Agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture
2123 - Agronomes, conseillers/conseillères et spécialistes en agriculture
Textes de la profession
Nature du travail
Les agronomes, les conseillers et les spécialistes en agriculture conseillent et aident les exploitants agricoles dans tous les aspects de la gestion agricole, soit les cultures, la fertilisation, les récoltes, l'érosion et la composition des sols, la prévention des maladies, la nutrition, la rotation des cultures et la commercialisation.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Agent de service local;
agrologue;
agrologue-conseil;
agronome;
conseiller auprès des agriculteurs;
conseiller de service régional - agriculture;
conseiller en gestion agricole;
expert-conseil en agriculture;
spécialiste agricole des sols et des cultures;
spécialiste de l'élevage;
spécialiste des cultures;
spécialiste en agriculture;
surveillant de service de;
vulgarisation agricole.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.
(Mise à jour : septembre 2010)
Après avoir diminué au début et au milieu des années 1990, le nombre d'agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture a augmenté légèrement par la suite. Cette évolution s'explique surtout par les tendances qui influencent l'industrie de l'agriculture, les dépenses gouvernementales, les lois qui régissent le milieu de l'agriculture, les découvertes scientifiques et l'implantation de nouvelles technologies. Malgré des perspectives mitigées dans l'industrie de l'agriculture, l'augmentation des besoins en matière de conseils spécialisés en agriculture devrait entraîner une hausse légère du nombre d'agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture qui prendront leur retraite et, dans une moindre mesure, de la création d'emplois. En outre, la formation et l'expérience permettent aux membres de cette profession d'accéder à des postes d'enseignants, tant au niveau collégial qu'universitaire, et de spécialistes des ventes techniques (voir 6221), surtout dans les industries chimiques et pharmaceutiques, et d'obtenir des promotions à des postes de supervision et de gestion.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles aux nouveaux diplômés universitaires (voir la section Formation), aux techniciens en agronomie (voir 2221) qui possèdent la formation exigée et, dans une moindre mesure, aux agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture expérimentés en chômage. Le taux de chômage est en effet relativement faible dans cette profession. Si cette profession accueillait en 2006 une proportion plus faible d'immigrants que dans l'ensemble des professions (9 % par rapport à 12 %), elle devrait en accueillir davantage à l'avenir. En effet, l'Ordre des agronomes du Québec développe actuellement des outils pour permettre aux personnes qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger d'améliorer leur taux de réussite à ses examens.
Au cours des dernières années, le taux de placement en emploi relié à la formation des diplômés des disciplines qui mènent à cette profession a été relativement bon et leur taux de chômage assez faible, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Toutefois, comme ces disciplines peuvent mener à plusieurs autres professions, on ne peut attribuer la bonne performance de ces diplômés uniquement à la demande d'agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture.
Par ailleurs, comme le nombre d'inscriptions et de diplômés du baccalauréat en sciences de l'agriculture a diminué de façon importante au cours des récentes années, on peut s'attendre à ce que la situation sur le marché du travail de ces diplômés continue à demeurer bonne ou même à ce qu'elle s'améliore au cours des prochaines années.
Industries
Selon les données du recensement, environ 26 % des agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture travaillaient en 2006 dans les services professionnels, scientifiques et techniques, et 23 % dans l'administration publique. On en retrouvait également en nombre significatif dans le secteur des fermes et des activités de soutien aux fermes (21 %), dans la fabrication d'aliments pour animaux (8 %), dans le commerce de gros de fournitures agricoles (6 %) et dans les syndicats et organismes agricoles (5 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui influencent l'industrie de l'agriculture, des dépenses gouvernementales, des lois qui régissent le milieu de l'agriculture, des découvertes scientifiques et de l'implantation de nouvelles technologies.
