Pour pouvoir utiliser et interpréter correctement l'information sur les professions, il faut bien comprendre en quoi consiste précisément la profession sélectionnée. Cela permet de mieux situer l'information qualitative et d'interpréter correctement les statistiques. C'est pourquoi Emploi-Avenir Québec présente dans cette section une courte définition de chaque profession et offre un lien sur le site de la Classification nationale des professions (CNP) pour avoir accès à une description plus complète. Ces descriptions sont accessibles au :
http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/IndexProfessions.aspx
Le titre professionnel est en général le premier élément qui permet de s'informer de la profession exercée par un travailleur. Cette section présente les principaux titres professionnels utilisés pour les membres de la profession sélectionnée. La Classification nationale des professions (CNP) a colligé plus de 30 000 appellations se rapportant aux 520 groupes professionnels qu'elle contient. On peut accéder au moteur de recherche d'appellations de la CNP au :
http://www5.rhdcc.gc.ca/CNP/Francais/CNP/2006/RechercheMotCle.aspx
(Mise à jour : mai 2008)
Le nombre d'emplois au Québec a diminué au cours de la récession du début des années quatre-vingt-dix, s'est redressé légèrement au milieu de cette décennie, a crû assez fortement jusqu'en 2002 et a augmenté plus faiblement par la suite. Compte tenu de l'ensemble des tendances qui influencent l'évolution de l'emploi au Québec et qui sont décrites dans cette analyse, on prévoit que le nombre d'emplois devrait augmenter en moyenne de 1,1 % par année au cours de notre période de prévision (2008-2012), soit à un rythme nettement moins élevé qu'au cours des dix dernières années (moyenne de 1,7 %). Notons également que le rythme de croissance prévu sera plus élevé en début de période, passant de 1,4 % en 2008 à 0,9 % en 2012.
Les débouchés qui se créent sur le marché du travail peuvent provenir de trois sources :
- la mobilité professionnelle;
- l'érosion (retraites et décès);
- la variation annuelle d'emploi (création d'emplois).
- Mobilité professionnelle
La mobilité professionnelle (ou roulement de main-d'œuvre) représente la principale source de débouchés. En effet, bon an mal an, au moins 20 % des travailleurs quittent un emploi pour un autre, parfois à l'intérieur de la même profession pour un poste mieux rémunéré ou qui présente un défi plus intéressant, parfois pour une autre profession à la suite d'une promotion ou pour occuper un poste davantage lié à leur domaine de formation. Ces mouvements de main-d'œuvre permettent la création d'un nombre impressionnant de débouchés. D'ailleurs, on estime que, sur une base annuelle, plus de 80 % des débouchés proviennent de la mobilité de la main-d'œuvre et environ 20 % de la croissance de l'emploi et des postes qui sont libérés par les personnes qui prennent leur retraite ou qui décèdent. Même si ces proportions varient de façon significative entre les années de forte croissance de l'emploi et celles de décroissance, les débouchés qui proviennent de la mobilité de la main-d'œuvre représentent toujours, et de loin, la principale source de débouchés.
- Érosion (retraites et décès)
L'âge médian de la retraite a diminué de façon significative lors de la récession du début des années quatre-vingt-dix et des années qui l'ont suivie. Par exemple, il est passé au Québec de 64 ans en 1987 à 58 ans en 1997. Cette baisse s'explique principalement par le manque de dynamisme du marché du travail, l'amélioration des régimes de retraite et la création d'un grand nombre de programmes d'incitation à la retraite.
Le nombre de débouchés consécutifs à la retraite ou aux décès devrait augmenter fortement au cours de notre période de prévision (2008-2012). L'arrivée à l'âge de la retraite des premières cohortes de «baby-boomers» fera en effet augmenter le nombre de retraités potentiels. En fait, la moyenne annuelle du nombre de débouchés consécutifs à la retraite ou aux décès au cours des cinq prochaines années, qui est présentée dans la section «Indicateurs» des «Statistiques» (plus de 110 000), ne permet pas de percevoir l'augmentation du nombre de retraités et de décès potentiels. Selon nos prévisions, ce nombre passerait en effet d'environ 100 000 en 2008 à près de 120 000 en 2012. Cela dit, la vigueur de la demande de main-d'œuvre en incitera un grand nombre à demeurer en emploi plus longtemps. Cette vigueur a d'ailleurs déjà commencé à produire ses effets, puisque l'âge médian de la retraite est reparti en hausse depuis 1998, pour dépasser 59 ans en 2007.
