Ingénieurs en aérospatiale
2146 - Ingénieurs/ingénieures en aérospatiale
Textes de la profession
Nature du travail
Les ingénieurs en aérospatiale font de la recherche et travaillent à la conception et à la mise au point de véhicules et de systèmes aérospatiaux et de leurs composantes. Ils effectuent des tâches liées à la mise à l'essai, à l'évaluation, à l'installation, à la mise en opération et à l'entretien de ces véhicules et systèmes.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Ingénieur en aérodynamique;
ingénieur en aéronautique;
ingénieur en aérospatiale;
ingénieur en aérospatiale - contraintes des matériaux;
ingénieur en conception d'aéronefs;
ingénieur en essais aérospatiaux;
ingénieur en structures aérospatiales;
ingénieur en systèmes aérospatiaux.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : septembre 2010)
Le nombre d'ingénieurs en aérospatiale a augmenté fortement jusqu'en 2001 et a diminué quelque peu par la suite. Cette évolution s'explique en premier lieu par les tendances qui influencent l'industrie de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces. Étant donné qu'on prévoit un retour à la croissance dans cette industrie, le nombre d'ingénieurs en aérospatiale devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par les ingénieurs qui prendront leur retraite ou qui obtiendront des promotions dans des postes de gestion, en passant parfois par des postes liés aux conseils techniques, à la vente et au marketing (voir par exemple : 6221 spécialistes des ventes techniques, vente en gros).
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés universitaires et aux immigrants qui satisfont aux exigences de l'Ordre des ingénieurs (voir la section «Formation»). Face au nombre insuffisant de diplômés universitaires, l'embauche d'ingénieurs en aérospatiale provenant de l'étranger est particulièrement fréquente, comme l'illustre la forte proportion d'immigrants dans cette profession, soit plus de 37 % en 2006 par rapport à la moyenne d'environ 12 % pour l'ensemble des professions, selon les données du recensement. Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, car l'Ordre des ingénieurs du Québec développe actuellement des outils pour permettre aux personnes qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger de déposer leur demande à l'Ordre avant d'arriver au pays et d'accélérer le traitement des demandes. En plus, l'Ordre a signé en octobre 2008 avec les organismes similaires français une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui permettra aux ingénieurs de France et du Québec d'exercer leur profession dans les deux pays. Autre reflet du manque de main-d'œuvre dans cette profession, le revenu moyen d'emploi a augmenté plus rapidement que la moyenne entre 1990 et 2005 (59 % par rapport à 42 %). Par contre, peu de postes seront pourvus par des ingénieurs en aérospatiale en chômage, puisque le taux chômage est très faible dans cette profession, même si le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi a plus que triplé depuis le début de la dernière récession.
Puisque les diplômés de la formation en génie mécanique peuvent occuper des postes d'ingénieurs mécaniciens (voir 2132) et d'ingénieurs en aérospatiale, leur situation sur le marché du travail ne dépend pas uniquement de la demande en génie aéronautique. Mentionnons tout de même que leur taux de placement est excellent et leur taux de chômage très faible, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. En plus, la grande majorité de ces finissants travaillent dans des postes à temps plein et liés à leur domaine d'études.
Cette situation s'est très légèrement détériorée en 2003 et en 2005, avant de se redresser en 2007 et en 2009. De 2003 à 2005, elle se comparait tout de même avantageusement à celle des autres diplômés universitaires du secteur des sciences appliquées. Cette légère détérioration coïncidait avec le ralentissement de l'activité dans les industries dans lesquelles ils travaillent (voir plus loin les Tendances). Elle correspondait aussi à une hausse importante du nombre de diplômés du baccalauréat en génie mécanique (augmentation de 50 % entre 2000 et 2007).
Le nombre de diplômés ne devrait plus augmenter beaucoup au cours des prochaines années, car le nombre total d'étudiants dans les quatre années nécessaires à l'obtention du baccalauréat en génie mécanique est demeuré assez stable depuis 2002. Il a d'ailleurs diminué légèrement en 2007.
