Professionnels des services aux entreprises de gestion

1122 - Professionnels/professionnelles des services aux entreprises de gestion
Textes de la profession

Nature du travail

Les professionnels des services aux entreprises de gestion offrent leurs services à la direction dans des domaines tels que l'analyse organisationnelle, la gestion des méthodes ou des activités d'une organisation, afin de suggérer, de planifier et de mettre en place des améliorations ainsi que d'analyser les besoins en matière de commercialisation et d'élaborer des plans à cette fin.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions, il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Analyste de pratiques commerciales;
analyste en gestion;
analyste en organisation;
chef de publicité d'agence;
chercheur en organisation et en méthodes;
consultant principal en gestion des opérations;
consultant en analyse organisationnelle;
consultant en gestion des affaires;
consultant ISO;
spécialiste en promotion.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : juillet 2010)

A) Vue d'ensemble

Au cours des dernières années, le nombre de professionnels des services aux entreprises de gestion a augmenté fortement. Le développement de nouveaux concepts de gestion, la recherche d'une plus grande productivité dans un contexte de concurrence mondiale, les changements dans la structure des entreprises et dans les modes d'organisation du travail, les exigences croissantes en termes de qualité et la croissance de la sous-traitance expliquent en grande partie cette forte augmentation. Comme on s'attend à ce que ces tendances se maintiennent, la hausse du nombre de professionnels des services aux entreprises de gestion devrait demeurer forte au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes libérés par les professionnels des services aux entreprises de gestion qui prendront leur retraite ou qui obtiendront des promotions à des postes de gestion, mais aussi de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront entre autres accessibles aux personnes possédant une solide expérience dans un poste administratif lié à la gestion, jumelée à une formation pertinente (voir la section Formation). Par ailleurs, peu de débouchés seront pourvus par des professionnels des services aux entreprises de gestion en chômage, puisque le taux de chômage est très bas dans cette profession, même s'il a augmenté quelque peu depuis le début de la dernière récession. Finalement, on peut s'attendre à ce que d'autres débouchés soient pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences des employeurs, car la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 relativement importante selon les données du recensement (15 % par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions).

Industries

Selon les données du recensement, environ 43 % de ces professionnels travaillaient en 2006 dans les services professionnels, scientifiques et techniques, surtout dans les services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques (28 %) et, dans une moindre mesure, dans la conception de systèmes informatiques (5 %) et dans les services de publicité (3 %). Les autres se répartissaient dans un grand nombre d'industries.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 42 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (38 %). Environ 65 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion nettement plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %).

B) Tendances par spécialité

- Conseillers en gestion

Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer la tendance à la forte hausse de l'emploi dans cette spécialité. Tout d'abord, la mondialisation des marchés et les ententes sur le libre-échange accentuent la course des entreprises vers une plus grande productivité. Les gestionnaires disposent d'une palette très diversifiée pour améliorer la productivité de leur entreprise : implantation de changements technologiques, rationalisation, restructuration, réingénierie, fusion, amélioration continue, nouvelle organisation du travail, gestion totale de la qualité, implantation des normes ISO ou du Qualimètre, approvisionnement et livraison «juste-à-temps», etc. Plusieurs dirigeants d'entreprise sentent donc le besoin de faire appel à un expert qui sera en mesure d'étudier les besoins particuliers de leur entreprise, de dégager ses forces et ses faiblesses à tous les niveaux, et de lui recommander un plan d'intervention adapté.

Ensuite, de nouveaux concepts de gestion (orientation client, gestion de la croissance, planification stratégique, mise en valeur de la mission de l'entreprise, analyse de la valeur, gestion du changement, etc.) et de nouvelles approches dans l'organisation du travail (diminution du nombre de paliers hiérarchiques, équipes semi-autonomes, gestion participative, approche sociotechnique, fabrication modulaire, etc.) apparaissent sur le marché à un rythme effréné. Ces nouveautés sont parfois originales, mais ne sont dans certains cas que des présentations modifiées de concepts déjà connus. Le besoin de conseils externes s'en trouve accru pour pouvoir s'y retrouver et adopter les approches qui correspondent réellement aux besoins d'une entreprise donnée. Le besoin de conseils externes se reflète éloquemment dans les données de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada. En effet, la proportion des professionnels des services aux entreprises de gestion qui travaillent dans les services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques est passée d'entre 25 % à 30 % au début des années 1990 à plus de 60 % à la fin des années 2000.