Par ailleurs, le vieillissement de la population ne se reflète pas seulement par l'augmentation du nombre de personnes qui arrivent à l'âge où elles prennent habituellement la retraite, mais aussi par la diminution du nombre de jeunes en mesure de les remplacer. Déjà, face à la vigueur de la demande de main-d'œuvre et au manque de relève, certaines entreprises adoptent diverses mesures pour conserver le plus longtemps possible les employés plus âgés et pour favoriser le passage des compétences et des savoirs des employés expérimentés aux plus jeunes : établissement de programmes de mentorat, retraite progressive, horaires flexibles, etc. Ces mesures devraient atténuer quelque peu les effets de la forte augmentation de la population en âge de prendre sa retraite au cours de notre période de prévision.
- Croissance de l'emploi
Au cours de notre période de prévision (2008-2012), le nombre de débouchés provenant de la variation annuelle d'emploi (création d'emplois) devrait être un peu moins élevé qu'au cours des dernières années, tout en permettant une augmentation notable du nombre d'emplois. La section «Tendances qui influencent la croissance de l'emploi» plus loin sur cette page analyse les tendances qui expliquent cette prévision.
Notons que le nombre de débouchés provenant de la croissance de l'emploi (environ 44 000 par année) devrait être deux fois et demie moins élevé que le nombre de débouchés provenant de l'érosion (plus de 110 000 par année). Cela représente un changement majeur par rapport à la situation des dix dernières années, au cours desquelles le nombre de débouchés prévus provenant de l'érosion ne surpassait que légèrement le nombre de débouchés provenant de la croissance de l'emploi. On peut voir et comparer les données sur l'érosion et la variation annuelle de l'emploi en consultant la section «Indicateurs» des «Statistiques».
Pour l'ensemble des professions, le bassin de main-d'œuvre (ou l'offre de main-d'œuvre) est composé des personnes en emploi et des chômeurs, c'est-à-dire de la population active.
Au cours des dernières années, ce bassin a augmenté de façon notable. Comme cette croissance fut moins rapide que celle de l'emploi, le taux de chômage a diminué fortement, passant de 13,2 % en 1993 à 7,2 % en 2007.
La population active, ou le bassin de main-d'œuvre, évolue en fonction de la taille de la population adulte (nombre de personnes âgées de 15 ans et plus) et du taux d'activité, qui eux-mêmes varient en fonction de facteurs démographiques, économiques et sociaux. Voici les facteurs qui influencent le plus son évolution :
- la démographie;
- la participation des femmes au marché du travail;
- le niveau de scolarité de la population
- la croissance de l'économie.
- Démographie
Au cours de notre période de prévision (2008-2012), la population adulte (15 ans et plus) devrait augmenter à peine un peu moins rapidement qu'au cours des dernières années, selon le scénario de référence tiré de l'édition 2003 des perspectives démographiques de l'Institut de la statistique du Québec. Toutefois, cette croissance sera concentrée chez les personnes âgées de 55 ans et plus. Ainsi, le nombre de personnes dans les tranches d'âges les plus actives sur le marché du travail, soit de 25 à 54 ans, diminuera quelque peu. Le facteur démographique ne pourra donc contribuer directement à la croissance de la partie la plus active du bassin de main-d'œuvre.
Le solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants) joue un rôle fort important sur la démographie et sur l'évolution du bassin de main-d'œuvre, surtout pour certaines professions. Il est particulièrement important pour les professions en forte demande, compte tenu des critères utilisés pour les immigrants sélectionnés. Il l'est tout autant pour certaines professions peu spécialisées du secteur manufacturier et des services, compte tenu des caractéristiques des autres catégories d'immigrants (réunification des familles, autres parrainés et réfugiés). L'apport de l'immigration a permis une croissance importante du bassin de main-d'œuvre de 1990 à 1993, le nombre d'immigrants internationaux et interprovinciaux surpassant largement le nombre d'émigrants. De 1994 à 2000, ce surplus migratoire a été beaucoup plus faible, disparaissant même complètement en 1997. Le solde migratoire est toutefois redevenu nettement positif à partir de 2001 et a retrouvé son niveau du début des années quatre-vingt-dix de 2002 à 2007, atteignant même un sommet historique en 2003. Étant donné que les politiques gouvernementales favorisent l'augmentation de l'immigration et que le marché du travail devrait demeurer dynamique, on prévoit que l'immigration contribuera de façon significative à la croissance du bassin de main-d'œuvre au cours des prochaines années.
