Directeurs - commerce de détail
0621 - Directeurs/directrices - commerce de détail
Textes de la profession
Nature du travail
Les directeurs du commerce de détail planifient, organisent, dirigent, contrôlent et évaluent les activités des établissements qui vendent des produits ou des services au détail.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Antiquaire;
directeur adjoint - commerce de détail;
directeur d'agence de voyage;
directeur de concession d'automobiles;
gérant de boutique de vêtements;
gérant de commerce de détail;
gérant de grand magasin;
gérant de librairie;
gérant de magasin d'articles de sports;
gérant de magasin de variétés;
gérant de station-service;
gérant de supermarché;
marchand de bateaux de plaisance.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.
(Mise à jour : juillet 2010)
A) Vue d'ensemble
Au cours des dernières années, le nombre de directeurs de la vente au détail a diminué légèrement. Cette baisse est essentiellement due à l'ouverture de nombreux grands magasins (magasins à grande surface) qui a entraîné la fermeture de commerces à petite et moyenne surface. Étant donné que la croissance des magasins à grande surface devrait se poursuivre à un rythme moins rapide qu'au cours des dernières années, mais que la croissance de l'emploi dans le commerce de détail devrait être moins forte qu'avant, on prévoit que le nombre de directeurs de la vente au détail continuera à diminuer légèrement au cours des prochaines années.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront des postes libérés par les directeurs de magasins de moyennes et grandes surfaces qui prendront leur retraite, et du fort taux de roulement des propriétaires et gérants de petits commerces.
Bassin de main-d'œuvre
Le bassin de main- d'œuvre pour cette profession est assez vaste. Il est composé en premier lieu de personnes qui possèdent une solide expérience dans le commerce de détail, par exemple à des postes de vendeurs (voir 6421) ou de superviseurs de la vente au détail (voir 6211). Peu de débouchés seront pourvus par des directeurs expérimentés en chômage, car le taux de chômage est relativement faible dans cette profession. Par ailleurs, cette profession accueille régulièrement des personnes qui détiennent l'épargne nécessaire à l'ouverture d'un commerce, sans qu'elles possèdent d'expérience spécifique. Il peut par exemple s'agir d'immigrants, qui sont relativement nombreux dans cette profession (14 % des emplois en 2006, par rapport à 12 % dans l'ensemble des professions, selon les données du recensement). Même si certains programmes de formation favorisent l'accès dans cette profession, surtout pour les postes salariés dans les magasins de moyennes et grandes surfaces, ils ne sont pas toujours essentiels. D'ailleurs, selon les données du recensement, à peine 54 % des membres de cette profession étaient titulaires d'un diplôme postsecondaire en 2006.
L'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport a diffusé jusqu'à maintenant les résultats de la situation sur le marché du travail des cinq premières cohortes de titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en gestion de commerces. Ces résultats sont mitigés. D'une part, à peine un peu plus du tiers des débutants ont obtenu leur diplôme trois ans plus tard. D'autre part, si le taux de chômage de ces diplômés était très faible, moins de la moitié étaient en emploi, la majorité de ces diplômés ayant choisi de poursuivre leurs études. Un grand nombre de diplômés semblent donc se servir davantage de ce DEC comme passerelle pour étudier en gestion à l'université que comme un programme pour accéder directement au marché du travail. En outre une forte proportion (entre 25 % et 40 %, selon l'année) des diplômés en emploi ne travaillaient pas dans un poste lié à leur domaine de formation.
En plus, les données sur les professions des emplois occupés par ces diplômés nous montrent que seule une faible minorité d'entre eux (moins de 10 % des diplômés en emploi 2006 à 2009) avaient accédé à des postes de gestion (la présente profession), de supervision (6211) ou d'acheteurs (6233), professions visées par ce programme. Cela démontre que l'expérience dans le commerce de détail joue un rôle important pour accéder à cette profession et que la formation ne peut pas la remplacer complètement.
Industries
Selon les données du recensement, environ 81 % des directeurs de la vente au détail travaillaient en 2006 dans le commerce de détail. On en retrouvait aussi en nombre significatif dans la réparation et l'entretien de véhicules automobiles (5 %) et dans le commerce de gros (3 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend beaucoup des tendances qui influencent le commerce de détail et, par le fait même, du niveau des dépenses de consommation et des tendances de consommation.
- Dépenses de consommation
La croissance des dépenses des consommateurs fut relativement élevée de 1996 à 2008, si ce n'est un très léger ralentissement en 2001, avant de disparaître presque complètement en 2009. Les mouvements des 15 dernières années s'expliquent par une foule de facteurs.
Les dépenses des consommateurs ont crû assez rapidement à partir de 1996, influencées par l'amélioration généralisée de la situation économique, la hausse du revenu personnel stimulé par la baisse du fardeau fiscal et la croissance de l'emploi et des salaires, la faiblesse des taux d'intérêt réels et la baisse du taux d'épargne. Avec l'entrée en récession à partir du dernier trimestre de 2008, les dépenses de consommation ont diminué jusqu'au milieu de 2009 avant de repartir en hausse et de se retrouver à la fin de 2009 à un niveau nettement plus élevé qu'avant la récession.
