Constructeurs et rénovateurs en construction domiciliaire

0712 - Constructeurs/constructrices et rénovateurs/rénovatrices en construction domiciliaire
Textes de la profession

Nature du travail

Les constructeurs en construction domiciliaire possèdent, dirigent et gèrent des entreprises de construction de nouvelles maisons. Les rénovateurs en construction domiciliaire possèdent, dirigent et gèrent des entreprises de rénovation de maisons existantes.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Constructeur de résidences;
entrepreneur de résidences;
entrepreneur en rénovation résidentielle;
entrepreneur en rénovation domiciliaire;
rénovateur de résidences.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : juillet 2010)

Après être demeuré assez stable au cours des années 1990, le nombre de constructeurs et rénovateurs en construction domiciliaire a augmenté fortement par la suite. Compte tenu de la tendance à la sous-traitance dans la construction et du niveau de croissance prévu dans la rénovation, mais aussi de la décroissance prévue dans la construction résidentielle, leur nombre devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années, mais à un rythme moins rapide qu'au cours des 10 dernières années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les constructeurs et rénovateurs qui seront assez nombreux à prendre leur retraite, mais aussi en raison de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles à des contremaîtres et parfois à des ouvriers qui ont une vaste expérience dans la rénovation ou dans la construction résidentielle, et qui sont prêts à créer leur propre entreprise. Cela dit, les diplômes les plus pertinents pour compléter cette expérience sont les diplômes d'études professionnelles (DEP) du secteur de la construction et le diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie du génie civil.

Industries

Selon les données du recensement, environ 91 % des constructeurs et rénovateurs travaillaient en 2006 dans la construction, surtout dans la construction résidentielle (79 %), mais aussi dans celle des entrepreneurs spécialisés (9 %).

Tendances

Le niveau d'emploi des constructeurs et rénovateurs en construction domiciliaire est intimement lié aux tendances de la construction et de la rénovation résidentielles.

- Construction résidentielle

Après avoir atteint son niveau le plus bas en 1995, l'activité dans la construction résidentielle a crû très fortement jusqu'en 2004. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise :

  • taux d'intérêt peu élevés;
  • forte création d'emplois;
  • baisse des taxes et des impôts;
  • niveau très peu élevé du taux d'inoccupation des logements locatifs;
  • amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;
  • solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants) élevé depuis 2003.

En conséquence, le nombre d'heures travaillées dans le secteur de la construction résidentielle réglementée a presque quadruplé (augmentation de près de 270 %) entre 1995 et 2004, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Un tel niveau de croissance ne pouvait vraisemblablement pas se maintenir. Selon les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), le nombre de mises en chantier a d'ailleurs diminué de 25 % entre son sommet de 2004 et 2009. Malgré cette baisse importante, le nombre de mises en chantier était encore en 2009 deux fois plus élevé qu'en 1995. Face à ce niveau encore élevé en termes historiques, il serait présomptueux de s'attendre à une croissance au cours des prochaines années.

Certains facteurs permettent de croire que le niveau d'activité devrait demeurer nettement plus élevé qu'au milieu des années 1990, notamment :

  • le taux d'inoccupation des logements locatifs encore faible, même s'il est en hausse;
  • l'arrivée des enfants des «babyboomers», qu'on appelle l'écho du boom, à l'âge où on achète normalement sa première maison;
  • les politiques gouvernementales favorisant l'augmentation de l'immigration.

Ces facteurs ne devraient toutefois pas être suffisants pour maintenir le niveau d'activité à son sommet atteint en 2008. D'ailleurs, le nombre d'heures travaillées dans le secteur de la construction résidentielle réglementée a diminué 3 % en 2009, ce qui représente la plus forte baisse depuis 1994. En outre, les prévisionnistes de la SCHL considèrent que la grande majorité des gens qui ont retardé leur premier achat de maison dans les années 1990 et des jeunes qui ont retardé leur départ du domicile familial (ce que la SCHL appelle la «demande refoulée») l'ont maintenant fait. En plus, comme on peut s'attendre à une hausse des taux d'intérêt, maintenus à un plancher historique en raison de la récession de 2009, les ménages devraient se montrer plus prudents dans leurs intentions d'achat.

Face à ces facteurs, on prévoit que l'emploi dans ce secteur diminuera au cours des prochaines années.

- Rénovation

Les perspectives sont nettement meilleures du côté de la rénovation. Les dépenses réelles (après inflation) en rénovation ont en effet augmenté en moyenne de 8 % par année entre 1998 et 2009. Cette forte croissance s'explique en premier lieu par l'augmentation importante du taux d'accessibilité à la propriété, mais aussi par la vigueur du marché immobilier et l'âge moyen assez élevé du parc immobilier. Si la création d'incitatifs fiscaux à la rénovation a contribué à ce que les dépenses réelles (après inflation) en rénovation continuent à augmenter en 2009 malgré la récession, cette hausse montre aussi l'importance de ces facteurs. Ceux-ci devraient d'ailleurs contribuer à ce que ces dépenses continuent à augmenter au cours des prochaines années, malgré la disparition des incitatifs fiscaux à la rénovation.

En conséquence, on estime que l'emploi dans la rénovation continuera à augmenter au cours des prochaines, mais à un rythme nettement moins élevé qu'auparavant.

