Chimistes

2112 - Chimistes
Textes de la profession

Nature du travail

Les chimistes font de la recherche et des analyses qui se rapportent à des opérations industrielles, à l'élaboration de procédés et de produits, au contrôle de la qualité, à la surveillance du milieu, aux diagnostics et traitements médicaux, à la biotechnologie ainsi qu'à d'autres applications. Ils font également de la recherche théorique, expérimentale et appliquée sur des procédés chimiques et biochimiques de base afin de créer ou de synthétiser de nouveaux produits ou procédés.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Agrochimiste;
biochimiste;
chimiste;
chimiste clinicien;
chimiste en alimentation;
chimiste en océanographie;
chimiste en recherche;
chimiste organométallique;
chimiste qualiticien;
chimiste spécialiste des polymères;
chimiste spécialiste des revêtements;
chimiste spécialiste des textiles;
chimiste spécialiste en chimie analytique;
chimiste spécialiste en chimie inorganique;
chimiste spécialiste en environnement;
chimiste spécialiste en produits pharmaceutiques;
chimiste théoricien;
électrochimiste;
organicien;
pédochimiste;
physico-chimiste;
spécialiste en spectrométrie de masse organique;
spectroscopiste en résonance magnétique nucléaire (RMN).

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : août 2010)

Après être demeuré assez stable au cours des années 1990, le nombre de chimistes a augmenté fortement par la suite. Les facteurs qui ont freiné la croissance de l'emploi dans cette profession au cours des années 1990 (automatisation de nombreuses fonctions réalisées par les chimistes et baisses de dépenses gouvernementales) se sont en effet atténués, tandis que les facteurs qui la favorisent (importance grandissante accordée à l'environnement, à la qualité des eaux, au contrôle de la qualité, à la sécurité et à l'hygiène en milieu de travail) ont gagné en importance. Étant donné que ces tendances devraient se maintenir, on prévoit que le nombre de chimistes augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des postes qui seront libérés par les chimistes qui prendront leur retraite. En plus, la formation et l'expérience dans cette profession permettent aux chimistes d'accéder à des postes d'enseignants, tant au niveau collégial qu'universitaire, et de spécialistes des ventes techniques (voir 6221), surtout dans les industries chimiques et pharmaceutiques, et d'obtenir des promotions à des postes de supervision et de gestion.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles aux personnes qui satisfont aux exigences de l'Ordre des chimistes du Québec (voir la section Formation). Il peut s'agir de nouveaux diplômés universitaires, d'anciens membres qui recommencent à exercer cette profession ou d'immigrants. En 2006, environ 32 % des chimistes étaient en effet des immigrants, proportion de deux à trois fois plus élevée que pour l'ensemble des professions (12 %), selon les données du recensement. Par ailleurs, peu de débouchés seront pourvus par des chimistes expérimentés en chômage, puisque le taux de chômage est très bas dans cette profession, même s'il a doublé depuis le début de la récession.

Au cours des dernières années, le nombre de débouchés a semblé insuffisant pour fournir un emploi à tous les diplômés en chimie et en biochimie, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). En effet, plus de 60 % des diplômés du baccalauréat en chimie et en biochimie poursuivaient deux ans après leur diplomation leurs études au niveau de la maîtrise ou dans une autre discipline. Ce choix semble pertinent, puisque la situation sur le marché du travail des diplômés de la maîtrise fut meilleure que celle des diplômés du baccalauréat, surtout du côté du taux de placement dans des emplois à temps plein et en rapport avec la formation.

