Ingénieurs d'industrie et de fabrication

2141 - Ingénieurs/ingénieures d'industrie et de fabrication
Textes de la profession

Nature du travail

Les ingénieurs d'industrie et de fabrication mènent des études, élaborent et supervisent des programmes visant l'utilisation optimale du matériel, des ressources humaines, de la technologie, des matériaux et des procédés en vue d'améliorer l'efficacité et la productivité.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Ingénieur industriel;
ingénieur d'usine;
ingénieur en contrôle de la qualité;
ingénieur en fabrication;
ingénieur en mesure du travail;
ingénieur en prévention des incendies;
ingénieur en production;
ingénieur en production assistée par ordinateur (PAO);
ingénieur en sécurité.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : septembre 2010)

Après avoir augmenté fortement jusqu'en 2000, le nombre d'ingénieurs d'industrie et de fabrication a augmenté à un rythme moins rapide. Cette augmentation s'explique principalement par l'évolution du secteur manufacturier et du niveau des investissements dans ce secteur, et surtout par l'importance grandissante accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières. Étant donné que la recherche de gains de productivité par les employeurs continuera à avantager l'emploi dans cette profession et qu'on prévoit une faible augmentation des investissements et de l'emploi dans le secteur manufacturier, le nombre d'ingénieurs d'industrie et de fabrication devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les ingénieurs qui prendront leur retraite et, dans une moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi. En plus, de nombreux débouchés seront créés en raison des postes qui seront libérés par les ingénieurs d'industrie et de fabrication qui accéderont à d'autres professions. Par exemple, la formation et l'expérience de ces ingénieurs leur permettent d'accéder à des postes de spécialistes des ventes techniques (voir 6221), et d'obtenir des promotions à des postes de directeurs de la fabrication (voir 0911) et dans d'autres postes liés à la gestion. Avec la scolarité adéquate, ils peuvent également occuper des postes d'enseignants, tant au niveau collégial qu'universitaire (voir 4131 et 4121).

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles aux personnes qui satisfont aux exigences de l'Ordre des ingénieurs du Québec (voir la section Formation). Il s'agit en premier lieu de nouveaux diplômés universitaires et de technologues et techniciens en génie industriel et en génie de fabrication (voir 2233) qui possèdent la formation exigée, mais aussi d'immigrants. Selon les données du recensement de 2006, environ 19 % des ingénieurs d'industrie et de fabrication étaient en effet des immigrants, proportion nettement plus élevée que pour l'ensemble des professions (12 %). Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, car l'Ordre des ingénieurs du Québec développe actuellement des outils pour permettre aux personnes qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger de déposer leur demande à l'Ordre avant d'arriver au pays et d'accélérer le traitement des demandes. En plus, l'Ordre a signé en octobre 2008 avec les organismes similaires français une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui permettra aux ingénieurs de France et du Québec d'exercer leur profession dans les deux pays. Par ailleurs, peu de débouchés seront pourvus par des ingénieurs d'industrie et de fabrication en chômage, puisque le taux de chômage est relativement bas dans cette profession, même si le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi a augmenté depuis le début de la dernière récession.

Au cours des dernières années, la vigueur de la demande d'ingénieurs d'industrie et de fabrication s'est entre autres concrétisée par un excellent taux de placement des diplômés en génie industriel, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. En plus, les emplois occupés par ces diplômés étaient de grande qualité : presque tous à temps plein, en grande majorité reliés au domaine d'études et offrant des salaires plus élevés que pour la moyenne des bacheliers. Malgré le ralentissement de la croissance dans le secteur manufacturier, la situation sur le marché du travail de ces diplômés, quoique légèrement moins reluisante, est demeurée de 2003 à 2009 parmi les meilleures des diplômés universitaires du secteur des sciences appliquées. Il devrait en être de même après la récession actuelle.

Industries

Selon les données du recensement, environ 67 % des ingénieurs d'industrie et de fabrication travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier. On en retrouvait aussi en nombre significatif dans les services professionnels, scientifiques et techniques (17 %), surtout dans les bureaux d'ingénieurs (13 %). Cela dit, quelle que soit l'industrie dans laquelle ils travaillent, leurs fonctions sont directement reliées à la production manufacturière.

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui influencent le secteur manufacturier, du niveau des investissements dans ce secteur et de l'importance accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières.

- Secteur manufacturier

Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois au début des années 1990, le secteur manufacturier a connu une croissance remarquable de 1994 à 2000. Cette croissance s'explique en grande partie par la hausse spectaculaire de la valeur des exportations, surtout vers les États-Unis. La récession aux États-Unis au début des années 2000, la hausse importante de la valeur du dollar canadien en 2003 et l'accentuation de la concurrence des pays à faibles salaires, telle la Chine, ont entraîné un revirement complet de la tendance de la deuxième moitié des années 1990. Entre 2001 et 2008, la valeur réelle (en tenant compte de l'inflation) des livraisons est demeurée stable, pendant que, conséquence des gains en productivité, l'emploi reculait d'environ 15 %. Notons que le maintien de la valeur des livraisons fut le résultat de l'augmentation de la demande intérieure, puisque la valeur des exportations a diminué de 15 % au cours de cette période, tandis que la valeur des livraisons domestiques augmentaient de 12 %. Ainsi, la proportion des exportations sur les livraisons est passée de 48 % en 2001 à 40 % en 2008.