- Participation des femmes au marché du travail
L'augmentation de la participation des femmes sur le marché du travail est indéniablement un des phénomènes les plus marquants des 30 dernières années sur l'évolution du taux d'activité. Depuis 1976, plus de 70 % de l'augmentation de la population active est attribuable aux femmes. Cette croissance a permis aux femmes d'atteindre des taux d'activité proches de ceux des hommes dans toutes les tranches d'âges de 15 à 54 ans. Le rattrapage qu'on peut prévoir au cours des prochaines années ne touchera donc que les personnes de 55 ans et plus, tranche d'âge où on observe encore un écart important, quoique en forte baisse depuis 2002, entre les hommes et les femmes. L'augmentation de la participation des femmes sur le marché du travail devrait donc continuer à contribuer à la croissance du bassin de main-d'œuvre, mais à un niveau beaucoup moins élevé que lors des dernières années.
- Niveau de scolarité de la population
Il est clair que le taux d'activité augmente avec le niveau de scolarité. En 2007, le taux d'activité des personnes âgées de 25 à 54 ans qui possédaient moins de 9 ans de scolarité était de 58 %, tandis que celui des titulaires d'au moins un baccalauréat du même âge dépassait 91 %. Or, le niveau de scolarité de la population a augmenté très fortement au cours des dernières années. Ainsi, la proportion de la population adulte qui possède au moins un diplôme d'études postsecondaires est passée de 32 % en 1990 à 52 % en 2007, et celle qui est titulaire d'un baccalauréat de 9 % en 1990 à 18 % en 2007. Ce rythme d'augmentation spectaculaire commence toutefois à ralentir. L'augmentation du niveau de scolarité devrait donc continuer à contribuer à la croissance du bassin de main-d'œuvre au cours des prochaines années, mais à un niveau beaucoup moins élevé que lors des dernières années.
En outre, cette hausse du niveau de scolarité nous permet d'être optimistes face aux capacités de la population à s'adapter à un marché du travail de plus en plus axé sur le savoir. Reflet de l'adéquation entre l'amélioration du niveau de scolarité de la population et les exigences grandissantes des employeurs, la situation sur le marché du travail des diplômés des programmes de formation professionnelle, technique et universitaire s'est améliorée significativement depuis une quinzaine d'années, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Notons que ces diplômés représentent un bassin de main-d'œuvre bien particulier, car leur formation est bien souvent associée à une ou à quelques professions spécifiques.
- Croissance de l'économie
Le taux d'activité a tendance à se relever en période de forte activité économique et, à l'inverse, à se contracter en période de faible activité et encore plus lors de récessions. En effet, un bon nombre de personnes se découragent et cessent de chercher de l'emploi lorsque l'activité économique est à la baisse. D'autres «profiteront» de ces mauvais jours pour retourner aux études ou pour les poursuivre plus longtemps que prévu. Lorsque la santé de l'économie se rétablit, ces personnes ont au contraire tendance à recommencer à chercher de l'emploi. Pour illustrer ce phénomène, on peut analyser les données que Statistique Canada fournit depuis 1997 sur les raisons pour lesquelles les inactifs ne cherchent pas d'emploi. Ainsi, le pourcentage des inactifs qui veulent travailler est passé de 6,2 % en 1997 à 3,6 % en 2007. La proportion de travailleurs «découragés» (personnes qui veulent travailler et sont disponibles, mais qui n'ont pas cherché de travail parce qu'elles considéraient nulles les chances de trouver un emploi convenable) est, elle, passée de 1,4 % à 0,2 % au cours de la même période. On voit donc que l'amélioration de la situation économique a contribué à l'entrée sur le marché du travail de nombreuses personnes qui n'auraient pas cherché de travail quelques années auparavant parce qu'elles n'auraient pas cru pouvoir en trouver.