Ces données confirment que la maîtrise devient graduellement la norme pour pouvoir accéder à cette profession. Elles nous montrent également que le doctorat est exigé pour certains postes, car, selon les années, de 15 % à 35 % des diplômés de la maîtrise en chimie et de 25 à 45 % de ceux de la maîtrise en biochimie poursuivent leurs études. Ces exigences sont reflétées dans les données du recensement et du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. En effet, près de la moitié des chimistes (47 %) possédaient en 2006 une scolarité supérieure au baccalauréat, et 20 % un doctorat, selon les données du recensement. Cette profession se classait d'ailleurs au cinquième rang des 520 professions inventoriées dans Emploi-Avenir Québec quant à la proportion de titulaires d'un doctorat. Les données du MELS nous montrent, elles, que le nombre d'étudiants au doctorat en chimie et en biochimie a augmenté fortement au cours des dernières années, tandis que leur nombre demeurait assez stable aux niveaux du baccalauréat et de la maîtrise.

Notons finalement qu'une forte proportion de diplômés en biochimie, tant des bacheliers que des titulaires de la maîtrise, occupe des emplois dans d'autres professions que celle-ci : ingénieurs chimistes, biologistes, etc.

Industries

Selon les données du recensement, environ 35 % des chimistes travaillaient en 2006 dans les services professionnels, scientifiques et techniques, principalement dans les services de recherche et de développement scientifiques (28 %), et 28 % dans le secteur manufacturier, surtout dans la fabrication de produits chimiques (20 %), industrie qui comprend celle de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments (13 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans les soins de santé et l'assistance sociale (10 %), dans l'administration publique (8 %) et dans les universités (6 %).

Tendances

Les domaines d'interventions des chimistes sont très variés : environnement, pharmaceutique, alimentation, chimie organique, biochimie clinique, etc. En plus, les interventions dans ces domaines peuvent être exercées dans des optiques bien différentes : analyses et protocoles d'analyses, recherche et développement, hygiène industrielle, urgences environnementales, assainissement des eaux, décontamination des sols, incendies, enquêtes judiciaires, examens cliniques, contrôle de la qualité, etc. Si les chimistes ont accès à des possibilités variées d'interventions, la mobilité est faible entre ces types d'interventions. En effet, un chimiste expérimenté dans une spécialité, par exemple en chimie organique, demeure en général associé à cette spécialité tout au long de sa carrière, même lorsqu'il change d'emploi.

Dans ce contexte, l'évolution de l'emploi dans cette profession peut dépendre d'une foule de facteurs, selon les domaines d'interventions. Cela dit, l'évolution de la législation, le niveau des dépenses gouvernementales, les innovations technologiques et les découvertes scientifiques sont parmi les facteurs qui influencent le plus l'emploi dans cette profession. À ces facteurs, s'ajoutent les perspectives de l'industrie de la fabrication de produits chimiques, industrie qui embauche environ 20 % des chimistes.

- Évolution de la législation

L'adoption de certaines lois peut entraîner une augmentation importante du volume de travail confié aux chimistes. Des lois plus sévères dans le domaine de l'environnement, par exemple, font augmenter la demande de tests et de planification de travaux pour le traitement des eaux usées dans les entreprises manufacturières et agricoles, l'assainissement des eaux dans les municipalités, le contrôle de la qualité dans les entreprises du secteur manufacturier, la décontamination des sols lors du changement de vocation des terrains, etc. Il en est de même du côté de l'adoption de normes en santé et sécurité au travail et en hygiène publique. Puisque les entreprises touchées par ces lois n'ont pas toujours le volume de travail et les possibilités d'encadrement nécessaires à l'embauche de leurs propres chimistes, elles font souvent appel à des firmes spécialisées pour effectuer ces travaux. Ce phénomène explique en bonne partie la très forte augmentation de la proportion de chimistes qui travaillent dans les services de recherche et de développement scientifiques (qui comprennent les laboratoires de recherche et développement en chimie) entre 1991 (8 %) et 2006 (28 %), selon les données des recensements.

Au cours des prochaines années, l'évolution de la législation devrait continuer à favoriser l'emploi dans cette profession. En plus, l'augmentation des pressions publiques en matière de salubrité et de protection de l'environnement, surtout à la suite de catastrophes écologiques, accentuera sûrement cette tendance.

