). Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, car l'Ordre des urbanistes du Québec a signé récemment une entente de reconnaissance mutuelle de qualifications professionnelles avec l'Office professionnel de qualification l'Office professionnel de qualification de la France qui permet aux urbanistes de France et du Québec d'exercer leur profession dans les deux pays.

Quoiqu'on puisse encore accéder à cette profession avec un baccalauréat en urbanisme, les données des enquêtes Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) nous montrent que la maîtrise devient une exigence de plus en plus importante. En effet, une forte proportion des diplômés du baccalauréat en urbanisme poursuivent habituellement leurs études, tandis que le taux de placement en emploi en rapport avec la formation des bacheliers qui décident d'entrer sur le marché du travail est beaucoup plus faible que celui de la moyenne des bacheliers universitaires. La situation sur le marché du travail des diplômés de la maîtrise est au contraire très bonne à cet égard, avec un taux de placement en emploi en rapport avec la formation comparable à celui de la moyenne des diplômés de la maîtrise. Notons toutefois qu'une proportion importante de ces emplois en rapport avec la formation ne sont pas dans la présente profession. Cette constatation est corroborée en comparant les données de l'Ordre des urbanistes du Québec avec celles du MELS. On constate ainsi que le nombre de nouvelles inscriptions à l'Ordre correspond en moyenne à environ 45 % du nombre de nouveaux diplômés de la maîtrise en urbanisme ou en aménagement du territoire et en développement régional.

Même si les perspectives de croissance de l'emploi dans cette profession sont assez bonnes, la situation sur le marché du travail de ces diplômés pourrait se détériorer quelque peu au cours des prochaines années, tout en demeurant acceptable. En effet, le nombre d'étudiants au baccalauréat en urbanisme a plus que doublé entre 2000 et 2007, tandis qu'il a augmenté de plus de 40 % dans les programmes de maîtrise. La concurrence sera donc plus forte entre eux pour occuper les débouchés qui augmenteront moins rapidement.

Industries

Selon les données du recensement, environ 56 % des urbanistes et planificateurs de l'utilisation des sols travaillaient en 2006 dans les administrations publiques, principalement dans des municipalités (49 %). On en trouvait aussi en nombre significatif dans les services professionnels, scientifiques et techniques (27 %), surtout dans des bureaux d'architectes, d'ingénieurs et de services connexes (21 %), industrie qui comprend les bureaux d'urbanistes.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en premier lieu de l'évolution de la demande de services en urbanisme et en planification de l'utilisation des territoires.

La demande de services en urbanisme et en planification de l'utilisation des territoires a augmenté fortement jusqu'au milieu des années 1990. Cette augmentation résultait en bonne partie des conséquences des mouvements de population entre les milieux ruraux et les milieux urbains, mais aussi des villes centres vers les banlieues. Les enjeux du vieillissement de la population, de la sensibilisation croissante de la population face à l'environnement et de l'équilibre entre l'utilisation économique, culturelle et sociale des territoires commençaient aussi à exercer des pressions sur les municipalités et les autres niveaux de gouvernements.

Quoique ces facteurs étaient toujours présents au milieu des années 1990, les gouvernements ont mis la priorité sur l'équilibre des finances publiques. Les urbanistes et planificateurs de l'utilisation des sols ont, comme presque tous les membres du personnel de l'administration publique, subi les conséquences des compressions budgétaires des gouvernements. Les données des recensements nous montrent d'ailleurs une légère baisse de l'emploi dans cette profession entre 1991 et 2001, baisse concentrée uniquement dans l'administration publique, surtout municipale. En effet, l'emploi dans le secteur privé, notamment dans les services professionnels, scientifiques et techniques a continué à augmenter à un bon rythme. De même, on constate une légère baisse du nombre de membres de l'Ordre des urbanistes du Québec vers 1996. Par la suite, les facteurs mentionnés plus tôt ont repris le dessus, et l'emploi dans cette profession est reparti en hausse.

Les effets de ces facteurs devraient à tout le moins se maintenir et même gagner en importance au cours des prochaines années. Par exemple, les effets du vieillissement de la population se font sentir de plus en plus fortement, que ce soit en matière de logement, de mobilité ou de vie culturelle et sociale. Les conséquences des investissements gouvernementaux et privés sur l'environnement font l'objet de débats encore plus vifs qu'auparavant, tant en milieu urbain que rural. Cette accentuation des débats ne peut qu'entraîner une augmentation de la demande d'analyses complètes et fiables, en mesure de concilier les intérêts souvent divergents des citoyens, des entreprises et des instances gouvernementales. Les membres de cette profession bénéficieront bien sûr de ces tendances.

Compte tenu de ces facteurs, on prévoit que le nombre d'urbanistes et planificateurs de l'utilisation des sols augmentera de façon notable au cours des prochaines années. Seule la situation toujours précaire des finances publiques pourrait freiner un peu l'ampleur de cette augmentation.

- Autres tendances

Les dossiers sur lesquels travaillent les urbanistes et les planificateurs de l'utilisation des sols sont de plus en plus complexes. Ils doivent donc fréquemment s'intégrer à des équipes multidisciplinaires comprenant entre autres des ingénieurs, des architectes, des économistes, des cartographes, des professionnels des sciences sociales (géographes, sociologues, etc.) et des analystes financiers.