Pour évaluer l'importance de l'activité économique sur le taux d'activité sur une plus longue période, on peut aussi analyser l'évolution du taux d'activité des personnes âgées de 25 à 54 ans. L'utilisation du taux d'activité de cette tranche d'âge permet en effet de mieux isoler l'impact de l'importance de l'activité économique par rapport à l'impact des autres facteurs mentionnés plus tôt (démographie, participation des femmes et scolarité) et d'éviter qu'ils ne viennent interférer avec cette analyse. Après avoir atteint 81 % à l'orée de la récession du début des années quatre-vingt-dix, leur taux d'activité a diminué autour de 80 % à son plus creux en 1992 et s'est maintenu entre 80 % et 81 % jusqu'en 1996, période de faible croissance économique. Il a ensuite grimpé régulièrement pour atteindre 87 % en 2007 au cours de cette période de forte croissance économique. Compte tenu de nos prévisions de croissance de l'économie, ce fort taux d'activité devrait au moins se maintenir au cours des prochaines années.
- Conclusion sur le bassin de main-d'œuvre
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le bassin de main-d'œuvre devrait continuer à croître au cours des prochaines années, mais à un niveau moins élevé que lors des dernières années. C'est d'ailleurs pour cela qu'on s'attend à ce que le niveau de croissance de l'emploi soit moins élevé vers la fin de notre période de prévision, comme mentionné dans le premier paragraphe de ce texte. En outre, comme on prévoit que le taux de croissance du bassin de main-d'œuvre sera un peu moins rapide que celui de l'emploi, le taux de chômage devrait continuer à diminuer légèrement au cours des prochaines années. On s'attend donc à ce que le marché du travail soit un peu plus accueillant pour les chercheurs d'emploi que lors des dernières années.
Le niveau de croissance de l'emploi dépend de nombreuses tendances, certaines influant sur l'ensemble du marché du travail, d'autres touchant plus spécifiquement certaines industries et professions ou encore les exigences des employeurs.
A) Croissance de l'activité économique
Sans négliger l'importance des autres facteurs, l'évolution de l'emploi dépend en premier lieu des tendances qui influencent la croissance de l'activité économique dans son ensemble, telle que mesurée par le produit intérieur brut (PIB). Le PIB a augmenté lentement au début des années quatre-vingt-dix. Puis, de 1997 à 2007, il a connu une période de forte croissance, quoique à un niveau un peu moins élevé après l'an 2000. On prévoit que sa croissance sera notable au cours des prochaines années, sans toutefois atteindre les niveaux moyens observés de 1997 à 2007. Pour bien comprendre ces mouvements et expliquer cette prévision, on doit examiner les tendances qui influencent chacun des principaux éléments qui composent le PIB :
- les dépenses des consommateurs;
- les exportations et les importations;
- les dépenses gouvernementales;
- les investissements (privés et gouvernementaux).
- Dépenses des consommateurs
Les dépenses des consommateurs évoluent généralement à un rythme similaire à celui du PIB. En effet, s'il est évident qu'une croissance des dépenses des consommateurs fait automatiquement croître le PIB, une croissance du PIB est généralement accompagnée d'une hausse du revenu personnel disponible, qui favorise à son tour l'augmentation de la consommation. Ainsi, la part relative des dépenses de consommation sur le PIB est demeurée relativement stable de 1990 à 2005, se situant entre 58 % et 61 %, avant d'atteindre 62 % en 2006 et 63 % en 2007. Le niveau particulièrement élevé de 2007 s'explique en grande partie par le versement spécial de près de 2 milliards $ par l'administration publique provinciale dans le cadre du règlement de la question de l'équité salariale. Comme ce versement ne se reproduira pas au cours des prochaines années, on peut s'attendre à ce que la part relative des dépenses de consommation sur le PIB diminue un peu dès l'an prochain. Cela dit, les dépenses de consommation forment le composant du PIB le plus stable et le plus important.
D'anémique au début des années quatre-vingt-dix, la croissance des dépenses des consommateurs s'est raffermie de 1996 à 2007, si ce n'est un très léger ralentissement en 2001. Les mouvements des 15 dernières années s'expliquent par une foule de facteurs. Lors de la récession du début des années quatre-vingt-dix, les pertes d'emplois ont fait fondre le revenu personnel disponible et, par voie de conséquence, les dépenses des consommateurs. En plus, le niveau élevé des taux d'intérêt a restreint les achats de biens coûteux, pour lesquels il faut en général emprunter, tels les maisons, les automobiles et les meubles, contribuant ainsi à la baisse des dépenses des consommateurs.
