Ingénieurs mécaniciens
2132 - Ingénieurs mécaniciens/ingénieures mécaniciennes
Textes de la profession
Nature du travail
Les ingénieurs mécaniciens étudient, conçoivent et élaborent des appareils et des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation, de production d'énergie, de transport, de traitement et de fabrication. Ils exécutent également des tâches liées à l'évaluation, à la mise en place, à l'exploitation et à l'entretien d'installations mécaniques.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Ingénieur acousticien;
ingénieur concepteur en génie thermique;
ingénieur mécanicien;
ingénieur mécanicien d'entretien;
ingénieur de l'automobile;
ingénieur en chauffage, ventilation et climatisation (CVC);
ingénieur en conception mécanique;
ingénieur en économie d'énergie;
ingénieur en fabrication d'outils;
ingénieur en génie nucléaire;
ingénieur en mécanique des fluides;
ingénieur en production d'électricité;
ingénieur en réfrigération;
ingénieur en robotique;
ingénieur en tuyauterie.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : septembre 2010)
Après avoir diminué au cours de la récession du début des années 1990, le nombre d'ingénieurs mécaniciens a augmenté de façon notable par la suite. Ces mouvements correspondent assez bien à l'évolution de l'emploi des industries dans lesquelles ils travaillent. Compte tenu de la croissance prévue dans ces industries, le nombre d'ingénieurs mécaniciens devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les ingénieurs mécaniciens qui prendront leur retraite et par ceux qui obtiendront des promotions dans des postes de gestion (surtout de directeur de la production, voir 0911), en passant parfois par des postes liés aux conseils techniques, à la vente et au marketing (voir par exemple : 6221 spécialistes des ventes techniques, vente en gros). Reflet de ce cheminement, la proportion d'ingénieurs mécaniciens âgés de 45 ans et plus était en 2006 beaucoup plus faible que dans l'ensemble des professions (29 % par rapport à 41 %), selon les données du recensement. D'autres débouchés proviendront de l'augmentation de l'emploi.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés universitaires et aux immigrants qui satisfont aux exigences de l'Ordre des ingénieurs (voir la section Formation). En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession en 2006 était nettement supérieure à la moyenne (22 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement), ce qui montre qu'elle est accessible à de nouveaux arrivants. Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, car l'Ordre des ingénieurs du Québec développe actuellement des outils pour permettre aux personnes qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger de déposer leur demande à l'Ordre avant d'arriver au pays et d'accélérer le traitement des demandes. En plus, l'Ordre a signé en octobre 2008 avec les organismes similaires français une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui permettra aux ingénieurs de France et du Québec d'exercer leur profession dans les deux pays. Par contre, peu de postes seront pourvus par des ingénieurs mécaniciens en chômage, puisque le taux de chômage est relativement faible dans cette profession, même si le nombre de bénéficiaires de l'assurance-emploi a augmenté fortement depuis le début de la récession de 2009.
Puisque les diplômés de la formation en génie mécanique peuvent occuper des postes d'ingénieurs mécaniciens et d'ingénieurs en aérospatiale (voir 2146), leur situation sur le marché du travail ne dépend pas uniquement de la demande en génie mécanique. Mentionnons tout de même que leur taux de placement est habituellement excellent et leur taux de chômage très faible, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. En plus, la grande majorité de ces finissants travaillent dans des postes permanents, à temps plein et liés à leur domaine d'études.
Cette situation s'est très légèrement détériorée en 2003 et en 2005, avant de se redresser en 2007 et en 2009. Elle se comparait tout de même avantageusement à celle des autres diplômés universitaires du secteur des sciences appliquées. Cette légère détérioration coïncidait avec le ralentissement de l'activité dans les industries dans lesquelles ils travaillent (voir plus loin les Tendances). Elle correspondait aussi à une hausse importante du nombre de diplômés du baccalauréat en génie mécanique (augmentation de 60 % entre 2000 et 2006).
Le nombre de diplômés ne devrait plus augmenter beaucoup au cours des prochaines années, car le nombre total d'étudiants dans les quatre années nécessaires à l'obtention du baccalauréat en génie mécanique est demeuré assez stable depuis 2002. Il a d'ailleurs diminué légèrement en 2007.
Comme on prévoit un bon taux de croissance au cours des prochaines années dans les industries dans lesquelles ils travaillent, la situation sur le marché du travail des diplômés en génie mécanique devrait être très bonne.
