Les ingénieurs chimistes recherchent, conçoivent et mettent au point du matériel et des procédés de transformation chimique, supervisent l'exploitation et l'entretien d'usines dans les industries de la chimie, des plastiques, des produits pharmaceutiques, des ressources, des pâtes et papiers et de la transformation des aliments, et exécutent des tâches liées au contrôle de la qualité, à la protection de l'environnement et au génie biochimique et biotechnique.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP, au :
http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/RechercheRapide.aspx?val65=2134
Ingénieur chimiste de projets;
ingénieur chimiste des pâtes et papiers;
ingénieur chimiste du contrôle des procédés;
ingénieur de raffinerie;
ingénieur des adhésifs;
ingénieur des combustibles liquides;
ingénieur des polymères;
ingénieur des procédés chimiques;
ingénieur en biochimie;
ingénieur en biotechnique;
ingénieur en chimie de l'environnement;
ingénieur en hygiène industrielle;
ingénieur en pétrochimie;
ingénieur en traitement des déchets.
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : septembre 2008)
Au cours des dernières années, le nombre d'ingénieurs chimistes a augmenté légèrement. Étant donné que la morosité des industries de la fabrication de produits chimiques et de papier devrait être compensée par les effets positifs de la législation et des travaux de recherches et développement, on prévoit que le nombre d'ingénieurs chimistes devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les ingénieurs qui prendront leur retraite. En plus, de nombreux débouchés seront créés en raison des postes qui seront libérés par les ingénieurs chimistes qui accéderont à d'autres professions. Par exemple, la formation et l'expérience de ces ingénieurs leur permettent d'accéder à des postes de spécialistes des ventes techniques (voir 6221), surtout dans les industries chimiques et pharmaceutiques, et d'obtenir des promotions à des postes de supervision et de gestion. Avec la scolarité adéquate, ils peuvent également occuper des postes d'enseignants, tant au niveau collégial qu'universitaire (voir 4131 et 4121). Quelques débouchés s'ajouteront en raison de la création d'emplois.
Ces débouchés seront accessibles aux personnes qui satisfont aux exigences de l'Ordre des ingénieurs du Québec (voir la section Formation). Il peut s'agir de nouveaux diplômés universitaires ou d'immigrants. En 2006, environ 24 % des ingénieurs chimistes étaient en effet des immigrants, proportion deux fois plus élevée que pour l'ensemble des professions (12 %). Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, car l'Ordre des ingénieurs du Québec développe actuellement des outils pour permettre aux personnes qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger de déposer leur demande à l'Ordre avant d'arriver au pays et d'accélérer le traitement des demandes. Par contre, peu de débouchés seront pourvus par des ingénieurs chimistes en chômage, puisque le taux de chômage est relativement bas dans cette profession.
La vigueur de la demande d'ingénieurs chimistes se concrétise par un excellent taux de placement des diplômés en génie chimique, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. En plus, les emplois occupés par ces diplômés sont de grande qualité : en grande majorité permanents, à temps plein, reliés au domaine d'études et offrant des salaires plus élevés que pour la moyenne des bacheliers.
Selon les données du recensement, environ 49 % des ingénieurs chimistes travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, surtout dans les industries qui utilisent des procédés chimiques : fabrication de produits chimiques (18 %), de papier (7 %), de produits du pétrole et du charbon (6 %), première transformation des métaux (5 %), etc. Environ 30 % d'entre eux œuvraient dans les services professionnels, scientifiques et techniques, surtout dans les bureaux d'ingénieurs (16 %) et les services de recherche et de développement scientifiques (6 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans l'administration publique (5 %) et dans le commerce de gros (4 %).
Les ingénieurs chimistes travaillent principalement à la conception et à l'évaluation de procédés industriels, au contrôle de la qualité, à l'élaboration de règles de santé et de sécurité, et à la protection de l'environnement. En conséquence, l'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en premier lieu de la performance des industries dans lesquelles ils travaillent, surtout de celles de la fabrication de produits chimiques et de la fabrication du papier.