On aurait pu penser que le pire était derrière nous. Toutefois, la récession commencée en décembre 2007 aux États-Unis s'est étendue au Canada au dernier trimestre de 2008 et n'a pris fin qu'au troisième trimestre de 2009. Comme c'est presque toujours le cas, le manufacturier fut un des secteurs industriels les plus touchés par cette récession. Ainsi, la valeur réelle des livraisons et des exportations internationales a diminué de près de 15 % en 2009. Réagissant souvent avec un certain délai, l'emploi a toutefois beaucoup moins reculé. Les nombreux contrats de travail partagés ont sûrement atténué l'impact de la baisse de la valeur réelle des livraisons.

Les effets de la récession devraient perdre beaucoup d'ampleur en 2010 et laisser place à une légère croissance de l'emploi par la suite. Celle-ci demeurera modeste, compte tenu de la vigueur incertaine de la reprise aux États-Unis, de la valeur toujours élevée du dollar canadien et de la concurrence toujours vive des pays à faibles salaires.

La situation sera toutefois bien différente d'une industrie à l'autre. Les industries manufacturières de biens de consommation, comme le vêtement, les textiles, le meuble et les plastiques seront les plus désavantagées. De même, les industries de l'impression et du papier continueront à subir les effets de la faiblesse de la demande de leurs produits. Par contre, les perspectives seront meilleures dans les industries qui reposent sur la demande intérieure, comme celles de la fabrication d'aliments et de la fabrication de produits métalliques, et sur la haute technologie, telles celles de la fabrication de matériel de transport et de matériel, de la fabrication d'appareils et de composants électriques.

- Niveau des investissements dans le secteur manufacturier

S'il est évident que la demande d'ingénieurs d'industrie et de fabrication dépend beaucoup du niveau d'activités dans le secteur manufacturier, elle est aussi reliée à l'évolution du niveau d'investissements du secteur manufacturier. En effet, lors de l'implantation d'une nouvelle usine ou d'une nouvelle machinerie dans une usine existante, tout est à faire. Déjà avant l'achat proprement dit, les ingénieurs d'industrie et de fabrication doivent évaluer les options, planifier les méthodes de production, prévoir l'utilisation optimale des ressources humaines, de la machinerie et des matériaux qui seront utilisés. Après l'achat, il faut analyser l'efficacité des solutions retenues et apporter des ajustements pour atteindre le meilleur niveau possible de productivité. Si ce niveau d'investissement a été particulièrement faible au début de la décennie 1990, il a crû très fortement dans la deuxième moitié de cette décennie.

En raison de la prudence des entreprises face à leurs surinvestissements lors des années précédentes, du ralentissement économique au tournant du siècle et de la forte montée du dollar canadien à compter de 2003, la valeur réelle (après inflation) des investissements dans le secteur manufacturier a diminué de près de 60 % entre 2000 et 2010. Cette baisse fut plus forte du côté de la construction de nouvelles usines (près de 80 %) que du côté des investissements en machines et matériel (entre 50 % et 55 %). Même si elle augmentait quelque peu au cours des prochaines années, la valeur de ces investissements devrait demeurer à un niveau bien inférieur au sommet atteint en 2000. Cette augmentation ne stimulerait donc que légèrement l'emploi dans cette profession.

- Importance accordée à la productivité

Puisque ces ingénieurs travaillent à la planification de la logistique des activités manufacturières et à l'élaboration des méthodes de production, la demande d'ingénieurs d'industrie et de fabrication dépend aussi de l'importance accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières. À cet égard, ces dirigeants accordent de plus en plus d'importance à la gestion de la qualité, à la logistique de la production et de la livraison, et à l'utilisation et à l'application de l'informatique dans la production manufacturière comme facteurs de croissance de la productivité. Ainsi, l'implantation des normes ISO et Qualimètre et des programmes d'amélioration continue représente une activité souvent essentielle pour conserver ou accroître ses parts des marchés local et international. La gestion du «juste-à-temps» (diminution des coûts reliés au maintien des stocks, en commandant plus souvent et en plus petite quantité les matières premières, et en livrant plus souvent et en plus petite quantité les produits finis) constitue un outil de plus en plus utilisé pour faire croître la productivité.