Malgré la baisse des taux d'intérêt, les dépenses des consommateurs ont peu progressé dans les années qui ont suivi la récession, surtout en raison de la perte de confiance des consommateurs, de leur taux d'endettement assez élevé, de la hausse du fardeau fiscal, de la faiblesse des hausses salariales et de la faible croissance de l'emploi et de la population. Elles ont crû plus rapidement à partir de 1996, influencées par l'amélioration généralisée de la situation économique, la hausse du revenu personnel stimulé par la baisse du fardeau fiscal et la croissance de l'emploi et des salaires, la faiblesse des taux d'intérêt réels et la baisse du taux d'épargne. Compte tenu de la croissance soutenue de l'emploi, les dépenses des consommateurs devraient conserver un bon rythme de croissance au cours des prochaines années, quoique à un niveau un peu moins élevé que récemment. Elles demeureront néanmoins un des principaux moteurs de la croissance de l'économie et de l'emploi.
- Exportations et importations
L'analyse de l'évolution des exportations et importations (internationales et interprovinciales) au cours des dernières années nous permet de dégager trois constats majeurs. Tout d'abord, le volume des échanges internationaux et interprovinciaux a augmenté à un rythme nettement supérieur à celui des autres composants du PIB. Ainsi, malgré une légère décroissance entre 2000 et 2007, la part des exportations sur le PIB est passée de 44 % à 54 % de 1991 à 2007 (62 % en 2000), tandis que la part des importations est passée de 49 % à 62 %.
Deuxièmement, le solde du commerce extérieur (exportations moins importations) est passé d'un déficit important en 1989 (environ 9 milliards $ ou 4,7 % du PIB) à un excédent presque aussi important en 2001 (7 milliards $ ou 3,0 % du PIB). Ce passage d'un déficit à un excédent a contribué de façon importante à compenser les effets de la baisse des dépenses gouvernementales au milieu des années quatre-vingt-dix, puis à la forte croissance du PIB observée de 1997 à 2000. En raison de la hausse du dollar canadien, le solde du commerce extérieur est redevenu déficitaire en 2003 (2 milliards $), déficit qui s'est creusé année après année par la suite, atteignant en 2007 environ 19 milliards $ ou 7,2 % du PIB).
Troisième constat, alors que la valeur des exportations internationales était à peu près égale à celle des exportations interprovinciales au début des années quatre-vingt-dix, elle lui était deux fois plus élevée en 2000. Vu sous un autre angle, la valeur des exportations interprovinciales n'a augmenté que de 20 % de 1991 à 2000 pendant que celle des exportations internationales augmentait de 150 % ! Cette tendance pourtant très nette s'est toutefois modifiée de 2000 à 2007, la valeur des exportations interprovinciales augmentant de plus de 15 % pendant que celle des exportations internationales diminuait de plus de 5 %.
Ces mouvements importants s'expliquent principalement par les ententes de commerce international et par la valeur du dollar canadien. Les principales ententes de commerce international sont l'Accord du libre-échange (ALE) entre les États-Unis et le Canada, l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entre les États-Unis, le Mexique et le Canada et les ententes négociées dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) entre la majorité des pays du monde. Ces ententes ont toutes en commun de favoriser le libre commerce en diminuant, et même en éliminant, les frais douaniers et autres entraves au commerce, tels les quotas. Les effets de ces ententes expliquent surtout nos premier et troisième constats, soit l'accroissement important du volume des échanges internationaux et le fait que la valeur des exportations internationales est maintenant beaucoup plus élevée que celle des exportations interprovinciales. La baisse de la valeur des exportations internationales de 2000 à 2007 et la forte hausse des importations internationales de 2003 à 2006 s'expliquent principalement par la baisse du taux de croissance économique aux États-Unis, la hausse du dollar canadien et la concurrence de plus en plus forte des pays à faibles salaires, surtout de la Chine.
Les effets de ce qu'on appelle couramment la mondialisation des marchés varient considérablement selon les industries et les professions, et même selon les entreprises d'une même industrie. Ils sont positifs pour les entreprises qui vendent leurs produits et services plus facilement à l'étranger, négatifs pour celles qui sont touchées par les entreprises étrangères qui vendent leurs produits et services plus facilement sur le marché québécois et relativement neutres pour celles qui sont peu touchées par le commerce international (construction, enseignement, santé, commerce de détail, services personnels, etc.).