- Fabrication de produits chimiques
Cette industrie a connu un fort taux de croissance dans la deuxième moitié des années quatre-vingt-dix, tant sur le marché local que grâce à ses exportations. Cette croissance s'est manifestée aussi bien du côté de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments, qui représentait en 2007 près de 29 % de la production et 37 % des emplois, que du côté des autres secteurs de cette industrie (produits chimiques de base, résines et caoutchouc synthétique, fibres synthétiques, pesticides et engrais, peintures, produits de toilette, etc.).
Les investissements des entreprises ont atteint des sommets en 2001 et 2002. Ces investissements, tant en construction de nouveaux établissements qu'en machines et équipements ont permis d'importants gains de productivité, et ce, dans tous les secteurs de l'industrie. En conséquence, la valeur des livraisons et des exportations a continué à augmenter à un bon rythme depuis le tournant du siècle, mais l'emploi a connu une baisse importante (baisse de près de 20 %). À partir de 2003, la hausse du dollar canadien et la concurrence internationale ont rendu les entreprises plus prudentes. La valeur des investissements a alors chuté, surtout du côté de la construction de nouveaux établissements (baisse de plus de 85 % entre 2001 et 2007 !).
Les perspectives ne semblent guère meilleures pour les prochaines années. Tout d'abord, la forte baisse des investissements en construction de nouveaux établissements ne laisse présager aucune croissance de la production. Ensuite, la hausse des prix du pétrole, à la base d'un nombre important de produits chimiques, pourrait ralentir la demande de ces produits. Finalement, le secteur de la fabrication de produits pharmaceutiques, un des moteurs principaux de la croissance de cette industrie dans les années quatre-vingt-dix, a connu récemment des fermetures et des mises à pied qui semblent montrer que la période de croissance est maintenant derrière nous. On s'attend en conséquence à ce que le nombre d'emplois dans l'industrie de la fabrication de produits chimiques diminue de façon notable au cours des prochaines années.
- Fabrication du papier
L'industrie de la fabrication du papier a perdu beaucoup de terrain au cours des dernières années, tant face à la concurrence internationale qu'en raison de la baisse de demande de papier, surtout de papier journal, aux États-Unis. Étant donné que rien ne laisse entrevoir une reprise de la demande de papier et que la concurrence internationale, dont celle des producteurs brésiliens qui produisent des pâtes de papier de grande qualité à partir de l'eucalyptus, qui pousse beaucoup plus vite que les arbres que l'industrie québécoise utilise, devrait gagner encore en importance, on s'attend à ce que l'emploi dans cette industrie continue à diminuer au cours des prochaines années.
- Autres facteurs
Face à la sensibilisation croissante des citoyens aux questions environnementales, les gouvernements sont portés à encadrer les activités qui peuvent avoir des conséquences environnementales par une législation plus contraignante. L'adoption de tels lois, normes et règlements génère une augmentation significative du volume de travail confié aux ingénieurs chimistes, par exemple pour concevoir, mettre au point et superviser des procédés de production moins polluants. De même, les travaux de recherches et développement de nouveaux produits peuvent fournir du travail aux ingénieurs chimistes pour concevoir, évaluer et surveiller les usines et les procédés de fabrication de ces nouveaux produits.
Étant donné que la morosité des industries de la fabrication de produits chimiques et de papier devrait être compensée par les effets positifs de la législation et des travaux de recherches et développement, on prévoit que le nombre d'ingénieurs chimistes devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 23 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en forte hausse depuis 1991 (10 %). Cette proportion devrait continuer à augmenter fortement au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent depuis quelques années de 40 % à 50 % des nouveaux diplômés en génie chimique. Environ 72 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). On y trouvait en 2006 à peu près la même proportion de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (10 % par rapport à 11 %).
