Ingénieurs civils
2131 - Ingénieurs civils/ingénieures civiles
Textes de la profession
Nature du travail
Les ingénieurs civils planifient, conçoivent, élaborent et dirigent des projets de construction ou de réparation de bâtiments, de structures terrestres, de centrales électriques, de routes, d'aéroports, de chemins de fer, de réseaux de transport rapide, de ponts, de tunnels, de canaux, de barrages, d'installations portuaires et côtières ainsi que de systèmes liés aux services routiers et de transport, aux services de distribution d'eau et aux services sanitaires. Les ingénieurs civils peuvent également se spécialiser dans l'analyse des fondations, dans l'inspection des bâtiments et des charpentes, dans l'arpentage, dans la géomatique et dans la planification municipale.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Ingénieur arpenteur;
ingénieur civil;
ingénieur municipal;
ingénieur sanitaire;
ingénieur de la circulation;
ingénieur de ponts;
ingénieur de projet de construction;
ingénieur de structures;
ingénieur des routes;
ingénieur des transports;
ingénieur des travaux publics;
ingénieur en construction;
ingénieur en environnement;
ingénieur en géomatique;
ingénieur en gestion des eaux;
ingénieur en hydraulique;
ingénieur en levés géodésiques.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.
(Mise à jour : septembre 2010)
En raison de l'absence de croissance dans le secteur du génie civil et de la voirie entre 1996 et 2001, le nombre d'ingénieurs civils est demeuré assez stable au cours de ces années. La forte hausse du niveau d'activité dans ce secteur entre 2001 et 2009 s'est traduite par une augmentation importante de l'emploi dans cette profession. Étant donné qu'on prévoit un bon taux de croissance dans le secteur du génie civil et de la voirie, et dans les autres secteurs où ils sont présents, le nombre d'ingénieurs civils devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les ingénieurs civils qui prendront leur retraite ou qui changeront de profession et, dans une moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi. En effet, l'expérience et la formation dans ce domaine permettent d'occuper des postes de représentant des ventes (voir 6221 et 6411) et de rédacteur technique (voir 5121), et d'obtenir des promotions à des postes de gestion.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés de la formation universitaire et, dans une moindre mesure, à des immigrants qui satisfont aux exigences de l'Ordre des ingénieurs du Québec. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession en 2006 était nettement supérieure à la moyenne (18 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement), ce qui montre qu'elle est accessible à de nouveaux arrivants. Cette proportion pourrait augmenter à l'avenir, car l'Ordre des ingénieurs du Québec développe actuellement des outils pour permettre aux personnes qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger de déposer leur demande à l'Ordre avant d'arriver au pays et d'accélérer le traitement des demandes. En plus, l'Ordre a signé en octobre 2008 avec les organismes similaires français une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles qui permettra aux ingénieurs de France et du Québec d'exercer leur profession dans les deux pays. Par contre, peu de postes seront pourvus par des ingénieurs civils expérimentés en chômage, puisque le taux de chômage est relativement faible dans cette profession, même s'il a augmenté quelque peu depuis le début de la dernière récession.
Selon l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, la situation sur le marché du travail des diplômés en génie civil, de la construction et du transport a fortement évolué au cours des dernières années. En effet, de peu reluisante vers la fin des années quatre-vingt-dix, la situation de ces diplômés de 2001 à 2009 se comparait avantageusement à celle des autres diplômés universitaires du secteur des sciences appliquées, que ce soit du côté du taux de placement en emploi en rapport avec la formation ou du taux de chômage. En plus, ce taux de chômage est sûrement surévalué, puisque ces enquêtes se tiennent en janvier, période où le taux de chômage saisonnier est à son maximum dans la construction et dans cette profession. Cette amélioration considérable s'explique en premier lieu par croissance dans le secteur du génie civil et de la voirie depuis 2001.
Le nombre de diplômés devrait augmenter fortement au cours des prochaines années. En effet, le nombre total d'étudiants dans les quatre années nécessaires à l'obtention du baccalauréat en génie civil, de la construction et du transport a presque triplé entre son minimum de 2000 (un peu plus de 1 100) et 2007 (plus de 3000). Cette hausse du nombre d'étudiants se fait sentir sur le nombre de diplômés, leur nombre ayant augmenté de 125 % entre 2003 et 2007 (de 200 à près de 450).