Cette sortie relativement rapide de la récession laisse entrevoir un niveau de croissance intéressant des dépenses de consommation au cours de notre période de prévision (2010 à 2014). Cela dit, la croissance prévue des taux d'intérêt en limitera l'ampleur, surtout dans les dernières années de cette période.
- Tendances de consommation
Le niveau de l'emploi dans le commerce de détail et dans cette profession dépend aussi grandement des tendances de consommation. Par exemple, pour un même niveau de ventes, les magasins à grande surface ont besoin de moins de directeurs ou propriétaires que les petits commerces. Le choix du type de commerce par les consommateurs a donc une grande influence sur l'emploi dans le commerce de détail. À cet égard, les consommateurs plus âgés sont en général plus exigeants du côté de la qualité et du service à la clientèle, tandis que les plus jeunes sont plus sensibles aux prix. Ainsi, le vieillissement de la population devrait encourager les commerces qui offrent les meilleurs services. Compte tenu de ces tendances, la croissance des magasins à grande surface devrait se poursuivre, mais à un rythme moins rapide qu'au cours des dernières années. En effet, les sites les plus rentables sont déjà occupés. En plus, des groupes de citoyens et les marchands locaux opposent une forte résistance lorsqu'un investisseur annonce son intention d'ouvrir un tel magasin dans une localité ou dans un quartier.
Comme les magasins à grande surface embauchent proportionnellement moins de directeurs et plus de personnel de supervision et d'employés préposés au service à la clientèle que les petits et moyens commerces, les directeurs de la vente au détail ont moins bénéficié que d'autres professions de la croissance de l'emploi dans le commerce de détail au cours des dernières années. Leur nombre a en effet diminué légèrement, tandis qu'il augmentait chez les superviseurs du commerce de détail (voir 6211), les commis d'épicerie et autres garnisseurs de tablettes (voir 6622), les caissiers (voir 6611) et les vendeurs et commis- vendeurs (voir 6421).
Le niveau de l'emploi dans le commerce de détail est en outre influencé par le développement du commerce électronique par Internet. Jusqu'à maintenant, il a surtout entraîné des modifications aux stratégies des entreprises de vente par catalogue et par téléphone, et n'a touché le commerce traditionnel que pour certains produits. Ainsi, le commerce traditionnel des produits électroniques, des livres et des disques a subi une certaine baisse de ses ventes au profit du commerce électronique. Cette baisse a été la plus forte pour les produits qui peuvent être numérisés, comme les chansons, les vidéos, les logiciels et les jeux vidéo, donc être livrés directement par Internet, sans avoir besoin de faire appel à des services de livraison souvent coûteux. Notons que la baisse des ventes traditionnelles dans les produits qui peuvent être numérisés n'est pas due qu'au commerce électronique, mais aussi au piratage et aux sites de partage de fichiers (Napster, Kazaa, LimeWire, etc.). Par contre, le commerce électronique a eu peu d'impact sur les ventes d'autres produits, comme les vêtements, les automobiles et les aliments. Dans ces cas, le consommateur qui utilise Internet le fait davantage pour magasiner et comparer les produits que pour les commander et les acheter. Au Canada, les achats par Internet représentaient en 2007 moins de 2 % du revenu d'exploitation total des entreprises du secteur privé, selon les données de l'Enquête sur le commerce électronique et la technologie de Statistique Canada.
Compte tenu de ces tendances, surtout du rythme moins élevé d'implantation de magasins à grande surface et de la baisse de la croissance de l'emploi dans le commerce de détail, le nombre de directeurs de la vente au détail devrait diminuer légèrement au cours des prochaines années.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 42 % des postes dans cette profession en 2006, proportion en légère hausse depuis 1991 (34 %). Environ 75 % d'entre eux travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). On y trouvait en 2006 une proportion entre deux et trois fois plus élevée de travailleurs autonomes que dans l'ensemble des professions (27 % par rapport à 11 %).
B) Tendances par spécialité
- Propriétaires de petits commerces de détail
Plus du quart (27 %) des directeurs de la vente au détail sont des travailleurs autonomes, une majorité œuvrant dans de petits commerces. Ces petits commerces ont subi durement la concurrence des chaînes de magasins, en particulier l'ouverture des magasins à grande surface. Sauf pour les produits mentionnés plus tôt, ils sont peu menacés par le commerce électronique. Le taux de roulement de ces commerces est très élevé, et l'ouverture d'un nouveau commerce est souvent suivie (ou précédée) de la fermeture d'un commerce semblable à proximité.
Pour ouvrir un tel commerce, il est important de bien cibler sa clientèle, d'évaluer la concurrence, d'offrir des produits bien déterminés, de s'assurer de la qualité et de la fréquence des approvisionnements, de choisir judicieusement entre un magasin indépendant et un magasin en franchise (avec une marque reconnue), bref de bien élaborer son plan d'affaires. Plusieurs organismes offrent de l'aide à cet effet. Par contre, les programmes gouvernementaux d'aide à la création d'emplois et aux travailleurs autonomes ne financent généralement plus les projets dans le commerce de détail. Notons qu'il n'est pas nécessaire de posséder beaucoup de scolarité pour lancer un tel commerce.