- Industrie de l'agriculture
Malgré une hausse de la valeur de la production agricole, due principalement à la croissance remarquable des exportations, le nombre d'emplois dans l'industrie de l'agriculture a diminué légèrement au cours des dernières années. Cette industrie a connu une hausse de la productivité attribuable en bonne partie aux investissements en technologie et à l'amélioration des méthodes de production. Cette croissance de la productivité s'est accompagnée de nombreux regroupements, ce qui a entraîné une diminution du nombre de fermes. Au cours des prochaines années, ces tendances devraient se poursuivre. En plus, les ententes internationales pourraient entraîner des modifications aux systèmes de mises en marché collective et de gestion de l'offre en vigueur au Québec. Ces tendances ne favoriseront pas la demande d'agronomes.
- Dépenses gouvernementales
Les compressions gouvernementales de années 1990 ont entraîné une diminution importante du nombre d'agronomes dans l'administration publique, surtout au sein du gouvernement provincial. L'amélioration récente de l'état des finances publiques aurait pu mettre fin à cette décroissance, mais leur secteur d'intervention ne fait pas partie des domaines prioritaires de réinvestissement des gouvernements (santé et, dans une moindre mesure, éducation). D'ailleurs, la proportion des membres de cette profession qui travaillent dans les administrations publiques est passée de 42 % en 1991 à seulement 23 % en 2006, selon les données du recensement. Comme l'état des finances publiques s'est encore détérioré en raison de la dernière récession, il ne faut pas s'attendre à une hausse significative dans ce secteur.
- Lois qui régissent le milieu de l'agriculture
Le gouvernement intervient aussi par l'adoption de lois et de règlements. Ainsi, la législation touchant les rejets agricoles et la gestion de l'eau favorise la demande d'agronomes. Les exploitants agricoles doivent en effet préparer des plans de culture et de protection des sols, présenter leurs projets d'arrosage et d'utilisation des pesticides, et prévoir la protection des bandes riveraines. Dans ce contexte, on a assisté depuis 1993 à la création et au développement rapide des clubs-conseils en agroenvironnement. En se regroupant dans un tel club, des exploitants agricoles peuvent se payer les services d'un agronome-conseil.
Au départ assez peu répandus, ces clubs regroupaient en 2008 environ 28 % des exploitations agricoles. Ces exploitations cultivaient environ 45 % de la superficie agricole et étaient responsables de 47 % des animaux d'élevage. Leur développement devrait se poursuivre au cours des prochaines années.
Dans le même sens, les agronomes sont depuis 2002 responsables, dans le cadre du Règlement sur les exploitations agricoles, de la planification et du contrôle des plans agroenvironnementaux préparés par les exploitants agricoles qui élèvent des animaux.
Compte tenu de la sensibilisation accrue de la population en matière de salubrité et de protection de l'environnement, surtout à la suite de catastrophes écologiques, l'évolution de la législation devrait continuer à favoriser l'emploi dans cette profession au cours des prochaines années.
- Découvertes scientifiques et implantation de nouvelles technologies
Les découvertes scientifiques et l'implantation de nouvelles technologies entraînent la croissance des besoins en matière de conseils spécialisés en agriculture. Du côté des découvertes scientifiques, on peut donner comme exemple les applications de la génétique à l'agriculture, tant sur les végétaux (organismes génétiquement modifiés, OGM) que sur les animaux (clonage, sélection génétique, hormones de croissance, etc.). Ces applications provoquent auprès d'une partie de la population de nombreuses réactions portant sur des questions éthiques et sur leurs conséquences écologiques et sanitaires. Le public se pose des questions, veut des garanties et exige plus de recherche et de mesures de protection. Ces pressions forcent les exploitants agricoles à bien s'informer sur les avantages et désavantages de l'utilisation de ces nouveautés. Du côté de l'implantation de nouvelles technologies, les exploitants agricoles ont besoin de conseils pour choisir la machinerie et les équipements informatiques les mieux adaptés à leur production. Les découvertes scientifiques et l'implantation de nouvelles technologies devraient donc continuer à favoriser l'utilisation des services d'agronomes.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le nombre d'agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient en 2006 environ 41 % des postes d'agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture, proportion en hausse notable depuis 1991 (26 %). Cette proportion devrait continuer à augmenter au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent en moyenne 60 % des nouveaux diplômés dans les principales disciplines qui mènent à cette profession. Environ 68 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion nettement plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). On observe un chômage saisonnier assez important. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est deux fois plus élevé de janvier à avril que de juin à octobre. Le travail autonome est en croissance, mais demeurait en 2006 nettement minoritaire (13 % des emplois par rapport à 6 % en 1996).
