Gestionnaires de systèmes informatiques
0213 - Gestionnaires de systèmes informatiques
Textes de la profession
Nature du travail
Les gestionnaires de systèmes informatiques planifient, organisent, dirigent, contrôlent et évaluent les activités d'organisations qui analysent, conçoivent, mettent au point, mettent en exploitation, font fonctionner et administrent des logiciels informatiques et de télécommunications, des réseaux et des systèmes informatiques.
Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP), il suffit de consulter le site de la CNP.
Exemples de titres professionnels
Directeur de centre de données;
directeur de l'analyse des systèmes et du traitement des données;
directeur des systèmes d'information;
directeur des systèmes d'information de gestion (SIG);
directeur des systèmes informatiques;
directeur du développement de logiciels;
directeur du développement des systèmes;
directeur du traitement des données;
directeur du traitement informatique;
directeur en génie logiciel.
Perspectives
Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.
(Mise à jour : juillet 2010)
Après avoir augmenté fortement jusqu'en 2000, le nombre de gestionnaires de systèmes informatiques a diminué quelque peu jusqu'en 2005, avant de repartir en hausse. La forte croissance des années 1990 s'explique par le développement rapide de l'informatique, tant du côté du nombre d'utilisateurs que des champs d'application. Cette croissance s'est toutefois essoufflée à compter de 2001, surtout en raison de la baisse des investissements des entreprises dans le secteur informatique. Le retour à la croissance à partir de 2005 correspond à une augmentation de ces investissements. Comme cette dernière tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années, on prévoit que leur nombre augmentera fortement, quoique à un rythme plus modéré que lors des années 1990.
Source des débouchés
Les débouchés proviendront en premier lieu de l'augmentation de l'emploi et des besoins de remplacement des gestionnaires de systèmes informatiques qui prendront leur retraite et de ceux qui obtiendront des promotions à des postes de cadres supérieurs. Notons toutefois qu'il s'agit de la profession de la gestion (sauf les officiers de direction des Forces armées) où on trouvait en 2006 la plus faible proportion de travailleurs âgés de 45 ans et plus (34 % par rapport à 49 %), selon les données du recensement. Ses besoins de remplacement seront donc les moins élevés.
Bassin de main-d'œuvre
Ces débouchés seront accessibles en premier lieu à des analystes et programmeurs expérimentés et, dans une moindre mesure, à des gestionnaires de systèmes informatiques en chômage. Notons que le nombre de chômeurs est habituellement peu élevé dans cette profession, mais qu'il a augmenté considérablement depuis le début de la dernière récession. Ces chômeurs concurrenceront donc les autres membres de ce bassin de main-d'œuvre pour pourvoir les postes qui seront disponibles au cours des premières années de notre période de prévision (2010-2014). Une proportion importante des débouchés pourrait en outre être pourvue par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2006 nettement plus élevée que dans l'ensemble des professions (16 % par rapport à 12 %).
Industries
Selon les données du recensement, les gestionnaires de systèmes informatiques travaillaient en 2006 dans toutes les industries, avec une concentration notable dans la conception de systèmes informatiques (36 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans le secteur manufacturier (10 %), dans l'industrie de l'information et l'industrie culturelle (10 %), dans l'administration publique (10 %) et dans le commerce de gros (7 %).
Tendances
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend en premier lieu de la demande de services informatiques. Elle est également influencée par la concurrence internationale et par le phénomène d'impartition des services informatiques.
- Demande de services informatiques
La demande de services informatiques provient en partie des ménages privés, mais encore plus des entreprises. Du côté des ménages, le taux d'informatisation a augmenté en flèche au cours des 20 dernières années. Ce niveau de croissance tend toutefois à diminuer depuis 2002. Ce taux d'informatisation ayant atteint 74 % en 2009, selon l'Enquête sur les dépenses des ménages de Statistique Canada, son niveau de croissance plafonnera inévitablement à l'avenir. S'il reste indéniablement encore un certain potentiel de croissance de ce côté, ce facteur avantagera moins la croissance de la demande de services informatiques qu'au cours des 20 dernières années.