Ces propriétaires doivent être en mesure d'offrir un service personnalisé, de faire preuve d'affabilité, de travailler de longues heures (jour, soir et week-end), de posséder des qualités d'entrepreneurship et d'avoir des aptitudes en gestion.
- Directeurs de grands commerces
Ces directeurs doivent à la fois concurrencer les autres grands commerces, les petits et moyens commerces et le commerce électronique. Ils doivent donc offrir le meilleur service possible, aux prix les plus bas possibles, tout en s'assurant d'un niveau de profits le plus élevé possible. Pour ce, ils doivent accorder une place majeure à la formation des employés. En effet, les vendeurs doivent connaître parfaitement leurs produits pour pouvoir conseiller adéquatement la clientèle. En plus, la direction de ces commerces sonde régulièrement sa clientèle pour pouvoir être en mesure de corriger rapidement tous les éléments qui pourraient faire diminuer l'achalandage de son magasin.
Pour faire diminuer les frais d'exploitation, ils doivent viser l'efficacité partout : approvisionnement «juste-à- temps», gestion des stocks, rapidité du paiement par la clientèle, etc. Plusieurs entreprises utilisent d'ailleurs des systèmes d'échange de données informatisées (EDI) et de commerce électronique entre entreprises pour les commandes et pour la facturation et les paiements des fournisseurs. Ils doivent donc se tenir au courant de toutes les innovations dans ces opérations.
Ainsi, les employeurs recherchent des candidats qui connaissent bien le marché dans lequel le magasin œuvre et les grandes tendances dans la consommation. Les candidats doivent posséder de solides notions de la vente et du marketing, des capacités en gestion, en organisation du travail et en communication, des aptitudes en analyse et en résolution de problèmes, et de la facilité à établir des relations interpersonnelles harmonieuses. Ils doivent aussi démontrer des qualités de leadership. Les employeurs exigent en général moins de scolarité pour ces directeurs que pour les autres postes de gestion.
Études et formation
Pour accéder à cette profession, il faut habituellement être titulaire d'un diplôme d'études secondaires. Cependant, un diplôme d'études universitaires ou collégiales (DEC) en administration des affaires, le DEC en gestion de commerces ou dans un domaine apparenté au produit ou au service vendu peut être exigé. Plusieurs années d'expérience dans la vente au détail, à des niveaux croissants de responsabilité, sont exigées.
L'École des Hautes Études Commerciales de Montréal (HEC) offre un certificat en commerce du détail et distribution à l'intention des commerçants et de leurs adjoints ou de futurs entrepreneurs. Des ateliers portant sur la gestion du commerce de détail sont également offerts dans quelques institutions.
Références utiles
Conseil québécois du commerce de détail
Comité sectoriel de main- d'œuvre du commerce de détail
Comité sectoriel de main-d'œuvre du commerce de l'alimentation
Certificat en commerce du détail et distribution
Considérations importantes
Étant donné que la croissance des magasins à grande surface devrait se poursuivre à un rythme moins rapide qu'au cours des dernières années, mais que la croissance de l'emploi dans le commerce de détail devrait être moins forte qu'avant, on prévoit que le nombre de directeurs de la vente au détail continuera à diminuer légèrement au cours des prochaines années.
Les débouchés proviendront des postes libérés par les directeurs de magasins de moyennes et grandes surfaces qui prendront leur retraite, et du fort taux de roulement des propriétaires et gérants de petits commerces. L'accès à cette profession exige généralement moins de scolarité pour ces postes que pour les autres postes de gestion.
0621 - Directeurs/directrices - commerce de détail
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 0621 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 70 150 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 1 500 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | -0,4 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | -250 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 2 800 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 2 550 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 0621 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 58,2 % | 52,7 % |
| Femmes | 41,8 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 0621 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 7,0 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 50,1 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 40,5 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 2,3 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 0621 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 93,5 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 6,5 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
0621 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 75,3 % | 53,2 % |
| Moyen | 39 008 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 22,0 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 57,4 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 20,7 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
0621 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 14,3 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 32,0 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 40,5 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 13,3 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 0621 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 1,4 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,6 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 8,5 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 4,8 % | 5,4 % |
| Estrie | 3,8 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 2,6 % | 2,9 % |
| Montérégie | 19,0 % | 18,7 % |
| Montréal | 21,5 % | 24,1 % |
| Laval | 5,8 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 6,5 % | 5,8 % |
| Laurentides | 8,6 % | 7,0 % |
| Outaouais | 4,5 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,9 % | 1,8 % |
| Mauricie | 3,4 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 3,5 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 1,5 % | 1,7 % |
| 0621 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 26,5 % | 11,2 % |
| 0621 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 13,8 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Commerce de détail | 81,4 % |
| Réparation et entretien de véhicules automobiles | 4,5 % |
| Commerce de gros | 3,4 % |