Comme on prévoit un bon taux de croissance au cours des prochaines années dans les industries dans lesquelles ils travaillent, la situation sur le marché du travail des diplômés en génie mécanique devrait être très bonne.
Industries
Selon les données du recensement, environ 80 % des ingénieurs en aérospatiale travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, en grande majorité dans l'industrie de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces (67 %), mais aussi dans la fabrication de machines (8 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans les services professionnels, scientifiques et techniques (12 %), surtout dans les bureaux d'ingénieurs (8 %), et dans l'administration fédérale (5 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en grande partie des tendances qui influencent l'industrie de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces. Au cours des années 1990, cette industrie a connu un fort taux de croissance, tant du côté des manufacturiers que des sous-traitants. Reflet de cette croissance, la valeur réelle (après inflation) des livraisons a presque quadruplé et celle des exportations a sextuplé entre 1992 et 2001.
La situation de cette industrie s'est modifiée considérablement à partir de 2001. Entre 2001 et 2008, seule la vigueur étonnante du marché canadien a permis une certaine augmentation de la valeur réelle (après inflation) des livraisons, car la valeur réelle des exportations a, elle, diminué de 35 %. Cette baisse s'explique en partie par des événements imprévus, telles la crainte du terrorisme entourant le transport aérien à la suite des événements du 11 septembre 2001, la guerre en Irak et l'épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), mais aussi par la concurrence étrangère et par la hausse de la valeur du dollar depuis 2003. Par la suite, la récession de 2009 a provoqué une nouvelle baisse de près de 15 % de la valeur réelle des exportations entre 2008 et 2010 et un quasi effondrement (baisse de près de 60 %) de la valeur des livraisons sur le marché canadien, pour une baisse de plus de 30 % de la valeur des livraisons totales. L'emploi, lui, n'a baissé que de 15 % entre 2001 et 2010, une partie du personnel étant affecté au développement de nouveaux modèles.
Les effets de la récession de 2009 devraient continuer de limiter les possibilités de croissance au début de notre période de prévision (2010-2014). Par la suite, les facteurs de fond devraient reprendre leurs effets fort positifs. En effet, en plus du vieillissement de la flotte mondiale d'aéronefs, le renforcement des règlements en matière de sécurité et de protection de l'environnement favorisera la demande d'aéronefs. Compte tenu de ces facteurs, de la qualité de la production et de l'appui des gouvernements, l'emploi dans cette industrie devrait connaître une croissance notable au cours des prochaines années. Par contre, la valeur relativement élevée du dollar canadien, le prix élevé du pétrole et la forte concurrence étrangère pourraient ralentir quelque peu cette tendance à la hausse. Notons que les principaux effets de la décision de Bombardier de construire les avions de la série C à Mirabel se feront sentir après notre période de prévision. Si cette décision permettra des embauches d'ingénieurs en aéronautique pour la mise au point de l'appareil, on prévoit que l'activité liée à la construction de ces avions n'atteindra son sommet qu'en 2017.
En raison de l'importance de la recherche et du développement, ces ingénieurs occupent des postes clés au sein de cette industrie. En plus, la formation spécifique en génie aéronautique ou en aérospatiale est relativement récente. Auparavant, les employeurs embauchaient des ingénieurs mécaniciens, électriciens et électroniciens ou industriels et les formaient sur les besoins spécifiques de leur industrie et de leur entreprise. Même si les employeurs embauchent encore des ingénieurs de ces spécialités, ils le font de moins en moins et accordent leur préférence aux ingénieurs formés spécifiquement sur les besoins de leur industrie. D'ailleurs, ces employeurs et le Centre d'adaptation de la main-d'œuvre aérospatiale au Québec (CAMAQ) collaborent directement avec les universités dans l'élaboration des programmes.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre d'ingénieurs en aérospatiale devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 11 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991 (10 %). Cette proportion devrait augmenter quelque peu au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent depuis quelques années environ 15 % des nouveaux diplômés en génie mécanique et en génie aérospatial, aéronautique et astronautique. Environ 77 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). Comme la grande majorité de ces ingénieurs travaillent pour des entreprises de fabrication, le travail autonome était peu répandu (environ 4 % des postes en 2006 par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions).
