Directeurs de la construction

0711 - Directeurs/directrices de la construction
Textes de la profession

Nature du travail

Les directeurs de la construction planifient, organisent, dirigent, contrôlent et évaluent les activités des entreprises de construction ou des divisions opérationnelles de ces compagnies, sous la direction d'un directeur général ou d'un autre cadre supérieur.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

Directeur de la construction;
directeur de la construction d'immeubles commerciaux;
directeur de la construction d'immeubles industriels;
directeur de la construction d'immeubles résidentiels;
directeur de la construction d'oléoducs;
directeur de la construction domiciliaire;
directeur de projets de construction;
entrepreneur général;
surintendant de travaux de construction.

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : juillet 2010)

Au cours des dernières années, le nombre de directeurs de la construction a augmenté de façon notable. Les tendances dans cette profession sont intimement liées à celles de l'industrie de la construction. Compte tenu de ces tendances, on prévoit que le nombre de directeurs de la construction augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les directeurs qui seront nombreux à prendre leur retraite, par ceux qui obtiendront des promotions à des postes de cadres supérieurs de la construction et, dans une bien moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles à des contremaîtres et parfois à des ouvriers qui ont une vaste expérience dans ce secteur, tant pour les emplois salariés que pour s'établir à leur compte.

Industries

Selon les données du recensement, environ 71 % de ces directeurs travaillaient en 2006 dans la construction, en premier lieu dans la construction résidentielle (26 %) et non résidentielle (19 %), mais aussi chez les entrepreneurs spécialisés (19 %). On en retrouvait également en nombre significatif dans l'architecture, le génie et les services connexes (7 %) et dans le secteur manufacturier (4 %).

Tendances

Les tendances dans cette profession sont intimement liées à celles de l'industrie de la construction.

Après une période de déclin qui s'est poursuivie jusqu'en 1998, l'emploi dans le secteur de la construction a connu une reprise vigoureuse qui a permis d'atteindre en 2008 un sommet historique. De nombreux facteurs se sont conjugués pour expliquer cette reprise, notamment :

  • des taux d'intérêt peu élevés;
  • une croissance importante des investissements privés et publics;
  • une création d'emplois soutenue;
  • quelques baisses de taxes et d'impôts;
  • l'amélioration du marché du travail des jeunes qui en a incité davantage à quitter le foyer parental;
  • le niveau élevé du solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants).

Ces facteurs ont permis une augmentation de plus de 60 % de l'emploi dans la construction entre 1998 et 2008. Si l'emploi s'est maintenu en 2009 malgré la récession, c'est en grande partie en raison de la forte augmentation des investissements publics et de la création de programmes d'incitation à la rénovation, deux mesures découlant des plans de relance gouvernementaux.

Dans le secteur de la construction réglementée, le nombre d'heures travaillées a augmenté de près de 90 % entre 1998 et 2008, avant de diminuer de 3 % en 2009, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Au cours des prochaines années, la reprise économique devrait permettre une croissance de l'emploi dans la plupart des secteurs de la construction, le secteur résidentiel étant le seul qui devrait perdre du terrain en raison de la baisse du nombre de mises en chantier. L'emploi dans la construction devrait augmenter de façon notable au cours de notre période de prévision (2010-2014), mais à un rythme moins rapide que lors des 10 années qui ont précédé la récession de 2009. La situation sera fort différente selon les secteurs de la construction.

Le secteur de la construction institutionnelle et commerciale fournit près de la moitié des heures travaillées dans la construction réglementée et évolue en général au même rythme que l'ensemble du secteur. Avec de nombreux projets gouvernementaux, la construction institutionnelle devrait connaître une bonne croissance à l'avenir. Le secteur commercial, qui a subi durement les effets de la dernière récession, devrait rebondir. Au total, l'emploi dans le secteur de la construction institutionnelle et commerciale devrait continuer à augmenter au même rythme que l'ensemble du secteur de la construction au cours des prochaines années.