Compte tenu de nos prévisions de croissance et des difficultés de recrutement fréquemment éprouvées par les employeurs, le marché du travail semble en mesure d'accueillir ces diplômés plus nombreux. En conséquence, la situation sur le marché du travail de ces diplômés devrait continuer à être très bonne au cours des prochaines années.
Industries
Selon les données du recensement, les ingénieurs civils travaillaient en 2006 dans de nombreuses industries, mais leurs tâches étaient directement reliées aux activités de la construction. On en retrouvait en premier lieu dans les bureaux d'ingénieurs (50 %), mais aussi en nombre significatif dans l'administration publique (16 %), dans l'industrie de la construction (12 %), dans le secteur manufacturier (6 %) et dans l'industrie du transport (4 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement des tendances dans l'industrie de la construction, tout particulièrement dans le secteur du génie civil et de la voirie.
- Industrie de la construction
Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2008 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :
- des taux d'intérêt peu élevés;
- une croissance importante des investissements privés et publics;
- une création d'emplois soutenue;
- quelques baisses de taxes et d'impôts;
- l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;
- le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).
Ces facteurs ont permis une augmentation de plus de 60 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2008. Si l'emploi s'est maintenu en 2009 malgré la récession, c'est en grande partie en raison de la forte augmentation des investissements publics et de la création de programmes d'incitation à la rénovation, deux mesures découlant des plans de relance gouvernementaux.
Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a augmenté de près de 90 % entre 1998 et 2008, avant de diminuer de 3 % en 2009, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).
Au cours des prochaines années, la reprise économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014), mais à un rythme moins rapide que lors des 10 années qui ont précédé la récession de 2009.
- Génie civil et voirie
Après une dizaine d'années de baisse, le nombre d'heures travaillées dans le secteur du génie civil et de la voirie a augmenté de plus de 120 % entre 2000 et 2009. La hausse importante de 2009 (14 %) dans une période de récession s'explique en premier lieu par la forte augmentation des investissements publics découlant des plans de relance gouvernementaux.
Malgré une forte augmentation des investissements dans les infrastructures gouvernementales (routes, égouts, aqueduc, etc.) depuis quelques années, les besoins sont toujours importants, que ce soit du côté du réseau routier ou de celui des infrastructures publiques (égouts, aqueduc, etc.). La construction d'éoliennes et les investissements en construction et en entretien d'Hydro-Québec stimuleront également le niveau d'activité et d'emploi dans ce secteur. On estime donc que l'emploi y augmentera fortement. Comme les ingénieurs civils sont très présents dans ce secteur, ils seront donc nettement avantagés par ces bonnes perspectives.
- Autres tendances
En outre, les ingénieurs civils bénéficieront, comme par les années passées, de l'importance croissante accordée aux activités de recherche, de planification et de contrôle des coûts, dans un contexte de forte concurrence. D'ailleurs, la demande d'ingénieurs n'a diminué que légèrement malgré la décroissance du secteur de la construction dans les années 1990. Leurs interventions touchent principalement la qualité, les essais et le recyclage des matériaux, l'utilisation de nouveaux matériaux et de techniques innovatrices de construction, la prévention des effets des catastrophes naturelles, les études d'impact, l'inspection, la surveillance des chantiers et le contrôle des travaux. Ces travaux prennent encore plus d'importance, compte tenu qu'ils doivent respecter des exigences plus sévères quant à la sécurité des ouvrages et à leurs impacts environnementaux.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre d'ingénieurs civils devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Malgré une croissance significative au cours des dernières années, les femmes n'occupaient en 2006 à peine que 14 % des postes d'ingénieurs civils, selon les données des recensements (8 % en 1991). Cette proportion devrait toutefois augmenter légèrement au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent depuis quelques années au moins 25 % des nouveaux diplômés en génie civil, de la construction et du transport. Environ 74 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). On observe un chômage saisonnier assez important. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est deux fois plus élevé de janvier à avril que de juin à novembre. On y trouvait en 2006 à peu près la même proportion de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (12 % par rapport à 11 %).
