Ingénieurs métallurgistes et des matériaux

2142 - Ingénieurs/ingénieures métallurgistes et des matériaux
Textes de la profession

Nature du travail

Les ingénieurs métallurgistes et des matériaux dirigent des études sur les propriétés et les caractéristiques des métaux et des minerais non métallifères, planifient, conçoivent et mettent à l'essai de la machinerie et des procédés pour concentrer, extraire, affiner et traiter les métaux, les alliages et autres matériaux tels que la céramique, les matériaux semi-conducteurs et les matériaux composites.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Ingénieur céramiste;
ingénieur métallurgiste;
ingénieur de fonderie;
ingénieur en électrométallurgie;
ingénieur en hydrométallurgie;
ingénieur en matériaux;
ingénieur en métallurgie physique;
ingénieur en prévention de la corrosion;
ingénieur en pyrométallurgie;
ingénieur en soudage.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : septembre 2010)

Mis à part certaines variations annuelles, le nombre d'ingénieurs métallurgistes et des matériaux a augmenté de façon notable au cours des dernières années. Cette augmentation s'explique principalement par les tendances qui touchent l'industrie de première transformation des métaux, par l'utilisation de nouveaux matériaux et par l'importance grandissante accordée à la productivité par les dirigeants d'entreprise. Compte tenu de la croissance prévue dans l'industrie de première transformation des métaux et de l'importance grandissante accordée à la productivité par les dirigeants d'entreprise, le nombre d'ingénieurs métallurgistes et des matériaux devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les ingénieurs métallurgistes et des matériaux qui prendont leur retraite ou qui accéderont à d'autres professions et, dans une moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi. Par exemple, la formation et l'expérience de ces ingénieurs leur permettent d'accéder à des postes de spécialistes des ventes techniques (voir 6221), et d'obtenir des promotions à des postes reliés à la gestion. Avec la scolarité adéquate, ils peuvent également occuper des postes d'enseignants, tant au niveau collégial qu'universitaire (voir 4131 et 4121). Malgré toutes ces sources de débouchés, le nombre de postes vacants demeurera modeste en raison du volume d'emploi relativement peu élevé dans cette profession.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles aux personnes qui satisfont aux exigences de l'Ordre des ingénieurs du Québec (voir la section Formation). Il s'agit en premier lieu de nouveaux diplômés universitaires et d'immigrants. L'importance de l'immigration dans le bassin de main-d'œuvre de cette profession se reflète de façon éloquente dans les données du recensement. En effet, environ 21 % des postes étaient occupés par des immigrants en 2006, proportion beaucoup plus élevée que dans l'ensemble des professions (12 %). Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, car l'Ordre des ingénieurs du Québec développe actuellement des outils pour permettre aux personnes qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger de déposer leur demande à l'Ordre avant d'arriver au pays et d'accélérer le traitement des demandes. En plus, l'Ordre a signé en octobre 2008 avec les organismes similaires français une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui permettra aux ingénieurs de France et du Québec d'exercer leur profession dans les deux pays. Par contre, peu de débouchés seront pourvus par des ingénieurs métallurgistes et des matériaux en chômage, puisque le taux de chômage est très bas dans cette profession.

La situation sur le marché du travail des diplômés en génie métallurgique et des matériaux est en général excellente, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Les emplois occupés par ces finissants sont en plus de grande qualité : en grande majorité à temps plein, reliés au domaine d'études et offrant des salaires élevés. Conséquence du ralentissement observé dans l'industrie de la première transformation des métaux de 2001 à 2003 (voir les Tendances plus loin sur cette page), la situation en 2005 des diplômés de la promotion de 2003 s'est considérablement dégradée. Reflet de la reprise dans l'industrie de la première transformation des métaux depuis 2003, la situation sur le marché du travail de ces diplômés est redevenue excellente en 2007 et en 2009.

L'ampleur de ces revirements n'est pas étonnant. En effet, le nombre de diplômés est beaucoup moins élevé en génie métallurgique et des matériaux que dans la plupart des autres disciplines du génie : entre 30 et 60 par année par rapport à plusieurs centaines en génie civil, génie électrique et génie mécanique, par exemple. Ils sont donc beaucoup plus vulnérables à un changement brusque de tendance.

Leur situation sur le marché du travail devrait demeurer excellente au cours des prochaines années. D'une part, on prévoit un retour à la croissance dans l'industrie de la première transformation des métaux au cours des prochaines années. D'autre part, le nombre de diplômés en génie métallurgique et des matériaux devrait demeurer relativement faible au cours des prochaines années, car le nombre total d'étudiants dans les quatre années nécessaires à l'obtention de ce baccalauréat est demeuré assez stable au cours des dernières années.