Les nombreuses fusions et rationalisations font aussi augmenter les besoins de conseils en gestion. À cet égard, ces entreprises doivent planifier des interventions concrètes pour conserver la motivation de leur personnel et pour éviter de perdre leurs meilleurs employés.

Si plusieurs firmes de conseil en gestion ont fusionné, parfois avec des bureaux de comptables, pour pouvoir offrir une gamme plus variée de services au même client, on retrouve aussi des firmes ou des conseillers qui se spécialisent dans des créneaux bien précis. D'ailleurs, plus du quart (27%) des professionnels des services aux entreprises de gestion étaient des travailleurs autonomes en 2006, selon les données du recensement. Ces consultants peuvent décrocher eux-mêmes des contrats, ou travailler en sous-traitance pour une firme pour des travaux qui font appel à leurs compétences spécifiques.

Face à ce contexte, les employeurs recherchent des candidats qui possèdent de solides notions en gestion et qui suivent de près l'évolution des théories et pratiques en matière de gestion. Ils doivent aussi posséder un grand sens de l'organisation, un esprit créatif, une vision globale des fonctions d'une entreprise, et des aptitudes en analyse, en synthèse et en résolution de problèmes. Ils doivent être en mesure de travailler sous la pression de délais serrés et de démontrer un grand dynamisme et des aptitudes supérieures en communication. Les conseillers doivent pouvoir travailler à la fois de façon autonome et en équipe. Ils doivent aussi maîtriser parfaitement le français et l'anglais.

L'appartenance à l'Ordre des administrateurs agréés du Québec est un atout. Elle est obligatoire pour utiliser les titres d'administrateur agréé (Adm.A.) et de conseiller en management (CMC).

- Spécialistes en publicité

Le niveau d'activité des services de publicité dépend fortement de la croissance économique, de la popularité de la publicité conçue localement et du développement de nouveaux créneaux. La forte augmentation de l'emploi dans ce secteur au cours de la deuxième moitié des années 1990 s'explique d'ailleurs à la fois par la vigueur de la croissance économique et par la hausse de la proportion de la publicité conçue localement, beaucoup mieux adaptée aux caractéristiques des consommateurs québécois.

Le niveau moins élevé de la croissance économique ainsi que la recrudescence du nombre d'adaptations et de traductions de messages publicitaires conçus et même réalisés à l'étranger pourraient expliquer en grande partie la plus faible croissance des revenus et de l'emploi dans cette industrie depuis le tournant du siècle. En fait, le revenu d'exploitation de l'industrie québécoise de la publicité a même diminué d'environ 2 % en termes réels (en tenant compte de l'inflation) entre 2000 et 2009, selon les données de Enquête annuelle sur le secteur des services de publicité et des services connexes de Statistique Canada.

La publicité traditionnelle n'a connu qu'une légère croissance au Canada entre 2000 et 2008, avant de diminuer en 2009 en raison de la récession. Selon les données du Bureau de la publicité interactive du Canada, elle a augmenté légèrement à la télévision (selon d'autres sources, cette croissance serait concentrée dans la télévision spécialisée, stagnant dans la télévision généraliste) et à la radio entre 2000 et 2008 avant la baisse de 2009, mais a commencé à diminuer dès 2005 dans les quotidiens. Par contre, de nouveaux créneaux se sont ouverts graduellement à la publicité : placement de produits (utilisation d'un produit ou apparition d'une marque dans l'action d'un film ou d'une émission de télévision), affichage sur les immeubles, dans les ascenseurs et les toilettes des bars, affichage électronique aux points de vente et dans les endroits publics, percées dans les écoles et les hôpitaux, publicité invisible (où des acteurs vantent un produit ou un service dans des lieux publics), etc. Chacun de ces créneaux exige une approche particulière et vise une clientèle bien définie. La publicité sur Internet et dans les chaînes de télévision spécialisées permet par exemple de toucher des clientèles bien ciblées selon les sites qu'elles visitent et les émissions qu'elles écoutent.

Malgré des taux de croissance spectaculaires, la publicité sur Internet n'a longtemps représenté qu'une proportion négligeable du total des dépenses publicitaires au Canada. Ce n'est plus le cas. Toujours selon les données du Bureau de la publicité interactive du Canada, elle représentait en 2009 plus de 13 % de ce total. Les dépenses publicitaires sur Internet ont ainsi surpassé de 25 % celles consacrées à la radio, se sont approchées à seulement 10 % de celles destinées aux journaux quotidiens et ont atteint près de 60 % de celles transmises par la télévision. Comme la publicité sur Internet possède toujours un fort potentiel de croissance, on s'attend à ce que les dépenses qui y sont consacrées dépassent celles destinées aux journaux quotidiens en 2011 ou 2012.