Si les ententes de commerce international ont indéniablement facilité les échanges internationaux et ont grandement contribué à leur croissance, la valeur du dollar canadien fut le facteur qui a le plus influencé l'évolution du solde commercial international. Ainsi, ce solde est demeuré nettement déficitaire au début des années quatre-vingt-dix, lorsque la lutte à l'inflation a porté les taux d'intérêt à des niveaux beaucoup plus élevés que ceux observés aux États-Unis et, par voie de conséquence, a contribué à faire augmenter fortement la valeur du dollar. Après la baisse des taux d'intérêt et du dollar, le solde commercial international fut foncièrement équilibré au milieu des années quatre-vingt-dix pour devenir positif à compter de 1999 et se retrouver à un niveau d'excédent jamais vu de 2000 à 2002, années où la valeur du dollar a atteint un creux historique. Puis, avec la hausse importante du dollar canadien à compter de 2003, l'excédent du commercial international s'est transformé en un déficit qui s'est creusé jusqu'à un sommet en 2007. Pour illustrer l'importance de la valeur du dollar canadien sur l'évolution du solde commercial international du Québec, soulignons que, sauf en 1997, ce solde a constamment été négatif au cours des 17 dernières années lorsque la valeur du dollar canadien était supérieure à 0,75 $ américain, et constamment positif lorsqu'elle y était inférieure.
Au cours de notre période de prévision (2008-2012), la valeur des échanges internationaux devrait augmenter tant du côté des exportations que des importations, mais à un rythme nettement moins élevé qu'au cours des années quatre-vingt-dix. Les exportations internationales devraient bénéficier d'une légère baisse de la valeur du dollar canadien et, vers la fin de notre période de prévision, d'une amélioration du niveau de croissance aux États-Unis, destinataires de plus de 75 % de nos exportations internationales. L'ampleur, la durée et les conséquences de la crise économique que connaissent actuellement les États-Unis ainsi que ses déficits commercial et budgétaire extrêmement élevés pourraient toutefois assombrir ce portrait. Les importations internationales devraient encore profiter de la valeur tout de même élevée du dollar canadien, du prix du pétrole et de la croissance des pays à bas salaires.
- Dépenses gouvernementales
La part des dépenses gouvernementales sur le PIB est passée de 28 % à 22 % entre 1992 et 2007. En dollars constants, ces dépenses ont diminué de façon significative de 1992 à 1997 et ont crû à peu près au même rythme que le PIB total de 1999 à 2007. Au début des années quatre-vingt-dix, les gouvernements se sont retrouvés face à des déficits élevés, qui sont venus s'ajouter à des dettes cumulatives déjà énormes. Face à cette situation, ils ont procédé à des compressions budgétaires importantes à partir de 1992. En plus des conséquences directes sur le niveau de l'emploi dans les administrations publiques, la baisse des dépenses gouvernementales a aussi entraîné une diminution des contributions gouvernementales dans presque tous les secteurs. À partir de 2001, ayant réussi à se dégager une certaine marge de manœuvre budgétaire, les gouvernements ont recommencé à augmenter leurs dépenses dans certains secteurs bien ciblés, tels que la santé et l'éducation. Cette tendance à la hausse modérée des dépenses gouvernementales devrait se maintenir au cours des prochaines années. En conséquence, il faut s'attendre à ce que les effets des dépenses gouvernementales ne contribuent que légèrement à la croissance du PIB et de l'emploi.
- Investissements
La part des investissements sur le PIB est passée de 19 % en 1989 à 15 % en 1995, pour repartir en hausse par la suite et atteindre 21 % en 2007. Ces mouvements s'expliquent en bonne partie par les variations des niveaux de l'activité économique et des taux d'intérêt.
Lors d'une récession, les entreprises hésitent bien sûr à augmenter leur capacité de production, face à une demande anémique. À l'inverse, lorsque la croissance de l'activité économique atteint un niveau élevé, elles sont encouragées à investir pour pouvoir satisfaire à la demande croissante. Par ailleurs, des taux d'intérêt élevés rendent les investissements beaucoup plus coûteux et plus difficiles à financer, tandis que des taux d'intérêt plus bas les rendent au contraire plus abordables.
