Professionnels des sciences forestières
2122 - Professionnels/professionnelles des sciences forestières
Textes de la profession
Nature du travail
Les professionnels des sciences forestières dirigent des travaux de recherche, élaborent des plans et administrent et dirigent des programmes reliés à la gestion et à l'exploitation des ressources forestières.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Agent d'inventaire régional - foresterie;
forestier urbain;
forestier;
forestier de district;
forestier spécialiste en évaluation;
forestier-conseil;
ingénieur forestier;
surintendant - foresterie.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.
(Mise à jour : septembre 2010)
Au cours des dernières années, le nombre de professionnels des sciences forestières a augmenté de façon notable. Cette augmentation s'explique principalement par la croissance de l'industrie de la forêt et par l'importance accrue accordée à la gestion durable des forêts et à la planification des coupes et de l'aménagement forestier. Compte tenu de l'éloignement des sources d'approvisionnement, des pressions du public sur les questions environnementales et des perspectives mitigées dans le secteur de la forêt, leur nombre ne devrait augmenter que légèrement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront surtout des postes qui seront libérés par les professionnels qui prendront leur retraite et par ceux qui obtiendront des promotions à des postes de supervision et de gestion, en passant parfois par des postes liés aux conseils techniques, à la vente et au marketing (voir par exemple : 6221 spécialistes des ventes techniques, vente en gros). D'autres professionnels se dirigeront vers l'enseignement. Quelques débouchés s'ajouteront en raison de l'augmentation de l'emploi.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés du baccalauréat en génie forestier, et dans une moindre mesure, aux quelques professionnels en chômage. Peu de débouchés devraient être pourvus par des immigrants. En effet, la proportion d'immigrants est faible et beaucoup moins élevée que dans l'ensemble des professions (6 % par rapport à 12 % en 2006, selon les données du recensement).
Selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, le taux de chômage des diplômés du baccalauréat en génie forestier est légèrement supérieur à la moyenne des diplômés universitaires. La saisonnalité d'une partie de ces emplois pourrait expliquer ce résultat un peu décevant, puisque ces enquêtes se tiennent en janvier, période où le taux de chômage est à son maximum pour cette profession. Le nombre de diplômés semble donc bien correspondre avec la demande pour l'instant.
Par ailleurs, comme les effectifs étudiants en génie forestier ont diminué de façon importante au cours des récentes années (de plus de 50 % entre 1999 et 2007), le nombre de diplômés devrait diminuer fortement au cours des prochaines années. On peut donc s'attendre à ce que le nombre de diplômés continue à correspondre assez bien avec la demande au cours des prochaines années. Il est même possible que ce nombre devienne insuffisant si la baisse des inscriptions se poursuivait.
Industries
Selon les données du recensement, les professionnels des sciences forestières travaillaient dans diverses industries en 2006, mais leurs tâches étaient toujours orientées vers le secteur de la forêt. On les retrouvait principalement dans le secteur de la forêt (39 %), dans l'administration publique (18 %), surtout provinciale (17 %), dans les services professionnels, scientifiques et techniques (18 %), et dans la fabrication de produits en bois (10 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui influencent le secteur de la forêt, mais aussi de tendances organisationnelles.
- Secteur de la forêt
L'évolution de l'emploi dans cette industrie dépend en premier lieu de la demande de matière ligneuse (arbres) et de la disponibilité des sources d'approvisionnement.
- Demande de matière ligneuse
La demande de matière ligneuse provient principalement des industries de la fabrication de produits en bois et de la fabrication du papier. L'industrie de la fabrication du papier a perdu beaucoup de terrain au cours des dernières années, tant face à la concurrence internationale qu'en raison de la baisse de demande de papier journal, surtout aux États-Unis. D'autre part, la demande de papier a au contraire augmenté de façon notable au cours de la même période. Une autre tendance plus récente est la hausse de la demande de papier dans les pays émergents, surtout en Chine et en Inde. Même s'il est un peu tôt pour conclure sur la durabilité et l'ampleur de cette hausse, le fait que la consommation de papier dans ces pays est encore beaucoup plus basse que dans les pays industrialisés permet d'y voir un nouveau débouché prometteur. Compte tenu de l'incertitude dans l'évolution de ces tendances, on s'attend à ce que la demande de matières ligneuses provenant de cette industrie ne diminue que légèrement au cours des prochaines années, soit à un rythme beaucoup moins rapide que par les années passées.