Industries
Selon les données du recensement, environ 44 % des ingénieurs mécaniciens travaillaient en 2006 dans le secteur manufacturier, notamment dans la fabrication de machines (13 %) et de matériel de transport (12 %), et 32 % dans des bureaux d'ingénieurs. On en retrouvait également en nombre significatif dans l'administration publique (5 %) et chez Hydro-Québec (5 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession repose principalement sur les tendances qui influencent le secteur manufacturier. En effet, lorsque l'on considère que la grande majorité des contrats en génie mécanique des bureaux d'ingénieurs et des entrepreneurs en construction proviennent du secteur manufacturier, on constate qu'environ les trois quarts des emplois dans cette profession sont liés à ce secteur.
- Secteur manufacturier
Après avoir encaissé de lourdes pertes d'emplois au début des années 1990, le secteur manufacturier a connu une croissance remarquable de 1994 à 2000. Cette croissance s'explique en grande partie par la hausse spectaculaire de la valeur des exportations, surtout vers les États-Unis. La récession aux États-Unis au début des années 2000, la hausse importante de la valeur du dollar canadien en 2003 et l'accentuation de la concurrence des pays à faibles salaires, telle la Chine, ont entraîné un revirement complet de la tendance de la deuxième moitié des années 1990. Entre 2001 et 2008, la valeur réelle (en tenant compte de l'inflation) des livraisons est demeurée stable, pendant que, conséquence des gains en productivité, l'emploi reculait d'environ 15 %. Notons que le maintien de la valeur des livraisons fut le résultat de l'augmentation de la demande intérieure, puisque la valeur des exportations a diminué de 15 % au cours de cette période, tandis que la valeur des livraisons domestiques augmentaient de 12 %. Ainsi, la proportion des exportations sur les livraisons est passée de 48 % en 2001 à 40 % en 2008.
On aurait pu penser que le pire était derrière nous. Toutefois, la récession commencée en décembre 2007 aux États-Unis s'est étendue au Canada au dernier trimestre de 2008 et n'a pris fin qu'au troisième trimestre de 2009. Comme c'est presque toujours le cas, le manufacturier fut un des secteurs industriels les plus touchés par cette récession. Ainsi, la valeur réelle des livraisons et des exportations internationales a diminué de près de 15 % en 2009. Réagissant souvent avec un certain délai, l'emploi a toutefois beaucoup moins reculé. Les nombreux contrats de travail partagés ont sûrement atténué l'impact de la baisse de la valeur réelle des livraisons.
Les effets de la récession devraient perdre beaucoup d'ampleur en 2010 et laisser place à une légère croissance de l'emploi par la suite. Celle-ci demeurera modeste, compte tenu de la vigueur incertaine de la reprise aux États-Unis, de la valeur toujours élevée du dollar canadien et de la concurrence toujours vive des pays à faibles salaires.
La situation sera toutefois bien différente d'une industrie à l'autre. Les industries manufacturières de biens de consommation, comme le vêtement, les textiles, le meuble et les plastiques seront les plus désavantagées. De même, les industries de l'impression et du papier continueront à subir les effets de la faiblesse de la demande de leurs produits. Par contre, les perspectives seront meilleures dans les industries qui reposent sur la demande intérieure, comme celles de la fabrication d'aliments et de la fabrication de produits métalliques, et sur la haute technologie, telles celles de la fabrication de matériel de transport et de matériel, de la fabrication d'appareils et de composants électriques.
Comme une forte proportion de ces ingénieurs travaillent justement dans les industries manufacturières qui présentent des perspectives positives, soit celles de la fabrication de machines, de matériel de transport et de produits métalliques, ces tendances avantageront nettement l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.
- Autres facteurs
Du côté des ingénieurs spécialisés en chauffage, en ventilation et en climatisation, l'évolution de l'emploi est directement liée à la vigueur de l'industrie de la construction, surtout dans les secteurs industriel, institutionnel et commercial.
Si les perspectives dans le secteur industriel de la construction sont assez mitigées, elles sont nettement meilleures dans le secteur institutionnel et commercial. Comme ce secteur embauche plus d'ingénieurs spécialisés en chauffage, en ventilation et en climatisation que le secteur industriel, ces perspectives avantageront légèrement l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.
Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, le nombre d'ingénieurs mécaniciens devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Les nouvelles technologies influent sur les tâches de l'ingénieur mécanicien. Les entreprises ont besoin de professionnels qui connaissent bien la robotique et l'automatisation des procédés, afin d'optimiser le fonctionnement des systèmes au niveau des coûts, de la facilité d'entretien et des besoins en main-d'œuvre. Les défis de l'ingénieur mécanicien sont variés : choisir le meilleur outillage, automatiser des chaînes de montage, rehausser l'efficacité des méthodes de production, etc. Dans ce contexte, la connaissance des normes ISO et Qualimètre est souvent essentielle.
Caractéristiques des emplois
Malgré une croissance notable, les femmes n'occupaient en 2006 à peine que 10 % des postes d'ingénieurs mécaniciens, selon les données des recensements (5 % en 1991). Cette proportion devrait augmenter quelque peu au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent depuis quelques années environ 15 % des nouveaux diplômés en génie mécanique. Environ 72 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). Malgré la présence significative de travailleurs autonomes (8 % des emplois par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions), la très grande majorité de ces ingénieurs étaient salariés en 2006.
Exigences
En plus des connaissances techniques, les candidats à cette profession doivent avoir un esprit inventif et un bon jugement critique. La polyvalence, l'autonomie, les aptitudes à communiquer, à travailler en équipe et à résoudre les problèmes et la facilité d'apprentissage en informatique sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé. La connaissance d'une troisième langue, la disponibilité à voyager et les aptitudes en gestion représentent des atouts.
L'évolution constante des technologies, des matériaux et des méthodes de travail rend essentielle la mise à jour des connaissances.
Études et formation
Pour permettre l'accès à cette profession, les employeurs exigent un diplôme universitaire en génie mécanique.
Pour exercer cette profession et porter le titre d'ingénieur, il faut être membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec. Pour ce, les candidats à cette profession doivent :
- être titulaires d'un baccalauréat reconnu par l'Ordre ou réussir les examens déterminés par l'Ordre;
- travailler l'équivalent de 36 mois à titre d'ingénieur «junior», dont au moins 12 mois au Canada;
- réussir un examen professionnel; et
- avoir une connaissance appropriée de la langue française.
L'Ordre reconnaît l'équivalence des diplômes obtenus dans des établissements étrangers qui ont conclu une entente de reconnaissance réciproque avec Ingénieurs Canada. Les diplômés des établissements non reconnus doivent se recycler ou réussir les examens déterminés par l'Ordre.
La formation continue est essentielle pour ces ingénieurs.
Références utiles
Ordre des ingénieurs du Québec
Société canadienne de génie mécanique
Considérations importantes
Compte tenu de la croissance prévue dans les industries dans lesquelles ils travaillent, le nombre d'ingénieurs mécaniciens devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
De même, la situation sur le marché du travail des diplômés en génie mécanique devrait être très bonne au cours des prochaines années.
2132 - Ingénieurs mécaniciens/ingénieures mécaniciennes
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 7 050 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 250 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,3 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 90 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 200 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 290 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 90,4 % | 52,7 % |
| Femmes | 9,6 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 3,3 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 67,9 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 26,0 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 2,9 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 94,3 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 5,7 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 71,0 % | 53,2 % |
| Moyen | 71 122 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 2,0 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 22,0 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 76,1 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,3 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 1,7 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 11,9 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 86,1 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2132 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,7 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 1,6 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 6,8 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 5,2 % | 5,4 % |
| Estrie | 4,2 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 1,8 % | 2,9 % |
| Montérégie | 19,3 % | 18,7 % |
| Montréal | 34,8 % | 24,1 % |
| Laval | 6,0 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 2,8 % | 5,8 % |
| Laurentides | 6,9 % | 7,0 % |
| Outaouais | 3,4 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,8 % | 1,8 % |
| Mauricie | 2,5 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 2,1 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 1,2 % | 1,7 % |
| 2132 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 8,0 % | 11,2 % |
| 2132 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 22,0 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Fabrication | 43,6 % |
| - fabrication de machines | 12,7 % |
| - fabrication de matériel de transport | 11,8 % |
| - fabrication de produits métalliques | 4,9 % |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 31,5 % |
| - architecture, génie et services connexes | 22,9 % |
| Administrations publiques | 5,0 % |
| Production, transport et distribution d'électricité | 4,7 % |