Au cours des années 1990, la demande de services informatiques des entreprises a connu une croissance spectaculaire. Ainsi, l'emploi dans l'industrie de la conception de systèmes informatiques a quadruplé au cours de cette décennie. En raison de la fin des travaux de conformité à l'an 2000 et de la baisse des investissements des entreprises en informatique à partir de 2001, l'emploi y a augmenté beaucoup plus lentement de 2000 à 2003. Ce rythme s'est accéléré de 2003 à 2009, soutenu par la hausse importante de la valeur des investissements des entreprises en machines et matériel, tout en demeurant loin de son niveau de croissance débridé des années 1990.
Compte tenu de la valeur élevée du dollar canadien et de la vigueur de la concurrence internationale, la valeur des investissements des entreprises en machines et matériel devrait reprendre son bon rythme de croissance d'avant la dernière récession et stimuler la demande de services informatiques.
- Concurrence internationale
Par ailleurs, ce n'est pas que la demande de services informatiques qui est mondiale, l'offre l'est aussi. Habituée à faire face à la concurrence des entreprises des autres pays industrialisés, l'industrie locale doit maintenant faire face à de nouveaux joueurs. Portées par l'amélioration des infrastructures de télécommunications, des entreprises installées dans des pays à bas salaires, surtout en Inde, concurrencent en effet depuis quelques années les entreprises locales pour assurer certains services informatiques. Malgré le battage médiatique entourant cette nouvelle concurrence, les données de Statistique Canada montrent que ses effets sont pour l'instant infimes. D'une part, les entreprises canadiennes des services informatiques obtiennent beaucoup plus de contrats à l'étranger que les entreprises étrangères n'en obtiennent au Canada. La valeur des contrats provenant de l'étranger réalisés au Canada entre 1993 et 2008 a en effet été, selon les années, de deux à quatre fois plus élevée que la valeur des contrats que le Canada a accordés à d'autres pays. D'autre part, même si la valeur des importations en services informatiques provenant de la Chine et de l'Inde montre un augmentation bien nette depuis 2001, cette valeur représentait toujours en 2004 moins de 1 % de l'ensemble de ces importations. Bref, bien que la menace soit réelle, elle n'a pas l'ampleur qu'on veut bien lui accorder. Cela dit, il est certain que les entreprises locales réagissent déjà et craignent ses effets, entre autres sur les prix.
- Impartition des services informatiques
L'impartition est un autre phénomène qui influence l'emploi dans cette profession. Cette forme de sous-traitance avantage l'emploi de ces directeurs dans l'industrie de la conception de systèmes informatiques, mais lui nuit dans les industries qui impartissent leurs activités informatiques aux entreprises de cette industrie. Le résultat de ce déplacement d'emplois a désavantagé ces gestionnaires, puisqu'une partie des tâches qu'ils effectuaient dans les services qui ont été impartis peuvent être réalisées par des analystes (voir 2171 et 2172) ou des programmeurs (voir 2174 et 2175) qui travaillent dans l'industrie de la conception de systèmes informatiques. Ce phénomène explique en bonne partie le fait que, malgré un fort taux de croissance, l'emploi a progressé plus lentement dans cette profession que dans les autres professions informatiques au cours des dernières années.
La tendance à l'impartition devrait toutefois ralentir considérablement au cours des prochaines années. En effet, les services informatiques des plus grosses entreprises sont déjà impartis à des firmes de l'industrie de la conception de systèmes informatiques. C'est pourquoi on s'attend à ce que l'emploi dans cette profession progresse à l'avenir à peu près au même rythme que l'emploi dans les autres professions informatiques.
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de gestionnaires de systèmes informatiques devrait augmenter fortement au cours des prochaines années.
