Ingénieurs électriciens et électroniciens
2133 - Ingénieurs électriciens et électroniciens/ingénieures électriciennes et électroniciennes
Textes de la profession
Nature du travail
Les ingénieurs électriciens et électroniciens conçoivent, planifient, étudient, évaluent et mettent à l'essai de l'équipement et des systèmes électriques et électroniques.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Ingénieur concepteur d'éclairage routier;
ingénieur concepteur en électricité;
ingénieur électricien;
ingénieur électronicien;
ingénieur de réseaux électriques;
ingénieur de systèmes de commande;
ingénieur de systèmes de télévision;
ingénieur d'essais en électronique;
ingénieur en avionique;
ingénieur en contrôle de procédés électriques;
ingénieur en instrumentation et en contrôle;
ingénieur en planification de la distribution électrique;
ingénieur en planification de systèmes électriques.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : septembre 2010)
Mis à part certaines variations annuelles, le nombre d'ingénieurs électriciens et électroniciens a augmenté de façon notable au cours des dernières années. Cette augmentation résulte en bonne partie du développement technologique dans les produits informatiques et électroniques. Compte tenu de la croissance prévue de la demande de produits informatiques et électroniques, leur nombre devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Précisions sur la nature des tâches
La distinction entre les tâches des ingénieurs en électronique et celles des ingénieurs informaticiens et des ingénieurs et concepteurs en logiciel est parfois assez mince. De façon générale, les ingénieurs en électronique sont responsables du matériel («hardware»), les ingénieurs informaticiens des réseaux informatiques d'information et de communication, et les ingénieurs et concepteurs en logiciel des logiciels («software»). Cette distinction serait claire, mais il est fréquent que des ingénieurs effectuent plusieurs de ces fonctions quand ce n'est pas leur totalité. En plus, les ingénieurs en électronique sont aussi responsables du développement des logiciels intégrés au matériel : appareils ménagers, machines industrielles, avions, automobiles, etc. On appelle ces logiciels des «logiciels embarqués» («embeded»).
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par les ingénieurs qui prendront leur retraite ou qui obtiendront des promotions dans des postes de gestion, en passant parfois par des postes liés aux conseils techniques, à la vente et au marketing (voir par exemple : 6221 spécialistes des ventes techniques, vente en gros).
Le taux de roulement est assez élevé, mais il s'agit essentiellement d'un roulement à l'intérieur de la profession d'ingénieur. Ce roulement provient de promotions à des postes qui offrent de meilleures conditions salariales à l'intérieur d'une entreprise (d'ingénieur «junior» à «senior» avec des responsabilités accrues, par exemple), du maraudage d'autres entreprises ou du glissement graduel des tâches de certains ingénieurs en électronique vers celles des ingénieurs informaticiens et des ingénieurs et concepteurs en logiciel (voir 2147 et 2173).
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles aux diplômés universitaires et aux immigrants qui satisfont aux exigences de l'Ordre des ingénieurs (voir la section «Formation»). L'importance de l'immigration dans le bassin de main-d'œuvre de cette profession se reflète de façon éloquente dans les données du recensement. En effet, plus du quart (25 %) des postes étaient occupés par des immigrants en 2006, proportion beaucoup plus élevée que dans l'ensemble des professions (12 %). Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, car l'Ordre des ingénieurs du Québec développe actuellement des outils pour permettre aux personnes qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger de déposer leur demande à l'Ordre avant d'arriver au pays et d'accélérer le traitement des demandes. En plus, l'Ordre a signé en octobre 2008 avec les organismes similaires français une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui permettra aux ingénieurs de France et du Québec d'exercer leur profession dans les deux pays.
La demande dans cette profession étant relativement sensible à la conjoncture économique, le nombre de chômeurs disponibles pour pourvoir des emplois dans cette profession et concurrencer les diplômés universitaires peut varier considérablement d'une année à l'autre. De très faible à la fin des années 1990, le taux de chômage a grimpé en flèche en 2001 à la suite de l'éclatement de la bulle technologique (voir plus loin les Tendances). Il s'est résorbé par la suite avant de repartir en hausse au début de 2009 en raison de la dernière récession.
La situation sur le marché du travail des diplômés en génie électrique, électronique et des communications a aussi évolué en fonction de la demande dans cette profession et à l'inverse du taux de chômage. Elle fut donc mauvaise en 2003 et bonne de 2005 à 2009, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.
Cette situation devrait demeurer bonne au cours des prochaines années en raison de la hausse de la demande, mais aussi de la baisse du nombre de diplômés. En effet, le nombre total d'étudiants dans les quatre années nécessaires à l'obtention de ce baccalauréat a diminué de 20 % entre 2003 et 2007, laissant présager une diminution du nombre de diplômés au cours des prochaines années.