L'industrie de la fabrication de produits en bois a bénéficié fortement de la croissance des exportations aux États-Unis au cours des années 1990 et a pu maintenir et même augmenter sa production jusqu'en 2004 en raison de la vigueur de la construction résidentielle au Québec. Entre 2004 et 2009, la valeur réelle (après inflation) des exportations s'est effondrée (baisse de 70 %), tandis que celle des ventes domestiques a diminué de 30 %, pour une baisse combinée de la valeur de toutes les livraisons de 50 %. Compte tenu de ce niveau de production très faible en termes historiques et de la reprise économique attendue au Québec et aux États-Unis, la valeur des livraisons devrait repartir en faible hausse au cours des prochaines années.
Comme les effets de la diminution de la demande de matières ligneuses par l'industrie de la fabrication du papier devrait atténuer ceux de la hausse de la demande dans l'industrie de la fabrication de produits en bois, on s'attend à ce que cette demande n'avantage que légèrement la production et l'emploi dans le secteur de la forêt au cours des prochaines années.
- Disponibilité des sources d'approvisionnement
Les sources d'approvisionnement sont de plus en plus éloignées des usines de transformation. Malgré cela, les activités de récolte se sont maintenues à un niveau historiquement élevé jusqu'en 2004-2005, selon les données du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Face à cette apparente contradiction et aux pressions du public et des groupes environnementaux pour préserver les forêts et dénoncer le niveau trop élevé de la récolte par rapport aux possibilités de régénération des forêts, le gouvernement a mandaté la Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique pour étudier cette situation. Le rapport de la commission, communément appelé rapport Coulombe, a été déposé en décembre 2004 et a recommandé une diminution de la récolte de 10 % dans les forêts et même une réduction de 20 % des allocations de bois résineux aux exploitants de la forêt boréale.
À la fin de 2006, le forestier en chef, fonction créée à la suite des recommandations du rapport Coulombe, a rendu publics les résultats de ses premiers calculs de la possibilité forestière. Ses données indiquent une baisse de 22 % de la possibilité forestière pour les années 2008 à 2013 par rapport à celle établie pour la période 2000-2008, soit une baisse un peu plus élevée que ne l'évaluait le rapport Coulombe. Le niveau de cette baisse varie toutefois énormément d'une région à l'autre.
En fait, la diminution de la demande de matières ligneuses a entraîné une baisse encore plus forte de la récolte que ce que recommandait le forestier en chef. En effet, le volume de récolte a diminué de plus de 45 % entre son niveau de 2004-2005 et celui de 2008-2009. Compte tenu de ce niveau de récolte très bas en termes historiques, il sera possible de satisfaire la légère hausse de la demande de matières ligneuses.
- Conclusion sur le secteur de la forêt
Compte tenu de la légère hausse de la demande de matières ligneuses, le nombre d'emplois dans l'industrie de la forêt devait augmenter légèrement au cours des prochaines années.
- Tendances organisationnelles
L'éloignement des sources d'approvisionnement, le resserrement de la réglementation et les nouvelles évaluations de la possibilité forestière incitent l'industrie et les instances gouvernementales à adopter des approches plus globales de la gestion de la forêt, davantage axées sur l'intégration des aspects économiques, écologiques et publics de son développement et de son utilisation. La gestion durable des forêts, la planification des coupes et l'aménagement forestier deviennent donc des activités de plus en plus importantes. L'industrie doit en conséquence développer encore plus ses activités d'inventaire, d'établissement et d'entretien des voies d'accès, d'analyse des essences d'arbres (pousse, rendement et utilisation), de recherche en sylviculture, d'aménagement des sites, de techniques de reboisement et d'ensemencement dans les pépinières, de récupération de la biomasse et même de prévention et de lutte contre les incendies. Les pressions du public et des groupes environnementaux pour préserver certaines forêts et pour favoriser la cueillette sélective et le reboisement, accentuent encore l'importance accordée à ces éléments.
Comme les membres de cette profession sont directement sollicités par le développement de ces activités, ils ont été moins touchés par la baisse de l'emploi des dernières années dans cette industrie que les membres des professions axées sur la récolte (voir entre autres 8241, conducteurs de machines d'abattage et 8421, conducteurs de scies à chaîne et d'engins de débardage). Puisqu'on prévoit une certaine augmentation de l'emploi dans la foresterie au cours des prochaines années, les membres des professions axées sur la récolte seront moins désavantagées que par le passé. Ainsi, l'emploi dans cette profession ne devrait augmenter qu'un peu plus rapidement que l'emploi dans les professions axées sur la récolte au cours des prochaines années.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de professionnels des sciences forestières augmentera légèrement au cours des prochaines années.
