Intervieweurs pour enquêtes et commis aux statistiques

1454 - Intervieweurs/intervieweuses pour enquêtes et commis aux statistiques
Textes de la profession

Nature du travail

Les intervieweurs pour enquêtes communiquent avec des personnes afin d'amasser de l'information pour des études de marché, des sondages d'opinion publique ou des recensements électoraux et de la population. Les commis aux statistiques codent et compilent les données recueillies au cours d'entrevues et auprès d'autres sources pour rédiger des rapports, des listes, des annuaires et d'autres documents. Ce groupe de base comprend aussi les commis qui observent et consignent des renseignements au sujet de la circulation routière.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Codeur;
commis aux enquêtes téléphoniques;
commis aux entrevues;
commis aux sondages d'opinion;
commis aux statistiques;
intervieweur pour enquêtes;
recenseur;
recenseur aux élections;
sondeur d'opinion publique.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : août 2010)

A) Vue d'ensemble

Au cours des années 1990, le nombre d'intervieweurs pour enquêtes et commis aux statistiques a augmenté de façon notable. Cette augmentation s'explique en premier lieu par la demande croissante de sondages et enquêtes de toutes sortes. Même si cette demande est toujours en forte hausse, l'emploi dans cette profession a par la suite diminué en raison de la réticence des particuliers à répondre aux enquêtes et sondages, et en raison des nouvelles possibilités d'enquêtes et sondages qui s'offrent grâce à Internet. Comme cette tendance devrait se maintenir, on prévoit que le nombre d'intervieweurs pour enquêtes et commis aux statistiques diminuera de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu du taux de roulement très élevé dans cette profession et, dans un bien moindre mesure, des postes qui seront libérés en raison de la retraite. Quelques débouchés s'ajouteront en raison des postes qui seront libérés par les intervieweurs pour enquêtes et commis aux statistiques qui obtiendront des promotions. Cette profession sert souvent de tremplin sur le marché du travail. Ce type d'expérience est utile pour des personnes qui possèdent une formation en communication, en marketing, en sociologie, etc.

Industries

Selon les données du recensement, environ 36% des intervieweurs pour enquêtes et commis aux statistiques travaillaient en mai 2006 dans l'administration fédérale, surtout pour Opérations des enquêtes statistiques, agence gérée par Statistique Canada. On les retrouvait aussi en grand nombre dans les études de marché et les services de sondages d'opinion (27 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans ce groupe professionnel dépend en premier lieu de la demande de sondages et d'enquêtes, des changements technologiques et de l'accueil des particuliers aux sondages et enquêtes.

- Demande de sondages et d'enquêtes

La demande de sondages et d'enquêtes a crû rapidement au cours des dernières années et devrait continuer à croître. Cette demande se concrétise autant du côté des sondages sur les caractéristiques et les préférences des consommateurs que du côté des enquêtes sociales.

- Changements technologiques

Au cours des années 1990, les changements technologiques ont entraîné plus d'effets bénéfiques que négatifs sur la demande de sondages et d'enquêtes. D'un côté, des enquêtes auparavant trop coûteuses sont devenus abordables. Il est par exemple devenu de plus en plus facile d'établir des échantillons de clientèles ciblées à partir des nombreuses bases de données disponibles. Si la technologie a permis de traiter les données beaucoup plus rapidement, elle a en plus entraîné la multiplication des possibilités d'analyses. De l'autre côté, la technologie a permis de joindre plus facilement les répondants et de traiter avec plus d'efficacité les résultats de ces sondages et enquêtes. De même, des systèmes implantés dans les années 1990 ont permis d'obtenir des données sans avoir besoin d'intervieweurs. Citons par exemple les équipements informatiques qui permettent de suivre la consommation des ménages et les compteurs qui enregistrent directement le nombre d'heures d'écoute des émissions télévisées.

Plus récemment, la forte hausse de la popularité d'Internet et la réticence croissante des particuliers à répondre aux sondages et enquêtes téléphoniques (voir le paragraphe suivant) ont incité les services de sondages d'opinion à proposer à des internautes de participer à des sondages ou enquêtes en leur offrant des compensations ou des prix de participation. Les internautes semblent moins réticents à participer à ce type de consultation, car ils peuvent choisir le moment qui leur convient le mieux pour répondre aux questions. Même si les conséquences précises de ce nouveau mode de recueil d'opinion sont pour l'instant difficiles à évaluer, il ne pourra que désavantager la croissance de l'emploi chez les intervieweurs. Il ne devrait toutefois pas influencer l'emploi chez les techniciens en statistiques, car, peu importe le mode de collecte d'information, leurs services seront requis pour compiler et présenter les résultats.

