Directeurs de la production primaire (sauf l'agriculture)

0811 - Directeurs/directrices de la production primaire (sauf l'agriculture)
Textes de la profession

Nature du travail

Les directeurs de la production primaire (sauf l'agriculture) planifient, organisent, dirigent, contrôlent et évaluent les activités des établissements des industries primaires suivantes : foresterie et abattage des arbres, mines et carrières, forage du pétrole et du gaz, opérations d'entretien et de production et pêche commerciale.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Capitaine de terre - pêche;
directeur de carrière;
directeur de l'exploitation de champs de gaz naturel;
directeur de l'exploitation minière;
directeur de mine;
directeur des opérations de forage;
directeur des opérations de pêche;
directeur des opérations forestières;
directeur des services relatifs à l'extraction de pétrole.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables. Ce verdict est lié aux perspectives moyennes d'emploi des spécialités qui sont comprises dans cette profession. En fait, les perspectives d'emploi des directeurs de l'industrie minière sont bonnes et celles des directeurs des opérations forestières sont limitées.

(Mise à jour : juillet 2010)

Au cours des dernières années, le nombre de directeurs de la production primaire (sauf l'agriculture) est demeuré assez stable. L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend directement des tendances qui influencent les industries dans lesquelles ils travaillent. Étant donné qu'on prévoit une faible croissance dans le secteur de la forêt, mais une croissance plus forte dans le secteur minier, le nombre de directeurs de la production primaire (sauf l'agriculture) devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des besoins de remplacement des directeurs qui prendront leur retraite et, dans une moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi. L'expérience comme directeur de la production primaire (sauf l'agriculture) peut permettre d'accéder à des postes de cadres supérieurs.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés sont habituellement pourvus par des personnes possédant plusieurs années d'expérience de supervision dans l'industrie concernée.

Industries

Selon les données du recensement, les directeurs de la production primaire (sauf l'agriculture) travaillaient en 2006 non seulement dans les secteurs des mines (34 %) et de la forêt (28 %), mais aussi dans le secteur manufacturier (13 %), surtout dans la fabrication de produits en bois (6 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend des tendances qui influencent les secteurs des mines et de la forêt, mais aussi de tendances organisationnelles.

- Secteur de la forêt

L'évolution de l'emploi dans cette industrie dépend en premier lieu de la demande de matière ligneuse (arbres) et de la disponibilité des sources d'approvisionnement.

- Demande de matière ligneuse

La demande de matière ligneuse provient principalement des industries de la fabrication de produits en bois et de la fabrication du papier. L'industrie de la fabrication du papier a perdu beaucoup de terrain au cours des dernières années, tant face à la concurrence internationale qu'en raison de la baisse de demande de papier journal, surtout aux États-Unis. D'autre part, la demande de papier a au contraire augmenté de façon notable au cours de la même période. Une autre tendance plus récente est la hausse de la demande de papier dans les pays émergents, surtout en Chine et en Inde. Même s'il est un peu tôt pour conclure sur la durabilité et l'ampleur de cette hausse, le fait que la consommation de papier dans ces pays est encore beaucoup plus basse que dans les pays industrialisés permet d'y voir un nouveau débouché prometteur. Compte tenu de l'incertitude dans l'évolution de ces tendances, on s'attend à ce que la demande de matières ligneuses provenant de cette industrie ne diminue que légèrement au cours des prochaines années, soit à un rythme beaucoup moins rapide que par les années passées.

L'industrie de la fabrication de produits en bois a bénéficié fortement de la croissance des exportations aux États-Unis au cours des années 1990 et a pu maintenir et même augmenter sa production jusqu'en 2004 en raison de la vigueur de la construction résidentielle au Québec. Entre 2004 et 2009, la valeur réelle (après inflation) des exportations s'est effondrée (baisse de 70 %), tandis que celle des ventes domestiques a diminué de 30 %, pour une baisse combinée de la valeur de toutes les livraisons de 50 %. Compte tenu de ce niveau de production très faible en termes historiques et de la reprise économique attendue au Québec et aux États-Unis, la valeur des livraisons devrait repartir en faible hausse au cours des prochaines années.

Comme les effets de la diminution de la demande de matières ligneuses par l'industrie de la fabrication du papier devrait atténuer ceux de la hausse de la demande dans l'industrie de la fabrication de produits en bois, on s'attend à ce que cette demande n'avantage que légèrement la production et l'emploi dans le secteur de la forêt au cours des prochaines années.