Fournissant en 2009 un peu plus de 20 % des heures travaillées, le secteur de la construction résidentielle réglementée est le secteur qui a le plus bénéficié de la croissance observée entre 1998 à 2008, avec une croissance de 170 % des heures travaillées. Un tel niveau d'activité ne pouvait pas se maintenir. Ce secteur a d'ailleurs connu un léger recul en 2009. D'ailleurs, le nombre de mises en chantier a diminué de plus de 25 % entre son sommet de 2004 et 2009, et devrait continuer à diminuer, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement. En conséquence, on s'attend à ce que l'emploi dans ce secteur diminue légèrement au cours des prochaines années.

Avec plus de 20 % des heures travaillées en 2009, une première depuis 1998, le secteur du génie civil et de la voirie est celui qui présente les meilleures perspectives, surtout en raison des investissements dans les infrastructures gouvernementales (routes, égouts, aqueduc, etc.), de la construction d'éoliennes et des investissements en construction et en entretien d'Hydro-Québec. Le niveau de ces investissements, déjà élevé en termes historiques en raison des programmes de relance gouvernementaux mis sur pied pour combattre la récession, devrait continuer à croître. On estime donc que l'emploi y augmentera fortement.

Le secteur de la construction industrielle, avec moins de 8 % des heures travaillées en 2009, un niveau plancher depuis 1994, subit depuis plusieurs années les effets de la baisse de l'activité dans le secteur manufacturier. Cela dit, les investissements en hausse dans le secteur des mines et les effets de la reprise après la récession pourraient permettre une certaine augmentation du nombre d'emplois dans le secteur de la construction industrielle au cours des prochaines années.

Le secteur non réglementé de la rénovation a bénéficié d'une forte croissance au cours des dernières années, en grande partie en raison de l'augmentation très nette du taux d'accessibilité à la propriété au Québec. Les dépenses réelles (après inflation) en rénovation ont en effet augmenté en moyenne de 8 % par année entre 1998 et 2009. Malgré le niveau très élevé de ces dépenses en termes historiques, la vigueur du marché immobilier, l'augmentation prévue du taux d'accessibilité à la propriété et l'âge moyen assez élevé du parc immobilier devraient permettre une certaine croissance de l'emploi dans la rénovation au cours des prochaines années.

- Autres facteurs

L'évolution de l'emploi dans cette profession ne dépend pas uniquement des tendances de l'industrie de la construction. Tout d'abord, cette profession est moins touchée que les autres professions de la construction par les soubresauts que connaît cette industrie. En effet, les directeurs salariés sont souvent parmi les derniers à perdre leur poste en période de décroissance. À l'inverse, on augmentera le nombre de travailleurs sous leur responsabilité avant de procéder à de nouvelles embauches en période de croissance. De même, les travailleurs autonomes de cette profession, qui sont relativement nombreux (29% par rapport à 11 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement de 2006), accepteront des baisses de revenu en période de décroissance avant d'abandonner leur emploi.

Si ces directeurs ont été moins touchés par la récession, ils bénéficieront moins de la reprise. En conséquence, l'emploi dans cette profession devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années, soit à un rythme un peu moins élevé que l'emploi dans la construction.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 9 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en hausse notable depuis 1991 (5 %). La donnée sur le revenu annuel d'emploi (61 651 $) présentée dans la section «Caractéristiques» des «Statistiques» ne concerne que les 58 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2005. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année s'élevait plutôt à 41 690 $.

Exigences

Pour accéder à cette profession, comme salarié ou comme travailleur autonome, les candidats doivent posséder des connaissances et aptitudes en gestion : techniques d'estimation, comptabilité, planification, contrôle des approvisionnements, négociation de contrats, gérance de projets et de chantiers et gestion des ressources humaines. La connaissance des outils informatiques adaptés à la construction représente un atout appréciable, surtout pour la gestion comptable et pour le calcul des coûts lors du dépôt de soumissions.