Industries
Selon les données du recensement, environ 30 % de ces ingénieurs travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, principalement dans la fabrication de produits informatiques et électroniques (13 %). On en retrouvait également en nombre significatif chez Hydro-Québec (20 %), dans des bureaux d'ingénieurs (17 %), dans les télécommunications (7 %) et dans les services de recherche et de développement scientifiques (6 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de la demande de machines et équipements contenant des composants électriques et surtout électroniques, et des tendances qui influencent l'industrie de la fabrication de produits informatiques et électroniques.
- Fabrication de produits informatiques et électroniques
Même si seulement 13 % de ces ingénieurs travaillaient dans l'industrie de la fabrication de produits informatiques et électroniques en 2006, l'évolution de cette industrie a fortement influencé l'emploi dans cette profession. La santé de cette industrie varie en fonction de la demande de ces produits et de l'efficacité de l'industrie locale à satisfaire à cette demande.
Après avoir connu une croissance débridée dans les années 1990, cette industrie s'est effondrée à partir de 2001. La valeur des livraisons et des exportations de produits informatiques et électroniques a chuté de façon spectaculaire jusqu'en 2003 et a continué à diminuer légèrement par la suite. Leur valeur réelle (après inflation) ne représentait plus en 2010 qu'un peu plus de 15 % de celle de leur sommet de 2000. Lasses de voir les profits promis par les solutions électroniques et les sites Internet commerciaux tarder à se concrétiser, et ce, à la veille d'un important ralentissement économique, les entreprises ont procédé à des baisses importantes de leurs investissements dans les produits informatiques et électroniques. Ainsi, la valeur des immobilisations dans cette industrie a diminué de plus de 85 % entre le sommet atteint en 2000 et 2011 !
Comme bien d'autres industries du secteur manufacturier, celle de la fabrication de produits informatiques et électroniques subit la concurrence des pays à bas salaires. Ainsi, la valeur réelle (après inflation) des importations québécoises en produits électroniques et informatiques en provenance de la Chine a été multipliée par 6 entre 1997 et 2010. Malgré cette hausse phénoménale, la valeur de ces importations ne représentait toujours en 2010 qu'environ 11 % de la valeur totale des importations québécoises de ces produits, les États-Unis s'accaparant de la part du lion (45 %). Cette concurrence se manifeste aussi sur le principal marché d'exportation des entreprises québécoises de produits électroniques et informatiques, soit les États-Unis. Comme cette concurrence se concrétise davantage dans les activités de production que de conception, elle désavantage surtout l'emploi chez les assembleurs, monteurs, contrôleurs et vérificateurs (voir 9483), et moins chez les ingénieurs (la présente profession) et les technologues (voir 2241).
L'évolution de l'emploi réagissant généralement avec un certain délai sur les variations de la valeur des livraisons, le nombre d'emplois dans cette industrie a diminué moins rapidement que les livraisons, affichant tout de même une baisse d'environ 50 % entre 2000 et 2010.
L'emploi et la valeur des livraisons et des exportations devraient augmenter légèrement au cours des prochaines années. En effet, on estime que les facteurs qui ont causé leur baisse spectaculaire depuis 2000 ont déjà fait sentir la plus grande partie de leurs effets.
Compte tenu de ces facteurs, l'emploi dans la fabrication de produits informatiques et électroniques devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
- Autres tendances
L'emploi des ingénieurs électriciens et électroniciens est bien sûr influencé par les tendances qui touchent l'industrie de la fabrication de produits informatiques et électroniques, mais moins que d'autres professions. Premièrement, la grande majorité de ces ingénieurs travaillent dans d'autres industries pour veiller aux protocoles d'installation, de mise au point, d'entretien et de réparation du matériel et des systèmes informatiques et électroniques. La demande est toujours élevée à cet égard et continuera à progresser. Deuxièmement, leurs interventions dans l'industrie de la fabrication de produits informatiques et électroniques se font principalement dans les étapes de la conception et la mise à l'essai de ces machines et systèmes. Leur expérience et leurs compétences sont fort précieuses pour leurs employeurs. Ils ne sont donc remerciés qu'en dernier recours. S'ils bénéficient fortement des périodes de croissance de cette industrie, ils en subissent moins les périodes de décroissance.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que leur nombre augmentera de façon notable au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 11 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (8 %). Cette proportion ne devrait pas augmenter beaucoup au cours des prochaines années, puisqu'elles ne représentent en moyenne de 10 % à 15 % des nouveaux diplômés en génie électrique, électronique et des communications. Environ 73 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). Malgré la bonne croissance du nombre d'emplois dans les bureaux d'ingénieurs, il y avait en 2006 peu de travailleurs autonomes dans cette profession (6 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions). Quelques ingénieurs expérimentés s'établissent toutefois à leur compte, surtout lorsqu'ils œuvrent dans une spécialité en demande. Un bon nombre d'entreprises offrent des avantages pour conserver leurs employés : rémunération accrue, primes, stages de perfectionnement, parfois à l'étranger, prise de participation aux profits, etc.