- Disponibilité des sources d'approvisionnement

Les sources d'approvisionnement sont de plus en plus éloignées des usines de transformation. Malgré cela, les activités de récolte se sont maintenues à un niveau historiquement élevé jusqu'en 2004-2005, selon les données du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Face à cette apparente contradiction et aux pressions du public et des groupes environnementaux pour préserver les forêts et dénoncer le niveau trop élevé de la récolte par rapport aux possibilités de régénération des forêts, le gouvernement a mandaté la Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique pour étudier cette situation. Le rapport de la commission, communément appelé rapport Coulombe, a été déposé en décembre 2004 et a recommandé une diminution de la récolte de 10 % dans les forêts et même une réduction de 20 % des allocations de bois résineux aux exploitants de la forêt boréale.

À la fin de 2006, le forestier en chef, fonction créée à la suite des recommandations du rapport Coulombe, a rendu publics les résultats de ses premiers calculs de la possibilité forestière. Ses données indiquent une baisse de 22 % de la possibilité forestière pour les années 2008 à 2013 par rapport à celle établie pour la période 2000-2008, soit une baisse un peu plus élevée que ne l'évaluait le rapport Coulombe. Le niveau de cette baisse varie toutefois énormément d'une région à l'autre.

En fait, la diminution de la demande de matières ligneuses a entraîné une baisse encore plus forte de la récolte que ce que recommandait le forestier en chef. En effet, le volume de récolte a diminué de plus de 45 % entre son niveau de 2004-2005 et celui de 2008-2009. Compte tenu de ce niveau de récolte très bas en termes historiques, il sera possible de satisfaire la légère hausse de la demande de matières ligneuses.

- Conclusion sur le secteur de la forêt

Compte tenu de la légère hausse de la demande de matières ligneuses, le nombre d'emplois dans l'industrie de la forêt devait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

- Secteur minier

Après avoir diminué de moitié au cours des années 1990, le nombre d'emplois dans le secteur minier a augmenté d'au moins 25 % entre 2001 et 2008, avant de replier d'au moins 10 % en 2009 en raison de la récession. Ces mouvements s'expliquent en premier lieu par l'évolution du prix des matières premières.

La baisse du prix des matières premières au début des années 1990 a incité les entreprises à ralentir la production des mines existantes et à diminuer de façon importante leurs investissements en exploration. Depuis le début des années 2000, la demande mondiale de matières premières a connu une croissance remarquable. Cette demande provient entre autres de la Chine qui a de plus en plus besoin de matières premières pour soutenir la croissance effrénée de son secteur manufacturier. La hausse de cette demande a entraîné une forte augmentation du prix des matières premières, avantageant l'emploi dans le secteur minier. Cela explique bien sûr en grande partie la reprise de l'emploi dans ce secteur.

L'ampleur de cette croissance de l'emploi dans le secteur minier a toutefois été atténuée par la faiblesse des dépenses d'exploration et de mise en valeur au cours des années 1990. Si la valeur de ces dépenses a quadruplé entre 2000 et 2007, il peut par contre s'écouler plusieurs années entre le début d'une exploration et la mise en activité d'une mine. D'ailleurs, la forte croissance de la valeur réelle (après inflation ) des livraisons entre 2003 et 2009 (près de 60 %) n'est due qu'à l'augmentation des prix, le volume de production ayant continué à diminuer.

En raison de la baisse du prix des métaux due à la récession, l'activité minière a ralenti en 2008 et 2009. Ce ralentissement devrait être bien temporaire. Notons que, contrairement au prix des autres métaux, celui de l'or n'a jamais faibli, continuant même à augmenter puisque l'or sert souvent de valeur refuge en période de récession. Son prix devrait continuer à augmenter après la récession, car beaucoup de pays qui possèdent d'importantes réserves de dollars américains, dont la Chine, continueront à accumuler d'importantes quantités d'or pour diversifier leurs réserves, craignant une baisse à moyen et long terme de la valeur du dollar américain. En outre, la hausse des dépenses d'exploration et de mise en valeur au cours des toutes dernières années commencera à produire ses effets au cours de notre période de prévision (2010-2014). C'est pourquoi on prévoit que l'emploi dans le secteur minier augmentera de façon notable au cours des prochaines années.

- Tendances organisationnelles

Malgré les soubresauts de l'emploi dans ces deux industries, le nombre de directeurs de la production primaire (sauf l'agriculture) est demeuré assez stable au cours des dernières années. Ce phénomène s'explique assez bien. En effet, les directeurs sont souvent parmi les derniers à perdre leur poste en période de décroissance. À l'inverse, une période de croissance de l'emploi se traduit en bonne partie par une augmentation du nombre d'employés sous la responsabilité de ces directeurs.