Face à tous ces facteurs, on prévoit que l'emploi dans les services de publicité augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

Malgré ce bon niveau de croissance prévu, la concurrence demeurera très forte pour accéder aux débouchés de cette spécialité. Cela dit, il y aura toujours de la place pour des concepteurs de talent qui sauront se faire un nom dans l'industrie.

Les agences possèdent des bases de données de plus en plus sophistiquées pour évaluer les résultats de leurs campagnes publicitaires. Leurs clients exigent en effet que les agences leur démontrent clairement la relation entre une campagne publicitaire et des résultats de ventes concrets et immédiats. Ces banques de données permettent entre autres de prévoir le comportement de sous-groupes de consommateurs spécifiques face à une stratégie donnée.

Face à ce contexte, les employeurs recherchent des candidats qui possèdent une connaissance approfondie du comportement des consommateurs et une culture générale étendue. Les spécialistes de la publicité doivent avoir une vision stratégique de leurs interventions, faire preuve d'une grande créativité et être en mesure d'utiliser tous les outils, informatiques ou autres, pour analyser le marché et évaluer le pouls des consommateurs. Ils doivent savoir accepter les critiques constructives et posséder d'excellentes aptitudes à communiquer par écrit et de vive voix. Le bilinguisme est habituellement exigé.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut habituellement un diplôme universitaire en administration des affaires, en commerce ou en marketing.

Pour les conseillers en gestion, l'appartenance à l'Ordre des administrateurs agréés du Québec est obligatoire pour utiliser les titres d'administrateur agréé (Adm.A.) et de conseiller en management (CMC). Ces titres sont octroyés en fonction de la scolarité, de l'expérience et de la réussite d'examens.

Références utiles

Ordre des administrateurs agréés du Québec

Mouvement québécois de la qualité

Association des professionnels de la communication et du marketing (APCM)

Association des MBA du Québec

Association des agences de publicité du Québec (AAPQ)

Bureau de la publicité interactive du Canada (IAB Canada)

Considérations importantes

Pour les conseillers en gestion, le développement de nouveaux concepts de gestion, la recherche d'une plus grande productivité dans un contexte de concurrence mondiale, les changements dans la structure des entreprises et dans les modes d'organisation du travail, les exigences croissantes en termes de qualité et la croissance de la sous-traitance devraient entraîner l'ouverture d'un grand nombre de débouchés.

Pour les spécialistes en publicité, le marché est fortement concurrentiel, mais il y aura toujours de la place pour des concepteurs de talent qui sauront se faire un nom dans l'industrie et qui sont en mesure d'exploiter certains créneaux prometteurs.

1122 - Professionnels/professionnelles des services aux entreprises de gestion
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 1122 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 18 350 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 250 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 2,2 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 450 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 900 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 1 350 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 1122 Ensemble des
professions
Hommes 58,0 % 52,7 %
Femmes 42,0 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 1122 Ensemble des
professions
15- 24 ans 3,5 % 14,1 %
25- 44 ans 49,6 % 45,1 %
45- 64 ans 43,9 % 38,8 %
65 ans et plus 3,0 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 1122 Ensemble des
professions
Plein temps 86,1 % 79,2 %
Temps partiel 13,9 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
1122 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 63,6 % 53,2 %
Moyen 61 739 45 157
0 à 19 999 $ 7,8 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 30,7 % 52,4 %
50 000 $ et plus 61,5 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
1122 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 1,0 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 9,6 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 27,9 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 61,4 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 1122 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,6 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 0,9 % 2,5 %
Capitale-Nationale 10,1 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 3,1 % 5,4 %
Estrie 2,3 % 3,9 %
Centre-du-Québec 0,9 % 2,9 %
Montérégie 20,3 % 18,7 %
Montréal 36,1 % 24,1 %
Laval 5,1 % 5,0 %
Lanaudière 3,5 % 5,8 %
Laurentides 6,3 % 7,0 %
Outaouais 6,5 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,5 % 1,8 %
Mauricie 1,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,2 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,8 % 1,7 %


1122 Ensemble des
professions
Travail autonome 27,4 % 11,2 %


1122 Ensemble des
professions
Immigration 14,8 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Services professionnels, scientifiques et techniques 43,3 %
- services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques  28,1 %
- conception de systèmes informatiques et services connexes 4,6 %
- publicité et services connexes 3,4 %
Administration publique 12,5 %
Fabrication 8,0 %
Finance et assurances 6,1 %
Industrie de l'information et industrie culturelle 5,1 %