- Accueil des particuliers aux sondages et enquêtes

Selon les services de sondages d'opinion, le taux de réponse des particuliers fut historiquement plus élevé au Québec qu'ailleurs au Canada, ou même qu'aux États-Unis. Toutefois, en bonne partie en raison de la forte hausse de la sollicitation téléphonique des agences de télémarketing, de plus en plus de particuliers accueillent froidement les appels des intervieweurs et refusent de répondre aux questions. Le taux de réponse tend donc à diminuer, encore plus dans les sondages portant sur les habitudes de consommation de produits spécifiques. Cette baisse du taux de réponse incite encore plus les services de sondages d'opinion à développer de nouvelles façons de sonder le public, par exemple par Internet.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre d'intervieweurs pour enquêtes et commis aux statistiques diminuera de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Les données provenant du recensement sur cette profession doivent être interprétées avec prudence. En effet, le nombre d'emplois dans cette profession est beaucoup plus élevé au cours des quelques semaines précédant et suivant les recensements que durant toute autre période, car les recenseurs et les préposés au recensement font partie de cette profession. Par exemple, il est clair que les données de l'emploi par industrie (voir la section Secteurs) surestiment de beaucoup la proportion des membres de cette profession qui travaillent en temps normal pour l'administration publique fédérale. En outre, les caractéristiques des recenseurs et des préposés au recensement sont sûrement différentes de celles des autres intervieweurs pour enquêtes et commis aux statistiques : plus jeunes, plus de temps partiel, etc.

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 56 % des postes dans cette profession en mai 2006, proportion en baisse notable depuis 1991 (66 %). La donnée sur le revenu moyen d'emploi présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» (34 385 $) ne concerne que les 21 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 8 707 $ en 2005. Par ailleurs, le travail autonome était peu fréquent en 2006 (à peine 2 % des emplois).

B) Tendances par spécialité

- Intervieweurs pour enquêtes

Les débouchés pour les intervieweurs pour enquêtes seront accessibles aux personnes bilingues, dont beaucoup d'étudiants et de chômeurs, qui possèdent de l'expérience du travail au téléphone ou dans le domaine du service à la clientèle. D'autres débouchés pourront être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants qu'on trouvait dans ce groupe professionnel en 2006 (17 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement) montre que cette profession est accessible à de nouveaux arrivants.

La plupart des intervieweurs travaillent sur appel ou à forfait, souvent le soir et les week-ends. Ces contrats peuvent être très courts ou s'étendre sur plusieurs mois. Ce mode de fonctionnement convient aux étudiants qui recherchent des emplois à temps partiel et aux personnes qui effectuent ces tâches comme deuxième emploi, mais explique en grande partie le fort taux de roulement dans cette profession. Par ailleurs, le travail des intervieweurs est généralement minuté de façon à vérifier l'atteinte d'objectifs de rendement.

Avec de l'expérience, ils peuvent obtenir une promotion à un poste d'intervieweur de deuxième ligne, poste plus stable et mieux rémunéré. Ces intervieweurs rappellent les personnes qui refusent de répondre à un premier appel. Par la suite, ils peuvent accéder à des postes de supervision et de directeur de terrain (responsable de la répartition du travail et du respect des échéanciers). En raison du fort taux de roulement, une personne qui possède les aptitudes nécessaires peut accéder à ces promotions assez rapidement. En outre, l'expérience dans une maison de sondages représente un atout pour obtenir un poste similaire dans un organisme gouvernemental.

Les employeurs recherchent des candidats qui aiment le travail au téléphone, qui ont une voix agréable, qui possèdent une bonne élocution et qui savent poser des questions sans suggérer les réponses. Les candidats doivent connaître le fonctionnement des ordinateurs pour pouvoir utiliser des logiciels de sondage. Ils doivent être courtois sans être familiers. L'efficacité, la minutie, la patience et la résistance au stress sont les qualités les plus recherchées. Le bilinguisme est généralement obligatoire.