L'importance accordée à la productivité par les dirigeants des entreprises manufacturières favorise aussi l'emploi d'ingénieurs d'industrie et de fabrication. Étant donné que la valeur élevée du dollar canadien incite les entreprises manufacturières à accorder encore plus d'importance à la productivité, cette tendance devrait se maintenir et même gagner en importance au cours des prochaines années.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre d'ingénieurs d'industrie et de fabrication devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 16 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (11 %). Comme elles représentent depuis quelques années environ 20 % des nouveaux diplômés en génie industriel, on peut s'attendre à ce qu'elles demeurent fortement minoritaires à moyen terme. Plus de 70 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). En 2006, le travail autonome était peu répandu (environ 5 % des postes par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions).

Exigences

Pour accéder à cette profession, il faut avoir l'esprit logique et méthodique. Les candidats doivent être à l'affût des innovations technologiques, démontrer des aptitudes à la synthèse, à l'analyse et à la résolution de problèmes et savoir utiliser leurs connaissances concrètement dans l'exercice de leur travail. Ils doivent savoir planifier, organiser, superviser et évaluer le travail. La capacité de travailler en équipe et de communiquer, l'autonomie, la curiosité et l'efficacité sont des qualités recherchées. Des connaissances et de la facilité en informatique ainsi que le bilinguisme sont souvent essentiels. Des aptitudes en gestion représentent un atout important.

Études et formation

Pour accéder à cette profession il faut habituellement être titulaire d'un diplôme universitaire en génie industriel. Une spécialisation en productique, en contrôle de la qualité ou en logistique représente un atout important pour accéder à certains postes.

Pour exercer cette profession et porter le titre d'ingénieur, il faut être membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec. Pour ce, les candidats à cette profession doivent :

  • être titulaires d'un baccalauréat reconnu par l'Ordre ou réussir les examens déterminés par l'Ordre;
  • travailler l'équivalent de 36 mois à titre d'ingénieur «junior», dont au moins 12 mois au Canada;
  • réussir un examen professionnel; et
  • avoir une connaissance appropriée de la langue française.

L'Ordre reconnaît l'équivalence des diplômes obtenus dans des établissements étrangers qui ont conclu une entente de reconnaissance réciproque avec Ingénieurs Canada. Les diplômés des établissements non reconnus doivent se recycler ou réussir les examens déterminés par l'Ordre.

La formation continue est essentielle pour ces ingénieurs.

Références utiles

Ordre des ingénieurs du Québec

 Ingénieurs Canada

Considérations importantes

Étant donné que la recherche de gains de productivité par les employeurs continuera à avantager l'emploi dans cette profession et qu'on prévoit une faible augmentation des investissements et de l'emploi dans le secteur manufacturier, le nombre d'ingénieurs d'industrie et de fabrication devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Le taux de placement des diplômés en génie industriel est excellent. En plus, les emplois occupés par ces finissants sont habituellement de grande qualité : en grande majorité permanents, à temps plein, reliés au domaine d'études et offrant des salaires élevés. Compte tenu de nos prévisions de croissance, la situation sur le marché du travail de ces diplômés devrait continuer à être très bonne après la récession actuelle.

2141 - Ingénieurs/ingénieures d'industrie et de fabrication
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 2141 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 4 150 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 80 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,3 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 60 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 100 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 160 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 2141 Ensemble des
professions
Hommes 83,8 % 52,7 %
Femmes 16,2 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 2141 Ensemble des
professions
15- 24 ans 1,8 % 14,1 %
25- 44 ans 69,7 % 45,1 %
45- 64 ans 27,0 % 38,8 %
65 ans et plus 1,5 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 2141 Ensemble des
professions
Plein temps 96,0 % 79,2 %
Temps partiel 4,0 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
2141 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 70,4 % 53,2 %
Moyen 67 391 45 157
0 à 19 999 $ 2,6 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 25,6 % 52,4 %
50 000 $ et plus 71,9 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
2141 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,5 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 2,3 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 12,7 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 84,6 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 2141 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,4 % 2,5 %
Capitale-Nationale 6,1 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 3,8 % 5,4 %
Estrie 5,8 % 3,9 %
Centre-du-Québec 3,1 % 2,9 %
Montérégie 20,2 % 18,7 %
Montréal 30,8 % 24,1 %
Laval 7,3 % 5,0 %
Lanaudière 4,9 % 5,8 %
Laurentides 6,2 % 7,0 %
Outaouais 2,5 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,6 % 1,8 %
Mauricie 2,7 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 3,4 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,2 % 1,7 %


2141 Ensemble des
professions
Travail autonome 4,9 % 11,2 %


2141 Ensemble des
professions
Immigration 19,4 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Fabrication 66,5 %
- fabrication de matériel de transport 11,5 %
- fabrication de machines 8,0 %
- fabrication de produits informatiques et électroniques 7,0 %
- fabrication de produits métalliques 6,4 %
- fabrication de produits chimiques 5,2 %
- première transformation de métaux 5,2 %
- fabrication de produits en plastique et en caoutchouc 4,7 %
- fabrication du papier 3,7 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 16,5 %
- architecture, génie et services connexes 12,7 %
Commerce de gros 3,8 %