Le secteur des services informatiques est en constante évolution. Les gestionnaires doivent donc suivre de très près les tendances qui peuvent varier considérablement en une courte période de temps, et ce, tant du côté des innovations technologiques (matériel, programmation et logiciels) que des besoins et des attentes des clients. En outre, ils doivent faire face au maraudage intensif de leurs concurrents, à cause de la pénurie d'analystes et de programmeurs efficaces et expérimentés.
Caractéristiques des emplois
Selon les données des recensements, les femmes occupaient environ 25 % des postes dans cette profession en 2006, proportion assez stable depuis 1991. Plus de 80 % de ces directeurs travaillaient à temps plein et à l'année en 2005, proportion beaucoup plus élevée que pour l'ensemble des professions (53 %). Le travail autonome y était en 2006 moins répandu que dans l'ensemble des professions (7 % par rapport à 11 %).
Exigences
Les employeurs recherchent des candidats qui possèdent une solide formation et beaucoup d'expérience en informatique (analyse ou programmation), et un esprit curieux et avide de connaissance. Les candidats doivent en plus posséder des notions de la vente, du marketing et du service à la clientèle, des capacités en gestion, en organisation du travail et en communication, des aptitudes en analyse et en résolution de problèmes et de la facilité à établir des relations interpersonnelles harmonieuses. Ils doivent aussi démontrer des qualités de leadership, et être imaginatifs dans la gestion des ressources humaines.
Ceux qui désirent lancer leur propre entreprise doivent en plus démontrer des qualités d'entrepreneurship, incluant des capacités à bâtir des réseaux de contacts variés et complémentaires.
Études et formation
Pour accéder aux postes salariés de cette profession, il faut habituellement être titulaire d'un baccalauréat ou d'une maîtrise en informatique, en administration, en commerce ou en génie. Plusieurs années d'expérience en programmation et en analyse de systèmes ou dans un domaine d'application de l'informatique ainsi que de l'expérience en supervision sont exigées.
Références utiles
Réseau action TI
Association professionnelle des informaticiens du Québec
Considérations importantes
L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend de la demande en services informatisés, mais aussi du phénomène d'impartition de ce type de services. Compte tenu de la forte croissance prévue dans ces domaines, on prévoit que le nombre de gestionnaires de systèmes informatiques augmentera fortement au cours des prochaines années.
Les débouchés dans cette profession seront accessibles en premier lieu à des analystes et programmeurs expérimentés, mais aussi à d'anciens gestionnaires de systèmes informatiques qui ont été sous-traités.
0213 - Gestionnaires de systèmes informatiques
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 0213 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 8 650 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 250 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 2,0 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 200 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 200 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 400 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 0213 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 75,1 % | 52,7 % |
| Femmes | 24,9 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 0213 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 1,9 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 64,3 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 33,7 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 0,1 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 0213 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 97,2 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 2,8 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
0213 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 80,7 % | 53,2 % |
| Moyen | 83 374 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 2,3 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 17,7 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 80,0 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
0213 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 1,0 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 9,4 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 42,9 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 46,7 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 0213 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 0,1 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 0,9 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 8,0 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 2,0 % | 5,4 % |
| Estrie | 2,1 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 0,7 % | 2,9 % |
| Montérégie | 23,4 % | 18,7 % |
| Montréal | 34,3 % | 24,1 % |
| Laval | 7,4 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 3,3 % | 5,8 % |
| Laurentides | 6,8 % | 7,0 % |
| Outaouais | 8,4 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 0,3 % | 1,8 % |
| Mauricie | 0,6 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 1,3 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 0,3 % | 1,7 % |
| 0213 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 7,1 % | 11,2 % |
| 0213 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 15,7 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | Pourcentage |
|---|---|
| Services professionnels, scientifiques et techniques | 42,0 % |
| - conception de systèmes informatiques | 36,3 % |
| Fabrication | 10,3 % |
| Industrie de l'information et industrie culturelle | 10,1 % |
| Administration publique | 10,0 % |
| Commerce | 9,3 % |