- Niveau des dépenses gouvernementales

L'évolution des dépenses gouvernementales joue aussi un grand rôle dans la demande de chimistes. Les compressions gouvernementales des années 1990 ont entraîné entre autres un ralentissement du financement des programmes d'assainissement des eaux et une pause, sinon une diminution, des mesures de contrôle environnemental.

Dans le secteur de la santé, on a observé une diminution du nombre de biochimistes cliniciens au cours de cette période de compressions. Compte tenu des besoins croissants dans les laboratoires médicaux découlant de l'augmentation prévue du nombre de tests de laboratoire, leur nombre est reparti en hausse depuis et devrait continuer à augmenter au cours des prochaines années. Notons toutefois que les biochimistes cliniciens représentent moins de 10 % des emplois dans cette profession.

- Innovations technologiques et découvertes scientifiques

Les innovations technologiques et les découvertes scientifiques ont des effets opposés sur la demande de chimistes. D'un côté, elles l'influencent positivement en permettant d'étendre le champ de la recherche et du développement, et en rendant possibles des types d'analyses et de tests auparavant impossibles à réaliser. De l'autre, elles l'influencent négativement en automatisant de nombreuses fonctions, par exemple certains tests d'analyse. En plus d'accélérer le travail, cette automatisation permet aux technologues et techniciens en chimie (voir 2211) de réaliser certains travaux auparavant confiés à des chimistes.

- Fabrication de produits chimiques

Cette industrie a connu un fort taux de croissance dans la deuxième moitié des années 1990, tant sur le marché local que grâce à ses exportations. Cette croissance s'est manifestée aussi bien du côté de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments, qui représentait en 2009 environ 40 % de la valeur de la production et des emplois, que du côté des autres secteurs de cette industrie (produits chimiques de base, résines et caoutchouc synthétique, fibres synthétiques, pesticides et engrais, peintures, produits de toilette, etc.).

Les investissements des entreprises ont atteint des sommets en 2001 et 2002. Ces investissements, tant en construction de nouveaux établissements qu'en machines et équipements ont permis d'importants gains de productivité, et ce, dans tous les secteurs de l'industrie. En conséquence, la valeur des livraisons et des exportations a continué à augmenter à un bon rythme depuis le tournant du siècle, mais l'emploi a connu une baisse importante (baisse d'environ 20 %). À partir de 2003, la hausse du dollar canadien et la concurrence internationale ont rendu les entreprises plus prudentes. La valeur des investissements a alors chuté, surtout du côté de la construction de nouveaux établissements (baisse de 85 % entre 2001 et 2010 !).

Les perspectives pour les prochaines années semblent assez mitigées. Si on peut s'attendre à un retour à la croissance de l'emploi en raison de la reprise économique qui suivra la récession de 2009, l'ampleur de cette croissance risque d'être freinée par différents facteurs.

Tout d'abord, la forte baisse des investissements en construction de nouveaux établissements ne laisse présager rien de bon. Ensuite, les prix du pétrole, à la base d'un nombre important de produits chimiques, devraient rebondir avec la reprise économique, ce qui restreindra la croissance de la demande de ces produits. Finalement, le secteur de la fabrication de produits pharmaceutiques, un des moteurs principaux de la croissance de cette industrie dans les années 1990, a connu récemment des fermetures et des mises à pied qui semblent montrer que la période de croissance est maintenant derrière nous. On s'attend en conséquence à ce que le nombre d'emplois dans l'industrie de la fabrication de produits chimiques n'augmente que légèrement au cours des prochaines années.

Même si les perspectives mitigées de l'industrie de la fabrication de produits chimiques atténueront les effets positifs des autres facteurs qui influencent l'emploi dans cette profession, on prévoit que le nombre de chimistes augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 45 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en forte hausse depuis 1991 (27 %). Cette proportion devrait augmenter moins rapidement au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent en moyenne la moitié des nouveaux diplômés en biochimie et en chimie, selon les données du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Environ 73 % des chimistes travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour la moyenne des professions (53 %). Le travail autonome était en 2006 peu répandu (moins de 4 % des postes).