Exigences
Les employeurs recherchent des candidats qui maîtrisent les aspects techniques, les langages informatiques, les logiciels spécifiques et les connaissances fondamentales de la profession et de ses spécialités. Les candidats doivent être à l'affût des innovations technologiques, démontrer des aptitudes à la synthèse, à l'analyse et à la résolution de problèmes et savoir utiliser leurs connaissances concrètement dans l'exercice de leur travail. Ils doivent savoir planifier, organiser, superviser et évaluer le travail. La capacité de travailler en équipe et de communiquer, l'autonomie, la curiosité et l'efficacité sont des qualités recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé. Certains employeurs recherchent des candidats qui connaissent une troisième langue, dont l'espagnol, le chinois et le portugais. Les connaissances et aptitudes en gestion constituent des atouts pour obtenir des promotions à des postes de direction.
Études et formation
Un diplôme universitaire en génie électrique, électronique et des communications est habituellement exigé. Le diplôme de deuxième cycle représente un atout dans certaines spécialités et pour des postes de gestion. La participation à des stages dans le cadre d'un programme d'enseignement coopératif représente un atout.
Pour exercer cette profession et porter le titre d'ingénieur, il faut être membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec. Pour ce, les candidats à cette profession doivent :
- être titulaires d'un baccalauréat reconnu par l'Ordre ou réussir les examens déterminés par l'Ordre;
- travailler l'équivalent de 36 mois à titre d'ingénieur «junior», dont au moins 12 mois au Canada;
- réussir un examen professionnel; et
- avoir une connaissance appropriée de la langue française.
L'Ordre reconnaît l'équivalence des diplômes obtenus dans des établissements étrangers qui ont conclu une entente de reconnaissance réciproque avec Ingénieurs Canada. Les diplômés des établissements non reconnus doivent se recycler ou réussir les examens déterminés par l'Ordre.
La formation continue est essentielle pour ces ingénieurs.
La formation en génie électrique comporte plus de mathématiques et de physique que les autres disciplines du génie.
Références utiles
Ordre des ingénieurs du Québec
Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens
- section de Québec
- section de Montréal
Centre d'optique, photonique et laser (COPL)
Faculté des sciences et de génie
Université Laval
Considérations importantes
Compte tenu de la croissance prévue de la demande de produits informatiques et électroniques, leur nombre devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
De 2005 à 2009, la situation sur le marché du travail des diplômés en génie électrique, électronique et des communications s'est comparée tout à fait à celle des autres diplômés universitaires du secteur des sciences appliquées. Elle devrait être très bonne au cours des prochaines années.
2133 - Ingénieurs électriciens et électroniciens/ingénieures électriciennes et électroniciennes
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2133 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 9 750 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 150 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,6 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 150 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 250 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 400 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2133 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 89,2 % | 52,7 % |
| Femmes | 10,8 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2133 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 2,7 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 63,3 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 32,8 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 1,1 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2133 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 96,4 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 3,6 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2133 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 73,2 % | 53,2 % |
| Moyen | 79 906 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 2,0 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 13,6 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 84,4 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2133 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,2 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 1,4 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 10,5 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 87,8 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2133 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,1 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 1,2 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 6,7 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 1,6 % | 5,4 % |
| Estrie | 1,4 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 1,2 % | 2,9 % |
| Montérégie | 23,1 % | 18,7 % |
| Montréal | 39,0 % | 24,1 % |
| Laval | 6,7 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 2,0 % | 5,8 % |
| Laurentides | 5,8 % | 7,0 % |
| Outaouais | 4,1 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,1 % | 1,8 % |
| Mauricie | 2,8 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 2,4 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,8 % | 1,7 % |
| 2133 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 6,1 % | 11,2 % |
| 2133 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 24,6 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Fabrication | 30,0 % |
| - fabrication de produits informatiques et électroniques | 13,4 % |
| - fabrication de matériel de transport | 4,7 % |
| - fabrication de machines | 4,1 % |
| - fabrication de matériel, d'appareils et de composants électriques | 4,1 % |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 29,0 % |
| - architecture, génie et services connexes | 16,5 % |
| Production, transport et distribution d'électricité | 20,4 % |
| Télécommunications | 7,0 % |