- Autres facteurs

Par ailleurs, l'évolution de l'emploi dans cette profession ne suit pas directement les tendances de la construction et la rénovation résidentielles. Tout d'abord, cette profession est moins touchée que les autres professions de la construction par les soubresauts que connaissent ces industries. En effet, comme cette profession est formée en grande majorité de travailleurs autonomes (75 % par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement de 2006), une grande partie des conséquences des variations de la demande se reflète sur le revenu de ces travailleurs plutôt que sur le nombre d'emplois. D'ailleurs, leur revenu annuel d'emploi a diminué fortement entre 1990 et 1995, période très négative dans la construction résidentielle, tandis qu'il a augmenté de façon importante entre 1995 et 2000, période de reprise dans cette industrie, selon les données des recensements.

En plus, la forte concurrence dans la construction et la rénovation domiciliaires porte les gros entrepreneurs à sous-traiter une bonne partie des travaux, souvent à de petites entreprises ou à des travailleurs autonomes. Cette tendance favorise la croissance du nombre de constructeurs et rénovateurs en construction domiciliaire par rapport aux autres professions de la construction.

Compte tenu du maintien de cette tendance et de la croissance prévue dans la rénovation, mais aussi de la décroissance prévue dans la construction résidentielle, leur nombre devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années, mais à un rythme moins rapide qu'au cours des 10 dernières années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient à peine 3 % des postes dans cette profession en 2006, proportion stable depuis 1991 (3 %). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (35 913 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 44 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 22 567 $.

Exigences

Pour accéder à cette profession, les candidats doivent posséder des connaissances et aptitudes en gestion : techniques d'estimation, comptabilité, planification, contrôle des approvisionnements, négociation de contrats, gérance de projets et de chantiers et gestion des ressources humaines. La connaissance des outils informatiques adaptés à la construction représente un atout appréciable, surtout pour la gestion comptable et pour le calcul des coûts lors du dépôt de soumissions. L'esprit d'entrepreneurship est bien sûr essentiel dans cette profession.

Études et formation

Même s'il est toujours possible d'accéder à cette profession sans formation scolaire, le diplôme d'études postsecondaires est de plus en plus exigé. En effet, la proportion de titulaires d'un tel diplôme est passée de 43 % en 1991 à 60 % en 2006. Cela dit, une vaste expérience dans ce secteur, comme ouvrier ou contremaître, demeure toujours essentielle.

Cela dit, les diplômes les plus pertinents pour compléter cette expérience sont les diplômes d'études professionnelles (DEP) du secteur de la construction et le diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie du génie civil.

Références utiles

Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec

Association des entrepreneurs en construction du Québec

Commission de la construction du Québec

Considérations importantes

La forte concurrence dans ce secteur porte les gros entrepreneurs à sous-traiter une bonne partie des travaux, souvent à de petites entreprises ou à des travailleurs autonomes. Cette tendance favorise la croissance du nombre de constructeurs et rénovateurs en construction domiciliaire par rapport aux autres travailleurs de la construction. Compte tenu du maintien de cette tendance et du bon niveau de croissance prévu dans la rénovation, mais aussi de la décroissance prévue dans la construction résidentielle, leur nombre devrait augmenter de façon notable au cours des prochaines années, mais à un rythme moins rapide qu'au cours des 10 dernières années.

Les débouchés seront accessibles à des contremaîtres et parfois à des ouvriers qui ont une vaste expérience dans ce secteur et qui sont prêts à créer leur propre entreprise.

0712 - Constructeurs/constructrices et rénovateurs/rénovatrices en construction domiciliaire
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 0712 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 19 550 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 25 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 1,3 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 250 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 750 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 1 000 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 0712 Ensemble des
professions
Hommes 97,0 % 52,7 %
Femmes 3,0 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 0712 Ensemble des
professions
15- 24 ans 3,7 % 14,1 %
25- 44 ans 45,4 % 45,1 %
45- 64 ans 47,7 % 38,8 %
65 ans et plus 3,3 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 0712 Ensemble des
professions
Plein temps 83,7 % 79,2 %
Temps partiel 16,3 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
0712 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 44,1 % 53,2 %
Moyen 35 913 45 157
0 à 19 999 $ 31,9 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 45,8 % 52,4 %
50 000 $ et plus 22,3 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
0712 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 18,7 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 21,6 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 51,6 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 8,2 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 0712 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 1,5 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,7 % 2,5 %
Capitale-Nationale 5,2 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 3,0 % 5,4 %
Estrie 3,9 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,6 % 2,9 %
Montérégie 23,1 % 18,7 %
Montréal 25,6 % 24,1 %
Laval 5,9 % 5,0 %
Lanaudière 6,3 % 5,8 %
Laurentides 11,5 % 7,0 %
Outaouais 5,5 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 0,4 % 1,8 %
Mauricie 2,0 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 1,1 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 0,7 % 1,7 %


0712 Ensemble des
professions
Travail autonome 74,8 % 11,2 %


0712 Ensemble des
professions
Immigration 14,4 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Construction 90,8 %
- construction résidentielle 78,8 %
- entrepreneurs spécialisés 9,4 %
Services administratifs et services de soutien 3,8 %