Exigences

Pour accéder à cette profession, il faut avoir l'esprit scientifique et méthodique. Les candidats doivent posséder des aptitudes pour l'analyse, la synthèse et la résolution de problèmes, de la facilité à travailler en équipe et une bonne capacité de concentration. La rigueur, la minutie, la curiosité scientifique et la patience sont parmi les qualités les plus importantes dans cette profession. Le bilinguisme est souvent essentiel.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut être titulaire d'un diplôme universitaire en chimie ou en biochimie. Pour exercer cette profession et porter le titre de chimiste, il faut être membre de l'Ordre des chimistes du Québec. L'Ordre reconnaît aussi, dans certains cas, les diplômes en sciences de l'alimentation.

Le biochimiste clinique doit détenir un certificat de spécialiste décerné par l'Ordre des chimistes du Québec. Ce certificat de spécialiste est obtenu au terme d'une résidence clinique de niveau postdoctoral sanctionnée par des examens oraux et écrits.

La poursuite des études aux niveaux de la maîtrise et du doctorat représente un atout de plus en plus important.

La participation à des activités de formation continue est essentielle dans cette profession.

Références utiles

Ordre des chimistes du Québec

 Comité sectoriel de main-d'œuvre de la chimie, de la pétrochimie et du raffinage

 Institut de chimie du Canada

 Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'environnement

Considérations importantes

Compte tenu de l'importance grandissante accordée à l'environnement, à la qualité des eaux, au contrôle de la qualité, à la sécurité et à l'hygiène en milieu de travail, on prévoit que le nombre de chimistes augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

La maîtrise en chimie ou en biochimie devient graduellement la norme pour pouvoir accéder à cette profession. En plus, le doctorat est exigé pour certains postes.

2112 - Chimistes
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 2112 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 4 950 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 90 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,5 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 80 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 100 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 180 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 2112 Ensemble des
professions
Hommes 55,4 % 52,7 %
Femmes 44,6 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 2112 Ensemble des
professions
15- 24 ans 3,6 % 14,1 %
25- 44 ans 70,2 % 45,1 %
45- 64 ans 25,1 % 38,8 %
65 ans et plus 1,2 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 2112 Ensemble des
professions
Plein temps 94,3 % 79,2 %
Temps partiel 5,7 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
2112 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 72,5 % 53,2 %
Moyen 63 190 45 157
0 à 19 999 $ 6,6 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 33,5 % 52,4 %
50 000 $ et plus 59,9 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
2112 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 0,3 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 2,3 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 12,0 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 85,4 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 2112 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,0 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 0,7 % 2,5 %
Capitale-Nationale 7,8 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 2,5 % 5,4 %
Estrie 2,5 % 3,9 %
Centre-du-Québec 1,7 % 2,9 %
Montérégie 16,7 % 18,7 %
Montréal 45,4 % 24,1 %
Laval 8,4 % 5,0 %
Lanaudière 3,0 % 5,8 %
Laurentides 5,0 % 7,0 %
Outaouais 2,6 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,8 % 1,8 %
Mauricie 1,1 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,5 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,4 % 1,7 %


2112 Ensemble des
professions
Travail autonome 3,6 % 11,2 %


2112 Ensemble des
professions
Immigration 31,9 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Services professionnels, scientifiques et techniques 35,1 %
- services de recherche et de développement scientifiques 28,3 %
Fabrication 27,9 %
- fabrication de produits chimiques 20,4 %
- fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments 12,7 %
Soins de santé et assistance sociale 10,5 %
Administration publique 8,4 %
Universités 6,1 %
Commerce de gros 6,0 %