Architectes
2151 - Architectes
Textes de la profession
Nature du travail
Les architectes conceptualisent, planifient et élaborent des devis pour la construction et la rénovation de bâtiments commerciaux, institutionnels et résidentiels.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Architecte;
architecte de bâtiments résidentiels;
architecte de bâtiments industriels et commerciaux;
architecte en chef;
architecte-conseil;
spécialiste des normes architecturales.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : septembre 2010)
Le nombre d'architectes est demeuré relativement stable lors de la récession du début des années 1990 et des années qui ont suivi malgré la forte baisse de l'emploi dans le secteur de la construction, puis a augmenté fortement par la suite. Ces mouvements s'expliquent surtout par les tendances qui influencent l'industrie de la construction et par l'évolution de la demande de services en architecture. Compte tenu de la croissance prévue dans la construction, de l'augmentation de la demande de services en architecture et de la forte concurrence des autres professions actives dans ce type de services, le nombre d'architectes devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront principalement des postes qui seront libérés par les architectes qui prendront leur retraite ou qui changeront de profession et, dans une moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi. En effet, l'expérience et la formation dans ce domaine permettent d'occuper des postes de gérance de chantier, d'entrepreneur et d'enseignant, et d'obtenir des promotions à des postes de direction.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés de la formation universitaire et, dans une moindre mesure, aux architectes expérimentés en chômage et à des immigrants qui satisfont aux exigences de l'Ordre des architectes du Québec. En 2006, environ 19 % des postes d'architectes étaient en effet occupés des immigrants, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (12 %). Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, car l'Ordre des architectes du Québec a signé en avril 2009 avec l'Ordre des architectes de France une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui permettra aux architectes de France et du Québec d'exercer leur profession dans les deux pays. L'Ordre compte également négocier une entente similaire avec les États-Unis.
La modification des exigences scolaires pour accéder à l'Ordre des architectes du Québec vers 2001, d'un baccalauréat d'une durée de quatre ans à un baccalauréat d'une durée de trois ans suivi d'une maîtrise professionnelle d'une durée d'un an et demi, a eu un impact majeur sur la situation sur le marché du travail des diplômés en architecture, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Ainsi, la situation des diplômés du baccalauréat est maintenant beaucoup moins reluisante que celle des diplômés de la maîtrise. Ces derniers bénéficient d'une très bonne situation, meilleure que celle de l'ensemble des diplômés d'une maîtrise.
Le rehaussement des exigences par l'Ordre a aussi entraîné une très forte augmentation des effectifs et du nombre de diplômés de la maîtrise en architecture. Ainsi le nombre d'étudiants et de diplômés a plus que triplé entre 2000 et 2007.
Notons finalement qu'une forte proportion des diplômés de la maîtrise (entre 70 % et 80 % selon les années) ne deviennent pas membres de l'Ordre, soit parce qu'ils ne terminent pas leur stage, qu'ils échouent à l'examen d'admission à l'Ordre, ou qu'ils décident de s'orienter vers une autre profession.
Industries
Selon les données du recensement, environ 79 % des architectes travaillaient en 2006 dans des bureaux d'architectes, d'ingénieurs et de services connexes. On en retrouvait aussi en nombre significatif dans les administrations publiques (7 %).
Tendances
La demande d'architectes dépend en grande partie des tendances qui influencent l'industrie de la construction et de la demande de services en architecture.
- Industrie de la construction
Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2008 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :
- des taux d'intérêt peu élevés;
- une croissance importante des investissements privés et publics;
- une création d'emplois soutenue;
- quelques baisses de taxes et d'impôts;
- l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;
- le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).
Ces facteurs ont permis une augmentation de plus de 60 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2008. Si l'emploi s'est maintenu en 2009 malgré la récession, c'est en grande partie en raison de la forte augmentation des investissements publics et de la création de programmes d'incitation à la rénovation, deux mesures découlant des plans de relance gouvernementaux.
Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a augmenté de près de 90 % entre 1998 et 2008, avant de diminuer de 3 % en 2009, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).
Au cours des prochaines années, la reprise économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014), mais à un rythme moins rapide que lors des 10 années qui ont précédé la récession de 2009.
- Demande de services en architecture
Tout au long des 20 dernières années, le nombre d'architectes a augmenté un peu plus rapidement que l'emploi dans la construction. Ce phénomène s'explique principalement par la croissance de la demande de services en architecture.