Études et formation

Même s'il est toujours possible d'accéder à cette profession sans formation scolaire, le diplôme d'études postsecondaires est de plus en plus exigé. En effet, la proportion de titulaires d'un tel diplôme est passée de 57 % en 1991 à 73 % en 2006. Cela dit, une vaste expérience dans ce secteur, comme ouvrier ou contremaître, demeure toujours essentielle.

Les diplômes les plus pertinents et les plus exigés pour compléter cette expérience sont le diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie du génie civil et le diplôme d'études universitaires en génie civil.

Références utiles

Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec

Association des entrepreneurs en construction du Québec

Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec

Commission de la construction du Québec (CCQ)

Considérations importantes

On prévoit que le nombre de directeurs de la construction augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Cette profession est accessible à des contremaîtres et parfois à des ouvriers qui ont une vaste expérience dans ce secteur, tant pour les emplois salariés que pour s'établir à leur compte. Les programmes de formation collégiale (DEC) et universitaires dans le domaine du génie civil représentent un atout.

0711 - Directeurs/directrices de la construction
Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail 0711 Ensemble des
professions
Emploi, moyenne 2007- 2009 11 200 3 859 200
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 250 168 350
Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 0,8 % 0,9 %
Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 90 36 650
Érosion annuelle de 2010 à 2014 450 122 850
Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 540 159 500


Répartition de l'emploi selon le sexe 0711 Ensemble des
professions
Hommes 91,2 % 52,7 %
Femmes 8,8 % 47,3 %


Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge 0711 Ensemble des
professions
15- 24 ans 4,1 % 14,1 %
25- 44 ans 46,3 % 45,1 %
45- 64 ans 46,9 % 38,8 %
65 ans et plus 2,7 % 2,0 %


Répartition de l'emploi selon le statut 0711 Ensemble des
professions
Plein temps 94,6 % 79,2 %
Temps partiel 5,4 % 20,8 %


Revenu d'emploi annuel moyen
(à temps plein et à l'année)
0711 Ensemble des
professions
À temps plein et à l'année 57,9 % 53,2 %
Moyen 61 651 45 157
0 à 19 999 $ 8,5 % 16,5 %
20 000 $ à 49 999 $ 31,8 % 52,4 %
50 000 $ et plus 59,6 % 31,1 %


Répartition de l'emploi selon le plus
haut niveau de scolarité atteint
0711 Ensemble des
professions
Moins d'un DES 9,7 % 14,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 17,1 % 21,9 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 52,6 % 43,1 %
Baccalauréat et plus 20,5 % 20,9 %


Répartition de l'emploi selon la région 0711 Ensemble des
professions
Gaspésie-îles-de-la-Madeleine 0,8 % 1,1 %
Bas-St-Laurent 1,8 % 2,5 %
Capitale-Nationale 7,8 % 9,1 %
Chaudière-Appalaches 5,1 % 5,4 %
Estrie 3,5 % 3,9 %
Centre-du-Québec 2,2 % 2,9 %
Montérégie 18,7 % 18,7 %
Montréal 21,4 % 24,1 %
Laval 6,8 % 5,0 %
Lanaudière 6,2 % 5,8 %
Laurentides 11,1 % 7,0 %
Outaouais 6,4 % 4,7 %
Abitibi-Témiscamingue 1,3 % 1,8 %
Mauricie 2,8 % 3,1 %
Saguenay-Lac-St-Jean 3,2 % 3,3 %
Côte-Nord-Nord du Québec 1,1 % 1,7 %


0711 Ensemble des
professions
Travail autonome 28,7 % 11,2 %


0711 Ensemble des
professions
Immigration 10,0 % 12,2 %


Principaux secteurs d'emploi Pourcentage
Construction 71,1 %
Architecture, génie et services connexes 7,3 %
Fabrication 4,0 %