- Techniciens en statistiques

Pour les techniciens, le bassin de main-d'œuvre est surtout formé des finissants du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de recherche sociale. Notons tout d'abord que le nombre de diplômés de ce programme est relativement faible, soit moins de 10 de 2004-2005 à 2008-2009, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Sûrement en raison de ce faible nombre de diplômés, leur situation sur le marché du travail varie grandement d'une année à l'autre.

Même si le travail à forfait existe aussi dans cette spécialité, les techniciens en statistiques occupent généralement des emplois plus stables que les intervieweurs. En effet, comme cette spécialité exige plus de compétence, les employeurs leur offrent en général de meilleures conditions de travail pour pouvoir les garder à leur emploi. Dans les plus petites maisons de sondages, les techniciens en statistiques font parfois aussi des entrevues.

Avec la formation adéquate, l'expérience de technicien en statistiques permet d'accéder à des postes d'analyste et de spécialiste en échantillonnage (voir 2161, statisticiens).

Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent les connaissances techniques nécessaires. Les candidats doivent donc posséder de solides connaissances en mathématiques et en statistique et savoir utiliser des logiciels de traitement statistique et de présentation graphique. La connaissance des méthodes d'élaboration de questionnaires et d'établissement d'échantillons significatifs représente un atout et est parfois exigé. La rigueur, la minutie, l'esprit d'analyse et de synthèse et le sens de l'organisation sont les principales qualités recherchées.

Études et formation

Pour accéder à un poste d'intervieweur pour enquêtes, les employeurs exigent généralement un diplôme d'études secondaires (DES). Ils fournissent parfois une formation en cours d'emploi.

Pour les postes de techniciens en statistiques, le diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de recherche sociale représente un atout. Le collège de Rosemont de Montréal est le seul cégep public à offrir ce programme. Il est aussi offert par le collège Mérici à Québec et à Gatineau.

Considérations importantes

Même si la demande de sondages et enquêtes de toutes sortes est toujours en forte hausse, on prévoit que le nombre d'intervieweurs pour enquêtes et commis aux statistiques diminuera de façon notable au cours des prochaines années en raison de la réticence des particuliers à répondre aux enquêtes et sondages et en raison des nouvelles possibilités d'enquêtes et sondages qui s'offrent grâce à Internet.

La plupart des intervieweurs travaillent sur appel ou à forfait, souvent le soir et les week-ends.

Pour les techniciens en statistiques, le bassin de main-d'œuvre est surtout formé des finissants du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques de recherche sociale (anciennement technique de recherche, enquête et sondage). Leur situation sur le marché du travail varie grandement d'une année à l'autre.

1454 - Intervieweurs/intervieweuses pour enquêtes et commis aux statistiques
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 1454 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 3 600 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 60 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 -1,9 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 -70 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 100 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 30 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 1454 Ensemble des
professions
Hommes 44,0 % 52,7 %
Femmes 56,0 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 1454 Ensemble des
professions
15- 24 ans 25,1 % 14,1 %
25- 44 ans 38,5 % 45,1 %
45- 64 ans 34,5 % 38,8 %
65 ans et plus 1,9 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 1454 Ensemble des
professions
Plein temps 48,9 % 79,2 %
Temps partiel 51,1 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
1454 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 21,2 % 53,2 %
Moyen 34 385 45 157
0 à 19 999 $ 18,7 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 61,2 % 52,4 %
50 000 $ et plus 20,1 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
1454 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 7,8 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 23,6 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 46,9 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 21,7 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 1454 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,7 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 2,5 % 2,5 %
Capitale-Nationale 5,8 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 4,1 % 5,4 %
Estrie 5,3 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,3 % 2,9 %
Montérégie 12,2 % 18,7 %
Montréal 37,9 % 24,1 %
Laval 2,2 % 5,0 %
Lanaudière 2,6 % 5,8 %
Laurentides 6,2 % 7,0 %
Outaouais 7,3 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,8 % 1,8 %
Mauricie 3,6 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 3,3 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 2,1 % 1,7 %


1454 Ensemble des
professions
Travail autonome 2,2 % 11,2 %


1454 Ensemble des
professions
Immigration 17,3 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Administration publique 39,9 %
- fédérale 36,2 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 31,9 %
- autres services professionnels, scientifiques et techniques (y compris les études de marché et sondages d'opinion) 26,7 %
Fabrication 7,8 %
Services de soutien aux entreprises (y compris les centres d'appels téléphoniques) 7,6 %