Industries

Selon les données du recensement, environ 58 % des ingénieurs métallurgistes et des matériaux travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, en premier lieu dans l'industrie de la première transformation des métaux (34 %) et 27 % dans les services professionnels, scientifiques et techniques, surtout dans les bureaux d'ingénieurs (20%).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui influencent le secteur manufacturier, surtout l'industrie de la première transformation des métaux, de l'utilisation de nouveaux matériaux et de l'importance accordée à la productivité par les dirigeants d'entreprise.

- Industrie de la première transformation des métaux

La valeur réelle (après inflation) des livraisons de l'industrie de la première transformation des métaux a augmenté considérablement jusqu'en 2000, tant en raison de la très forte hausse de la valeur des exportations qu'à la vigueur de la demande intérieure. Après avoir fait du sur place de 2000 à 2003, la valeur des livraisons est repartie en forte hausse entre 2003 et 2008, avant de retomber à son niveau de 2003 en 2009.

Même si la valeur réelle des livraisons a presque triplé entre 1992 et 2008, l'emploi n'a, lui, guère augmenté au cours de cette période et se retrouvait en 2008 toujours moins élevé qu'au début des années 1990. L'absence de croissance de l'emploi dans cette industrie dans ce contexte de forte augmentation de la valeur des livraisons s'explique en partie par les variations des prix des métaux produits, mais surtout par la hausse de la productivité consécutive aux forts investissements qu'a connus cette industrie au cours des dernières années. Ces investissements, concentrés à 85 % dans l'achat de machines et équipement, permettent de produire plus avec moins de personnel. Même s'ils ne favorisent pas la création d'emplois, ces investissements ont le mérite d'assurer à long terme le maintien au Québec de nombreux emplois dans cette industrie.

La dernière récession a frappé durement cette industrie. En effet, la valeur réelle des livraisons et des exportations a d'ailleurs baissé d'entre 30 % et 35 % en 2009. Cette baisse semble surtout associée à la baisse du prix des métaux, mais aussi, dans une moindre mesure, à une baisse des volumes vendus et exportés. En effet, l'emploi a diminué à un rythme nettement inférieur aux livraisons et aux exportations, soit entre 10 % et 20 %, selon les sources.

Avec la fin de la récession, la demande et les prix devraient repartir en hausse rapidement. D'ailleurs, la valeur réelle des livraisons et des exportations est repartie en hausse en 2010, annulant les deux tiers de la perte de 2009. Comme par les années passées, la croissance de la valeur des livraisons ne devrait pas se refléter entièrement sur l'emploi en raison des gains de productivité attendus à la suite de nouveaux investissements des entreprises, ce qui s'est produit en 2010, avec une hausse de l'emploi beaucoup moins forte que celle de la valeur des livraisons. Malgré cela, on s'attend à ce que le nombre d'emplois dans l'industrie de la première transformation des métaux augmente légèrement au cours des prochaines années.

- Utilisation de nouveaux matériaux

Au cours des dernières années, la recherche a évolué rapidement dans le secteur des matériaux, permettant l'apparition de nouveaux métaux, céramiques, matières plastiques, matériaux composites ou électroniques, etc. Ces nouveaux matériaux trouvent des applications concrètes dans plusieurs industries, dont celles de la première transformation des métaux, de la fabrication de produits métalliques et des équipements de transport. L'utilisation croissante de nouveaux matériaux favorise bien sûr l'emploi des ingénieurs métallurgistes et des matériaux. Leur rôle consiste en effet à recommander les matériaux les plus performants en fonction de l'utilisation prévue, à planifier des méthodes de production adaptées à leurs caractéristiques et à améliorer ou adapter leurs propriétés aux besoins spécifiques du bien à produire.

- Importance accordée à la productivité

Puisque ces ingénieurs participent aussi aux activités de contrôle de la qualité et aux mesures de protection de l'environnement, la demande d'ingénieurs métallurgistes et des matériaux dépend aussi de l'importance accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières. À cet égard, ces dirigeants accordent de plus en plus d'importance à la gestion de la qualité comme facteur de croissance de la productivité. Ainsi, l'implantation des normes ISO et Qualimètre et des programmes d'amélioration continue représente une activité souvent essentielle pour conserver ou accroître ses parts des marchés local et international. Étant donné que la valeur élevée du dollar canadien incite les entreprises manufacturières à accorder encore plus d'importance à la productivité, cette tendance devrait s'accentuer au cours des prochaines années.