- Autres tendances
Le développement des activités de gestion durable des forêts, de planification des coupes et d'aménagement forestier font bien sûr appel à de nouvelles technologies, qui obligent les professionnels à se recycler de façon continue sur les biotechnologies, la génétique, la géomatique, la télédétection et l'informatique en général. Ainsi, l'utilisation de systèmes d'information géographique (SIG), de l'imagerie satellite et de logiciels spécialisés se répand de plus en plus.
Caractéristiques des emplois
Malgré une augmentation entre 1991 et 2006, les femmes n'occupaient en 2006 à peine 11 % des postes dans cette profession (7 % en 1991), selon les données des recensements. Cette proportion devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent selon les années de 20 % à 30 % des nouveaux diplômés en sciences forestières. Même si environ 63 % de ces professionnels travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, on observe un chômage saisonnier très important. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est trois fois plus élevé de janvier à avril que de juin à octobre. On y trouvait en 2006 une proportion deux fois plus élevée de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (21 % par rapport à 11 %).
Exigences
En plus des connaissances techniques déjà mentionnées, les candidats doivent avoir un esprit innovateur et un bon jugement critique, et faire preuve d'initiative. La polyvalence, l'autonomie, l'esprit de synthèse, les aptitudes à communiquer, à travailler en équipe, à analyser et à résoudre les problèmes, et la facilité d'apprentissage et d'adaptation sont les principales qualités recherchées. Le bilinguisme est souvent exigé.
Études et formation
Les employeurs exigent habituellement un baccalauréat en sciences forestières (génie forestier). Au Québec, seule l'Université Laval offre le programme qui est d'une durée de 4 ans. L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue offre en outre les deux premières années du baccalauréat en aménagement et environnement forestiers qui peut mener au baccalauréat en génie forestier.
Pour exercer cette profession et porter le titre d'ingénieur forestier, il faut être membre de l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec. Pour ce, les candidats à cette profession doivent :
- être titulaire d'un baccalauréat en sciences forestières (génie forestier) d'une université canadienne reconnue;
- compléter un stage de 32 semaines sous la supervision d'un ingénieur forestier;
- réussir un examen professionnel; et
- avoir une connaissance appropriée de la langue française.
L'Ordre offre des activités de formation visant la mise à jour des connaissances de ces ingénieurs et le maintien, l'amélioration et l'élargissement de leurs compétences. Ces activités se concrétisent entre autres par l'offre d'une série de cours portant sur le Manuel de foresterie et par l'adoption et la promotion du Guide de pratique professionnelle.
Références utiles
Ordre des ingénieurs forestiers du Québec
Université Laval
Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique
Département des sciences du bois et de la forêt
Les forêts - Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
Comité sectoriel de main-d'œuvre en aménagement forestier
Fédération québécoise des coopératives forestières du Québec
Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique
Considérations importantes
Compte tenu de l'éloignement des sources d'approvisionnement, des pressions du public sur les questions environnementales et des perspectives mitigées dans le secteur de la forêt, le nombre de professionnels des sciences forestières ne devrait augmenter que légèrement au cours des prochaines années.
Le nombre de diplômés du baccalauréat en sciences forestières correspond assez bien avec la demande. Il est même possible que ce nombre devienne insuffisant si les inscriptions à ce programme continuent à diminuer comme elles le font depuis quelques années.
2122 - Professionnels/professionnelles des sciences forestières
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 2122 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 1 500 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 100 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,9 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 15 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 60 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 75 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 2122 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 89,3 % | 52,7 % |
| Femmes | 10,7 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 2122 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 1,0 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 56,0 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 39,7 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 3,3 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 2122 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 90,6 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 9,4 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
2122 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 61,9 % | 53,2 % |
| Moyen | 56 097 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 6,7 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 36,2 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 57,1 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
2122 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 7,8 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 2,9 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 18,2 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 71,1 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 2122 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 4,0 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 5,0 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 19,3 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 11,8 % | 5,4 % |
| Estrie | 5,0 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 3,4 % | 2,9 % |
| Montérégie | 4,7 % | 18,7 % |
| Montréal | 4,4 % | 24,1 % |
| Laval | 1,2 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 3,7 % | 5,8 % |
| Laurentides | 4,4 % | 7,0 % |
| Outaouais | 3,4 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 6,9 % | 1,8 % |
| Mauricie | 6,9 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 10,6 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 5,3 % | 1,7 % |
| 2122 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 20,9 % | 11,2 % |
| 2122 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 6,5 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Agriculture, foresterie, pêche et chasse | 41,7 % |
| - exploitation forestière | 23,9 % |
| - activités de soutien à la foresterie | 15,2 % |
| Administration publique | 18,4 % |
| - provinciale | 16,8 % |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 18,1 % |
| Fabrication | 12,9 % |
| - fabrication de produits en bois | 9,7 % |