Exigences
En plus des connaissances techniques, les candidats à cette profession doivent avoir un esprit inventif et un bon jugement critique. La polyvalence, l'autonomie, la créativité, la minutie, les aptitudes à communiquer, à travailler en équipe, à analyser et à résoudre les problèmes et la facilité d'apprentissage en informatique sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé. Les aptitudes en gestion et en planification représentent un atout, surtout pour accéder à des promotions.
Études et formation
Pour accéder à cette profession, les employeurs exigent habituellement un diplôme universitaire en génie mécanique ou en génie aérospatial, aéronautique et astronautique. La spécialisation en aéronautique du baccalauréat en génie mécanique et la maîtrise en génie aérospatial sont en grande demande et représentent des atouts de plus en plus importants.
Le programme de maîtrise en génie aérospatial est offert conjointement par l'École Polytechnique, les universités Concordia, McGill, Laval et Sherbrooke en collaboration avec des compagnies œuvrant dans le domaine de l'aérospatiale dans la région de Montréal. C'est le Centre d'adaptation de la main-d'œuvre aérospatiale du Québec (CAMAQ) qui coordonne les activités entre les universités et les industries participantes. L'École polytechnique offre depuis l'automne 2009 un baccalauréat en aérospatiale.
Pour exercer cette profession et porter le titre d'ingénieur, il faut être membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec. Pour ce, les candidats à cette profession doivent :
- être titulaires d'un baccalauréat reconnu par l'Ordre ou réussir les examens déterminés par l'Ordre;
- travailler l'équivalent de 36 mois à titre d'ingénieur «junior», dont au moins 12 mois au Canada;
- réussir un examen professionnel; et
- avoir une connaissance appropriée de la langue française.
L'Ordre reconnaît l'équivalence des diplômes obtenus dans des établissements étrangers qui ont conclu une entente de reconnaissance réciproque avec Ingénieurs Canada. Les diplômés des institutions non reconnues doivent se recycler ou réussir les examens déterminés par l'Ordre.
La formation continue est essentielle pour ces ingénieurs.
Références utiles
Comité sectoriel de main-d'œuvre en aérospatiale (CAMAQ)
Ordre des ingénieurs du Québec
Considérations importantes
Étant donné qu'on prévoit un bon niveau de croissance dans l'industrie de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, le nombre d'ingénieurs en aérospatiale devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
La situation sur le marché du travail des diplômés en génie mécanique devrait être très bonne au cours des prochaines années.
2146 - Ingénieurs/ingénieures en aérospatiale
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2146 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 3 100 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 25 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,4 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 45 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 70 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 115 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2146 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 88,5 % | 52,7 % |
| Femmes | 11,5 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2146 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 2,7 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 66,1 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 29,9 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 1,2 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2146 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 97,4 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 2,6 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2146 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 78,0 % | 53,2 % |
| Moyen | 77 817 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 1,6 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 12,9 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 85,6 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2146 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,4 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 3,5 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 18,5 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 77,6 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2146 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,0 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 0,0 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 0,0 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 0,4 % | 5,4 % |
| Estrie | 0,6 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 0,4 % | 2,9 % |
| Montérégie | 23,0 % | 18,7 % |
| Montréal | 52,5 % | 24,1 % |
| Laval | 8,9 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 2,0 % | 5,8 % |
| Laurentides | 10,3 % | 7,0 % |
| Outaouais | 1,0 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,0 % | 1,8 % |
| Mauricie | 0,4 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 0,4 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,0 % | 1,7 % |
| 2146 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 3,9 % | 11,2 % |
| 2146 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 37,0 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Fabrication | 79,6 % |
| - fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces | 67,3 % |
| - fabrication de machines | 8,1 % |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 11,9 % |
| - architecture, génie et services connexes | 7,5 % |
| Administration publique fédérale | 4,8 % |