Exigences
Les employeurs recherchent des candidats qui maîtrisent les aspects techniques, les logiciels spécifiques et les connaissances fondamentales de la profession. Les candidats doivent être à l'affût des innovations, démontrer des aptitudes à la synthèse, à l'analyse et à la résolution de problèmes et savoir utiliser leurs connaissances concrètement dans l'exercice de leur travail. Ils doivent savoir planifier, organiser, superviser et évaluer le travail. La capacité de travailler en équipe et de communiquer, l'autonomie, la curiosité et l'efficacité sont des qualités recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé. Certains employeurs présents sur la scène internationale recherchent des candidats mobiles, qui connaissent une troisième langue, dont l'espagnol, le chinois et le portugais. Les connaissances et aptitudes en gestion constituent des atouts pour obtenir des promotions à des postes de direction.
Études et formation
Un diplôme universitaire en génie civil, de la construction et du transport est habituellement exigé. Le diplôme de deuxième cycle représente un atout dans certaines spécialités et pour des postes de gestion. La participation à des stages dans le cadre d'un programme d'enseignement coopératif représente un atout.
Pour exercer cette profession et porter le titre d'ingénieur, il faut être membre de l'Ordre des ingénieurs du Québec. Pour ce, les candidats à cette profession doivent :
- être titulaires d'un baccalauréat reconnu par l'Ordre ou réussir les examens déterminés par l'Ordre;
- travailler l'équivalent de 36 mois à titre d'ingénieur «junior», dont au moins 12 mois au Canada;
- réussir un examen professionnel; et
- avoir une connaissance appropriée de la langue française.
L'Ordre reconnaît l'équivalence des diplômes obtenus dans des établissements étrangers qui ont conclu une entente de reconnaissance réciproque avec Ingénieurs Canada. Les diplômés des établissements non reconnus doivent se recycler ou réussir les examens déterminés par l'Ordre.
La formation continue est essentielle pour ces ingénieurs.
Références utiles
Ordre des ingénieurs du Québec
Société canadienne de génie civil
Commission de la construction du Québec (CCQ)
Considérations importantes
Étant donné qu'on prévoit un bon taux de croissance dans le secteur du génie civil et de la voirie, et dans les autres secteurs où ils sont présents, le nombre d'ingénieurs civils devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.
De peu reluisante vers la fin des années 1990, la situation sur le marché du travail des diplômés en génie civil, de la construction et du transport de 2001 à 2009 se comparait avantageusement à celle des autres diplômés universitaires du secteur des sciences appliquées. Compte tenu de nos prévisions de croissance et des difficultés de recrutement fréquemment éprouvées par les employeurs, la situation sur le marché du travail de ces diplômés devrait continuer à être très bonne au cours des prochaines années, même si le nombre de diplômés augmentera fortement.
2131 - Ingénieurs civils/ingénieures civiles
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2131 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 8 550 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 100 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 1,6 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 150 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 350 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 500 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2131 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 86,3 % | 52,7 % |
| Femmes | 13,7 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2131 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 2,1 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 54,0 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 40,5 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 3,3 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2131 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 94,5 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 5,5 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2131 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 72,8 % | 53,2 % |
| Moyen | 75 488 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 2,2 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 19,5 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 78,3 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2131 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 0,2 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 1,2 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 9,7 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 89,0 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2131 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,4 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,0 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 12,8 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 5,6 % | 5,4 % |
| Estrie | 2,2 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 1,2 % | 2,9 % |
| Montérégie | 19,9 % | 18,7 % |
| Montréal | 31,2 % | 24,1 % |
| Laval | 5,2 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 3,6 % | 5,8 % |
| Laurentides | 4,5 % | 7,0 % |
| Outaouais | 3,5 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,2 % | 1,8 % |
| Mauricie | 2,4 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 3,2 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 1,0 % | 1,7 % |
| 2131 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 11,6 % | 11,2 % |
| 2131 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 18,5 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 53,2 % |
| - architecture, génie et services connexes | 49,8 % |
| Administration publique | 16,4 % |
| Construction | 12,1 % |
| - travaux de génie civil | 5,4 % |
| - construction de bâtiments | 4,4 % |
| Fabrication | 6,2 % |
| Transport et entreposage | 4,2 % |