Cette demande a crû tout d'abord en raison de l'élargissement de l'éventail de services offerts en architecture, tels que le design urbain, les études préliminaires, le service-conseil en gestion ou en coordination de projets, les études de faisabilité et la planification d'installations. En conséquence, le rôle des architectes est devenu de plus en plus important dans la compréhension de l'impact de l'environnement sur les individus, l'amélioration de la performance des bâtiments et la conception d'environnements spéciaux.
Par ailleurs, la forte croissance de l'accès à la propriété favorise également la demande de services en architecture. En effet, les gens qui font construire une propriété pour y habiter sont généralement beaucoup plus soucieux des éléments architecturaux que les propriétaires de logements locatifs. Or, le taux d'accès à la propriété est passé au Québec de 55,6 % en 1991 à 60,2 % en 2006, selon les données des recensements. Cette hausse peut sembler bien petite, mais elle s'est traduite par une augmentation de 31 % du nombre de logements en propriété par rapport à une hausse de 8 % du nombre de logements en location. Malgré sa forte croissance, le taux d'accès à la propriété au Québec (60 %) demeure bien loin de celui du reste du Canada (72 %). La tendance à la forte croissance de l'accès à la propriété devrait donc se maintenir au cours des prochaines années et continuer à favoriser la croissance de demande de services en architecture.
- Autres tendances
Comme cette profession est formée en grande partie de travailleurs autonomes - en 2006, environ 34 % des architectes étaient des travailleurs autonomes par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions - ils sont moins sujets que les autres travailleurs de la construction aux fluctuations de l'emploi. En effet, avant de se retirer des affaires, un travailleur autonome a tendance à absorber une baisse d'activité à même son revenu. Reflet de ce phénomène, le revenu moyen d'emploi des architectes, y compris ceux qui travaillent à temps plein, à temps partiel, à l'année ou une partie de l'année, a diminué de 7 % entre 1991 et 1996 lorsque l'industrie de la construction connaissait de mauvaises années, et a augmenté de 50 % entre 1995 et 2005, alors que la construction allait mieux. En plus, comme ces architectes autonomes ne sont pas admissibles à l'assurance-emploi, ils ne peuvent compter sur un revenu de remplacement s'ils cessent de travailler. Ils ont en outre souvent investi beaucoup de temps et d'argent pour s'établir à leur compte, développer leurs compétences et se bâtir un bon réseau de contacts. Finalement, leur fort attachement à leur profession les porte à ne l'abandonner qu'en dernier recours.
Par ailleurs, comme par les années passées, ils feront face à une forte concurrence, car de nombreux professionnels, designers et techniciens offrent, à moindre coût, une partie des services proposés par les architectes (gestion de construction, planification urbaine, etc.). Par exemple, ces professionnels et techniciens, dont les technologues en architecture (voir 2251), sont autorisés à signer et sceller les plans et devis de travaux d'architecture pour la construction, l'agrandissement, la reconstruction, la rénovation ou la modification de certains édifices, dont les habitations unifamiliales isolées et la plupart des édifices qui n'excèdent pas 2 étages et 300 mètres carrés de superficie brute totale des planchers. Dans d'autres cas, l'architecte n'est embauché qu'en sous-traitance.
Compte tenu de la croissance prévue dans la construction, de l'augmentation de la demande de services en architecture et de la forte concurrence des autres professions actives dans ce type de services, le nombre d'architectes devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Les outils de communications informatiques permettent d'améliorer et d'accélérer les rapports entre les architectes et les autres partenaires du secteur de la construction. Les ingénieurs, les architectes, les entrepreneurs et leurs clients peuvent en effet échanger et modifier en temps réel la représentation d'un projet architectural.
L'accréditation aux normes de qualité ISO et Qualimètre, en ce qui concerne le processus de réalisation d'un projet, devient de plus en plus un avantage concurrentiel. Certaines grandes firmes et des services gouvernementaux l'exigent systématiquement pour les projets d'une valeur de 10 millions $ et plus.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 33 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en forte hausse depuis 1991 (23 %). Cette proportion devrait continuer à augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent depuis quelques années plus de 50 % des nouveaux diplômés de la maîtrise en architecture. La donnée sur le revenu annuel d'emploi (63 617 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 64 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 32 432 $ en 2005.