- Conclusion

Étant donné qu'on prévoit une faible croissance dans le secteur de la forêt, mais une croissance plus forte dans le secteur minier, le nombre de directeurs de la production primaire (sauf l'agriculture) devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient à peine 6 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère baisse depuis 1991 (7 %). Environ 69 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). On y trouvait en 2006 une proportion beaucoup plus élevée de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (24 % par rapport à 11 %).

Exigences

Les directeurs de la production primaire doivent planifier les opérations de façon à pouvoir réagir promptement à toute modification au marché spécifique de leur secteur d'activité, faire respecter les règlements qui s'appliquent à ce secteur et accorder beaucoup d'importance au respect des consignes de santé et sécurité au travail.

Les employeurs recherchent des candidats qui connaissent bien le marché, la machinerie et les opérations de leur secteur d'activité. Les candidats doivent en plus posséder des capacités en gestion (budget, ressources humaines, contrôle des activités, etc.), en organisation du travail et en communication, des aptitudes en planification, en négociation, en analyse et en résolution de problèmes, et avoir de la facilité à établir des relations interpersonnelles harmonieuses. Ils doivent aussi démontrer des qualités de leadership.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, un baccalauréat ou un diplôme d'études collégiales techniques est habituellement requis. Il faut être titulaire d'un diplôme en génie ou technique forestier pour devenir directeur d'exploitation forestière, d'un diplôme en génie minier ou en sciences de la terre, pour les directeurs d'exploitation de mines et de carrières, et d'un diplôme en géologie, en sciences de la terre ou en génie pétrolier, pour les directeurs d'exploitation pétrolière et gazière. De façon générale, plusieurs années d'expérience dans un poste de supervision sont aussi requises.

Références utiles

Association minière du Québec

Ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Les forêts - Ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Industrie Canada, Strategis

Commission d'étude sur la gestion de la forêt publique

Bureau du Forestier en chef

Considérations importantes

Étant donné qu'on prévoit une faible croissance dans le secteur de la forêt, mais une croissance plus forte dans le secteur minier, le nombre de directeurs de la production primaire (sauf l'agriculture) devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années.

Les débouchés sont habituellement pourvus par des personnes possédant plusieurs années d'expérience de supervision dans l'industrie concernée.

0811 - Directeurs/directrices de la production primaire (sauf l'agriculture)
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 0811 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 1 150 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 15 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,0 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 10 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 40 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 50 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 0811 Ensemble des
professions
Hommes 93,8 % 52,7 %
Femmes 6,3 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 0811 Ensemble des
professions
15- 24 ans 2,6 % 14,1 %
25- 44 ans 32,6 % 45,1 %
45- 64 ans 60,1 % 38,8 %
65 ans et plus 4,7 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 0811 Ensemble des
professions
Plein temps 91,0 % 79,2 %
Temps partiel 9,0 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
0811 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 68,2 % 53,2 %
Moyen 80 963 45 157
0 à 19 999 $ 8,1 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 22,8 % 52,4 %
50 000 $ et plus 69,1 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
0811 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 18,3 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 14,1 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 40,3 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 27,2 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 0811 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 4,6 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 8,2 % 2,5 %
Capitale-Nationale 6,2 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 8,2 % 5,4 %
Estrie 2,6 % 3,9 %
Centre-du-Québec 3,1 % 2,9 %
Montérégie 13,3 % 18,7 %
Montréal 4,1 % 24,1 %
Laval 0,0 % 5,0 %
Lanaudière 1,5 % 5,8 %
Laurentides 12,3 % 7,0 %
Outaouais 3,1 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 12,8 % 1,8 %
Mauricie 1,5 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 10,8 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 7,7 % 1,7 %


0811 Ensemble des
professions
Travail autonome 24,2 % 11,2 %


0811 Ensemble des
professions
Immigration 2,6 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Extraction minière et extraction de pétrole et de gaz 34,0 %
- extraction minière, sauf l'extraction de pétrole et de gaz 27,2 %
- activités de soutien à l'extraction minière et à l'extraction de pétrole et de gaz 4,7 %
Foresterie et exploitation forestière 27,7 %
Fabrication 12,6 %
- fabrication de produits en bois 6,3 %
Activités de soutien à la foresterie 5,9 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 5,8 %
Construction 4,7 %