Les outils de communications informatiques permettent d'améliorer et d'accélérer les rapports entre les membres de cette profession et les autres partenaires du secteur de la planification des territoires. Ils peuvent donc échanger en temps réel avec eux et intégrer plus efficacement les différentes facettes d'un projet de planification. L'utilisation d'Internet permet d'améliorer la communication entre les intervenants, d'accélérer le travail, de faire diminuer le nombre de déplacements, d'effectuer des recherches et de diffuser de l'information.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 37 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse depuis 1991 (29 %). Cette proportion devrait continuer à augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent entre 40 % et 50 % des diplômés du baccalauréat et de la maîtrise en urbanisme ou en aménagement du territoire et en développement régional. Environ 65 % des membres de cette profession travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). Comme la majorité d'entre eux travaillaient dans l'administration publique en 2006, il n'est pas étonnant de constater que le travail autonome était relativement peu répandu (7 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions).

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent maîtriser les principaux enjeux qui influenceront la société à l'avenir : économie, démographie, environnement, etc. Ils doivent également bien connaître la législation, la réglementation, les politiques et les programmes gouvernementaux. L'esprit d'analyse et de synthèse, la capacité de travailler en équipe et de savoir concilier des intérêts souvent divergents, la facilité à communiquer, à vulgariser et à persuader, l'autonomie, l'initiative et la créativité sont des qualités importantes et recherchées. Le bilinguisme représente un atout.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut habituellement être titulaire d'au moins un baccalauréat en urbanisme. La maîtrise en urbanisme ou en aménagement du territoire et en développement régional est de plus en plus fréquemment exigée.

Seuls les membres de l'Ordre des urbanistes du Québec peuvent utiliser le titre d'urbaniste ou tout autre titre ou abréviation pouvant laisser croire qu'ils le sont. Pour devenir membre de l'Ordre, un candidat à cette profession doit :

  • être titulaire d'un des baccalauréats ou maîtrises en urbanisme ou en aménagement du territoire et en développement régional reconnus par l'Ordre, ou d'un diplôme reconnu équivalent délivré par un établissement d'enseignement situé hors du Québec;

  • avoir satisfait aux exigences d'un stage d'une durée de 24 mois pour les titulaires d'un baccalauréat et d'une durée de 12 mois pour les titulaires d'une maîtrise;

  • réussir un examen professionnel; et

  • avoir une connaissance appropriée de la langue française.

Références utiles

Ordre des urbanistes du Québec

Association des urbanistes et aménagistes municipaux du Québec

Association des aménagistes régionaux du Québec

Association québécoise d'urbanisme

Considérations importantes

Compte tenu de la complexification des enjeux de l'occupation des territoires, tant en milieu rural qu'urbain, on prévoit que le nombre d'urbanistes et planificateurs de l'utilisation des sols augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Quoiqu'on puisse encore accéder à cette profession avec un baccalauréat en urbanisme, la maîtrise devient une exigence de plus en plus importante. La situation sur le marché du travail des diplômés de la maîtrise est très bonne, mais pourrait se détériorer quelque peu au cours des prochaines années en raison de l'augmentation importante du nombre d'étudiants dans les programmes de maîtrise en urbanisme ou en aménagement du territoire et en développement régional.

2153 - Urbanistes et planificateurs/planificatrices de l'utilisation des sols
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 2153 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 1 250 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 40 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,8 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 25 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 35 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 60 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 2153 Ensemble des
professions
Hommes 63,0 % 52,7 %
Femmes 37,0 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 2153 Ensemble des
professions
15- 24 ans 5,9 % 14,1 %
25- 44 ans 56,7 % 45,1 %
45- 64 ans 36,2 % 38,8 %
65 ans et plus 1,2 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 2153 Ensemble des
professions
Plein temps 89,9 % 79,2 %
Temps partiel 10,1 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
2153 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 64,7 % 53,2 %
Moyen 54 779 45 157
0 à 19 999 $ 3,4 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 46,4 % 52,4 %
50 000 $ et plus 50,3 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
2153 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 2,0 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 2,4 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 13,8 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 81,9 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 2153 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,7 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,1 % 2,5 %
Capitale-Nationale 9,9 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 1,5 % 5,4 %
Estrie 4,4 % 3,9 %
Centre-du-Québec 0,7 % 2,9 %
Montérégie 18,8 % 18,7 %
Montréal 29,8 % 24,1 %
Laval 1,1 % 5,0 %
Lanaudière 5,1 % 5,8 %
Laurentides 5,9 % 7,0 %
Outaouais 8,5 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 2,6 % 1,8 %
Mauricie 3,7 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 3,7 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 2,6 % 1,7 %


2153 Ensemble des
professions
Travail autonome 7,1 % 11,2 %


2153 Ensemble des
professions
Immigration 5,1 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Administration publique 56,5 %
- locale 49,0 %
- provinciale 3,9 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 27,1 %
- architecture, génie et services connexes 21,2 %