Exigences
Pour accéder à cette profession, il faut avoir l'esprit scientifique. Les candidats doivent posséder des aptitudes pour l'analyse, la synthèse et la résolution de problèmes, et de la facilité à travailler en équipe, à communiquer et à vulgariser. Le bilinguisme et la connaissance de base des ordinateurs sont souvent essentiels.
Études et formation
Pour accéder à cette profession et pour pouvoir porter le titre d'agronome, il faut être membre de l'Ordre des agronomes du Québec. Pour ce, il faut être titulaire d'un diplôme universitaire reconnu et réussir l'examen d'admission de l'Ordre. Les seuls diplômes universitaires reconnus au Québec se donnent à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université Laval et à la Faculty of Agricultural and Environmental Sciences (Faculté des sciences de l'agriculture et de l'environnement) du campus Macdonald de l'Université McGill.
Il faut noter que certains de ces diplômes permettent aussi de satisfaire aux conditions d'admission d'autres ordres ou associations professionnelles : ingénieurs et économistes. L'Ordre des agronomes du Québec peut accorder des équivalences de formation ou de diplômes aux candidats qui ne détiennent pas un diplôme reconnu par l'Ordre ou ayant étudié dans un établissement d'enseignement situé hors Québec.
La participation à des activités de formation continue est essentielle dans cette profession. D'ailleurs, l'Ordre incite vigoureusement les agronomes à participer régulièrement à des activités de formation de niveau universitaire et autres.
Références utiles
Ordre des agronomes du Québec
Admission à la pratique de l'agronomie
Université Laval
Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation
Macdonald Campus of McGiII University
Faculty of Agricultural and Environmental Sciences
Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec
Union des producteurs agricoles (UPA)
Coordination des clubs-conseils en agroenvironnement
Conseil pour le développement de l'agriculture du Québec
Considérations importantes
Malgré des perspectives mitigées dans l'industrie de l'agriculture, l'augmentation des besoins en matière de conseils spécialisés en agriculture devrait entraîner une hausse légère du nombre d'agronomes, conseillers et spécialistes en agriculture au cours des prochaines années.
Les diplômés des disciplines qui mènent à cette profession peuvent également occuper des postes dans diverses autres professions.
2123 - Agronomes, conseillers/conseillères et spécialistes en agriculture
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2123 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 1 300 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 70 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,8 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 10 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 35 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 45 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2123 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 58,6 % | 52,7 % |
| Femmes | 41,4 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2123 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 7,0 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 58,7 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 32,8 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 1,5 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2123 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 94,2 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 5,8 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2123 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 68,4 % | 53,2 % |
| Moyen | 50 012 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 8,4 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 46,5 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 45,1 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2123 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 1,7 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 3,2 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 19,2 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 76,0 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2123 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 1,0 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 3,6 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 14,3 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 12,1 % | 5,4 % |
| Estrie | 5,9 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 7,6 % | 2,9 % |
| Montérégie | 24,5 % | 18,7 % |
| Montréal | 10,0 % | 24,1 % |
| Laval | 1,7 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 3,6 % | 5,8 % |
| Laurentides | 1,7 % | 7,0 % |
| Outaouais | 3,8 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,4 % | 1,8 % |
| Mauricie | 4,5 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 3,8 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,7 % | 1,7 % |
| 2123 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 13,1 % | 11,2 % |
| 2123 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 9,3 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 26,2 % |
| - services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques (y compris les bureaux d'agronomes) | 18,2 % |
| Administration publique | 22,8 % |
| Agriculture, foresterie, pêche et chasse | 21,4 % |
| - Fermes | 16,7 % |
| Commerce de gros | 9,7 % |
| Fabrication d'aliments | 9,2 % |
| Associations de gens d'affaires, organisations professionnelles et syndicales et autres associations de personnes | 4,6 % |