Pour accéder à cette profession, il faut avoir l'esprit scientifique et méthodique. Les candidats doivent posséder des aptitudes pour l'analyse, la synthèse et la résolution de problèmes. Ils doivent également avoir de la facilité à travailler en équipe et à communiquer de façon orale et écrite. L'autonomie, la capacité d'innovation et la polyvalence sont parmi les qualités les plus importantes dans cette profession. Des connaissances et de la facilité en informatique ainsi que le bilinguisme sont souvent essentiels. Des aptitudes en gestion représentent un atout important.
Pour accéder à cette profession il faut habituellement être titulaire d'un diplôme universitaire en génie chimique. La maîtrise et parfois même le doctorat représentent des atouts dans certaines spécialités et pour accéder à des promotions à des postes de gestion.
Pour exercer cette profession et porter le titre d'ingénieur, il faut être membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec. Pour ce, les candidats à cette profession doivent :
- être titulaires d'un baccalauréat reconnu par l'Ordre ou réussir les examens déterminés par l'Ordre;
- travailler l'équivalent de 36 mois à titre d'ingénieur «junior», dont au moins 12 mois au Canada;
- réussir un examen professionnel; et
- avoir une connaissance appropriée de la langue française.
L'Ordre reconnaît l'équivalence des diplômes obtenus dans des établissements étrangers qui ont conclu une entente de reconnaissance réciproque avec Ingénieurs Canada. Les diplômés des établissements non reconnus doivent se recycler ou réussir les examens déterminés par l'Ordre.
La formation continue est essentielle pour ces ingénieurs.
Ordre des ingénieurs du Québec
http://www.oiq.qc.ca/
Ingénieurs Canada
http://www.ingenieurscanada.ca/
Société canadienne du génie chimique
http://www.chemeng.ca/
Étant donné que la morosité des industries de la fabrication de produits chimiques et de papier devrait être compensée par les effets positifs de la législation et des travaux de recherches et développement, on prévoit que le nombre d'ingénieurs chimistes devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Le taux de placement des diplômés en génie chimique est excellent. En plus, les emplois occupés par ces finissants sont habituellement de grande qualité : en grande majorité à temps plein, reliés au domaine d'études et offrant des salaires élevés.
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2134 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2005- 2007 | 1 300 | 3 778 150 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2007 | 20 | 145 150 |
| Taux de croissance annuel de 2008 à 2012 | 0,4 % | 1,1 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2008 à 2012 | 5 | 41 550 |
| Érosion annuelle de 2008 à 2012 | 45 | 108 800 |
| Besoins annuels totaux de 2008 à 2012 | 50 | 150 350 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2134 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 76,6 % | 52,7 % |
| Femmes | 23,4 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2134 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 1,1 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 68,8 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 27,9 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 2,2 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2134 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 95,2 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 4,8 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2134 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 72,3 % | 53,2 % |
| Moyen | 72 700 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 3,8 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 24,2 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 72,0 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2134 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins dun DES | 0,7 % | 14,1 % |
| Diplôme détudes secondaires (DES) | 1,1 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 10,6 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 87,5 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2134 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,7 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 0,0 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 7,2 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 2,9 % | 5,4 % |
| Estrie | 2,5 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 1,4 % | 2,9 % |
| Montérégie | 21,7 % | 18,7 % |
| Montréal | 35,4 % | 24,1 % |
| Laval | 6,1 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 6,1 % | 5,8 % |
| Laurentides | 5,8 % | 7,0 % |
| Outaouais | 1,8 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,4 % | 1,8 % |
| Mauricie | 4,0 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 2,2 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,7 % | 1,7 % |
| 2134 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 10,4 % | 11,2 % |
| 2134 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 24,2 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | (%) | (%) |
|---|---|---|
| Fabrication | 48,9 | |
| - fabrication de produits chimiques | 17,9 | |
| - fabrication du papier | 6,6 | |
| - fabrication de produits du pétrole et du charbon | 5,8 | |
| - première transformation de métaux | 5,5 | |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 30,3 | |
| - architecture, génie et services connexes | 16,4 | |
| - services de recherche et de développement scientifiques | 6,2 | |
| Administration publique | 5,5 | |
| Commerce de gros | 4,0 |