Exigences
Pour accéder à cette profession, les candidats doivent avoir de bonnes aptitudes en visualisation spatiale et en résolution de problèmes techniques, de même que des habiletés en mathématiques. La capacité de travailler en équipe, le leadership et le sens de l'organisation sont des qualités recherchées. Le bilinguisme est souvent essentiel. Les connaissances et aptitudes en gestion sont nécessaires pour s'établir à son compte et constituent des atouts pour obtenir des promotions à des postes de direction.
Les architectes doivent se tenir à jour sur les nouveautés en design et en techniques de construction.
Études et formation
La maîtrise en architecture est habituellement exigé.
Pour exercer cette profession et porter le titre d'architecte, il faut être membre de l'Ordre des architectes du Québec. Pour ce, les candidats à cette profession doivent :
être titulaires d'un programme préprofessionnel de baccalauréat ès sciences d'une durée de trois ans suivi d'une maîtrise professionnelle en architecture de trois trimestres (45 crédits); les titulaires de l'ancien baccalauréat en architecture de 120 crédits (équivalent à quatre ans d'études à temps plein) sont aussi admissibles à l'Ordre;
effectuer un stage d'une durée de 5 600 heures (environ trois ans à temps plein) au sein de firmes d'architectes. Toutefois, une partie de ce stage peut être effectuée dans un milieu connexe à l'architecture;
réussir un examen professionnel; et
avoir une connaissance appropriée de la langue française.
L'Ordre des architectes du Québec est mandaté pour entériner la certification émise par le «Conseil canadien de certification en architecture » au titulaire d'un diplôme délivré à l'extérieur du Québec. Dans le cadre de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), cette certification permet d'exercer cette profession sur tout le territoire nord-américain.
Au Québec, trois universités offrent une formation menant à l'obtention d'un diplôme reconnu par l'Ordre : l'Université Laval, l'Université McGill et l'Université de Montréal.
La formation continue est obligatoire pour les membres de l'Ordre des architectes du Québec.
Références utiles
Ordre des architectes du Québec
Association des architectes en pratique privée du Québec
Centre Canadien d'Architecture
Faculté de l'aménagement
Université de Montréal
Faculté d'aménagement, d'architecture et des arts visuels
Université Laval
The School of Architecture
McGill University
Commission de la construction du Québec (CCQ)
Considérations importantes
Compte tenu de la croissance prévue dans la construction, de l'augmentation de la demande de services en architecture et de la forte concurrence des autres professions actives dans ce type de services, le nombre d'architectes devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Une forte proportion des diplômés de la maîtrise en architecture ne deviennent pas membres de l'Ordre des architectes du Québec, soit parce qu'ils ne terminent pas leur stage, qu'ils échouent à l'examen d'admission à l'Ordre, ou qu'ils décident de s'orienter vers une autre profession.
La situation sur le marché du travail des diplômés de la maîtrise en architecture est un peu meilleure que celle de l'ensemble des diplômés d'une maîtrise.
2151 - Architectes
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2151 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 2 600 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 25 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,8 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 20 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 100 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 120 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2151 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 67,5 % | 52,7 % |
| Femmes | 32,5 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2151 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 4,4 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 53,4 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 38,0 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 4,2 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2151 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 92,1 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 7,9 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2151 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 63,0 % | 53,2 % |
| Moyen | 63 617 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 7,6 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 37,7 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 54,7 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2151 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,0 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 0,8 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 11,8 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 87,5 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2151 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,4 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 1,4 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 13,3 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 2,1 % | 5,4 % |
| Estrie | 1,3 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 0,9 % | 2,9 % |
| Montérégie | 13,5 % | 18,7 % |
| Montréal | 49,6 % | 24,1 % |
| Laval | 4,1 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 2,4 % | 5,8 % |
| Laurentides | 4,6 % | 7,0 % |
| Outaouais | 3,0 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,6 % | 1,8 % |
| Mauricie | 0,4 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 1,5 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,8 % | 1,7 % |
| 2151 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 34,2 % | 11,2 % |
| 2151 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 18,5 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 81,9 % |
| - architecture, génie et services connexes | 78,8 % |
| Administration publique | 7,0 % |