Malgré une certaine incertitude du côté de l'évolution du prix des métaux, la plupart des facteurs qui influencent l'emploi dans cette profession semblent positifs. En conséquence, le nombre d'ingénieurs métallurgistes et des matériaux devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 16 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (8 %). Comme elles représentent en moyenne moins de 30 % des nouveaux diplômés en génie métallurgique et des matériaux, on peut s'attendre à ce qu'elles demeurent fortement minoritaires à moyen terme. Plus de 80 % des ingénieurs métallurgistes et des matériaux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour la moyenne des professions (53 %). Le travail autonome était peu répandu (environ 8 % des postes en 2006 par rapport à 11 % dans l'ensemble des profession).

Exigences

Pour accéder à cette profession, il faut avoir l'esprit scientifique et méthodique. Les candidats doivent être à l'affût des innovations, démontrer des aptitudes à la synthèse, à l'analyse et à la résolution de problèmes et savoir utiliser leurs connaissances concrètement dans l'exercice de leur travail. Ils doivent savoir planifier, organiser, superviser et évaluer le travail. La capacité de travailler en équipe et de communiquer, l'autonomie, la curiosité et l'efficacité sont des qualités recherchées. Des connaissances et de la facilité en informatique ainsi que le bilinguisme sont souvent essentiels. Des aptitudes en gestion représentent un atout pour obtenir des promotions.

Études et formation

Pour accéder à cette profession il faut habituellement être titulaire d'un diplôme universitaire en génie métallurgique et des matériaux. Au Québec, ce programme est offert par l'École polytechnique de Montréal, l'Université Laval à Québec et l'Université McGill à Montréal.

Pour exercer cette profession et porter le titre d'ingénieur, il faut être membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec. Pour ce, les candidats à cette profession doivent :

  • être titulaires d'un baccalauréat reconnu par l'Ordre ou réussir les examens déterminés par l'Ordre;
  • travailler l'équivalent de 36 mois à titre d'ingénieur «junior», dont au moins 12 mois au Canada;
  • réussir un examen professionnel; et
  • avoir une connaissance appropriée de la langue française.

L'Ordre reconnaît l'équivalence des diplômes obtenus dans des établissements étrangers qui ont conclu une entente de reconnaissance réciproque avec Ingénieurs Canada. Les diplômés des établissements non reconnus doivent se recycler ou réussir les examens déterminés par l'Ordre.

La formation continue est essentielle pour ces ingénieurs.

Références utiles

Ordre des ingénieurs du Québec

Conseil canadien du commerce et de l'emploi dans la sidérurgie

Ingénieurs Canada

École polytechnique de Montréal
Programme de génie des matériaux

Université Laval
Département de génie des mines, de la métallurgie et des matériaux

McGill University
Materials Engineering

Considérations importantes

Compte tenu de la croissance prévue dans l'industrie de première transformation des métaux et de l'importance grandissante accordée à la productivité par les dirigeants d'entreprise, le nombre d'ingénieurs métallurgistes et des matériaux devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

La situation sur le marché du travail des diplômés en génie métallurgique et des matériaux est en général excellente et devrait le demeurer au cours des prochaines années.

2142 - Ingénieurs/ingénieures métallurgistes et des matériaux
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 2142 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 350 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 10 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,3 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 5 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 20 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 25 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 2142 Ensemble des
professions
Hommes 84,0 % 52,7 %
Femmes 16,0 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 2142 Ensemble des
professions
15- 24 ans 1,9 % 14,1 %
25- 44 ans 58,3 % 45,1 %
45- 64 ans 38,0 % 38,8 %
65 ans et plus 1,9 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 2142 Ensemble des
professions
Plein temps 96,5 % 79,2 %
Temps partiel 3,5 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
2142 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 80,9 % 53,2 %
Moyen 80 752 45 157
0 à 19 999 $ 8,6 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 10,8 % 52,4 %
50 000 $ et plus 80,6 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
2142 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,0 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 0,0 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 4,7 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 95,3 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 2142 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 0,0 % 2,5 %
Capitale-Nationale 9,5 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 0,0 % 5,4 %
Estrie 0,0 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,9 % 2,9 %
Montérégie 30,5 % 18,7 %
Montréal 27,6 % 24,1 %
Laval 1,9 % 5,0 %
Lanaudière 2,9 % 5,8 %
Laurentides 0,0 % 7,0 %
Outaouais 2,9 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,0 % 1,8 %
Mauricie 1,9 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 16,2 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 4,8 % 1,7 %


2142 Ensemble des
professions
Travail autonome 8,3 % 11,2 %


2142 Ensemble des
professions
Immigration 21,0 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Fabrication 57,5 %
- première transformation de métaux 34,0 %
- fabrication de matériel de transport 6,6 %
- fabrication de produits métalliques 4,7 %
- fabrication de machines 4,7 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 27,4 %
- architecture, génie et services connexes 19,8 %