Ainsi, les investissements ont diminué de façon importante au début des années quatre-vingt-dix, lorsque la croissance de l'activité économique était faible et que la lutte à l'inflation a porté les taux d'intérêt à des niveaux élevés. Avec la forte reprise de l'activité économique et la baisse des taux d'intérêt, les investissements ont augmenté très rapidement de 1995 à 1999 (près de 7 % de moyenne annuelle). Notons que cette hausse fut particulièrement forte dans les investissements en machines et équipements (plus de 14 % de moyenne annuelle). Ce type d'investissement est particulièrement important puisqu'il contribue directement à la hausse de la productivité, et par voie de conséquence, à l'amélioration de la compétitivité des entreprises à long terme. Le ralentissement important de la croissance des investissements en 2000 et en 2001 s'explique par la prudence des entreprises face à leurs surinvestissements des années précédentes, surtout dans le domaine des nouvelles technologies. Malgré une pause en 2005, la valeur des investissements a connu une croissance annuelle trois fois plus élevée que le PIB entre 2001 et 2007 (6 % par année par rapport 2 %). Selon les années, cette croissance s'est concrétisée dans différents types d'investissements (construction résidentielle, construction non résidentielle et machines et équipements). Cela dit, au bout du compte, tous ces types d'investissements ont connu un niveau de croissance élevé, tant du côté du secteur des entreprises que de celui des administrations publiques.
Au cours des prochaines années, la valeur des investissements devrait continuer à croître, mais à un rythme nettement moins élevé qu'au cours des dernières années. Du côté des investissements des entreprises, qui représentaient 84 % du total de la valeur des investissements en 2007, on estime que les projets de développement et de réfection des infrastructures chez Hydro-Québec, la valeur élevée du dollar canadien et la vigueur du marché intérieur encourageront les entreprises à investir, quoique les perspectives de croissance incertaines aux États-Unis et l'essoufflement de la construction résidentielle devraient limiter l'ampleur de cette croissance. Du côté gouvernemental, on peut s'attendre à un léger fléchissement du niveau de croissance des investissements, compte tenu des augmentations spectaculaires des sept dernières années (hausse moyenne annuelle de 8 %) et de la situation toujours fragile des finances publiques, quoique les besoins sont toujours importants, tant du côté du réseau routier ou que de celui des infrastructures publiques.
B) Autres facteurs
D'autres facteurs influencent aussi l'évolution de l'emploi. On retrouve dans les textes de perspectives des professions une analyse plus approfondie de leurs effets spécifiques sur ces professions. Les plus importants sont :
- le vieillissement de la population;
- les changements technologiques;
- l'économie du savoir et de l'information;
- les modes d'organisation du travail.
- Vieillissement de la population
Même si ses effets les plus importants ne commenceront à se manifester qu'après notre période de prévision, le vieillissement de la population influence déjà l'évolution du nombre d'emplois dans certaines professions et industries. Par exemple, même en tenant compte de son augmentation récente (hausse de 16 % entre 2002 et 2007), le nombre de naissances demeure encore bien inférieur à celui du début des années 90 (84 000 en 2007 par rapport à près de 100 000 en 1990) et à son sommet historique de 1959 (144 500). Ainsi, la baisse de la natalité a eu et aura des effets directs sur l'emploi dans les garderies et les écoles, et des effets indirects sur d'autres professions en contribuant à la baisse de la criminalité, des accidents d'auto, de la consommation d'alcool, etc. Voici d'autres exemples :
- secteur de la santé : le vieillissement de la population est une des principales causes de la hausse de la demande de médicaments qui, elle, entraîne une augmentation importante de la demande de pharmaciens; toutefois les effets du vieillissement sur les professions de la santé sont pour l'instant bien faibles comparé à ce qui s'en vient dans 10 à 15 ans;
- consommation : les citoyens plus âgés ne consomment pas les mêmes produits et accordent en général plus d'importance au service à la clientèle que les citoyens plus jeunes. Ce facteur favorise une demande accrue de personnel dans les professions liées au service à la clientèle, et, dans certains cas, une hausse des exigences des employeurs pour les candidats à ces professions;
- logement : après le départ des enfants, on cherche des logements plus petits et plus près des services; si ce facteur entraîne déjà une forte croissance de la construction de logements adaptés aux aînés et des services qui y sont liés (conciergerie, nettoyage, etc.), ses effets les plus importants se feront sentir dans une dizaine ou une quinzaine d'années;
- voyages : la popularité des voyages en groupe et du transport nolisé est en hausse;
- restauration : la restauration rapide subit les effets de la baisse de natalité, tandis que les restaurants à service complet bénéficient du vieillissement des «baby-boomers»
- finances : les services financiers adaptent leurs services à une population qui, en vieillissant, se préoccupe davantage de ses placements et de la préparation à la retraite.
- Changements technologiques
Dans les années 70, l'impact des changements technologiques s'est surtout fait sentir dans les secteurs primaire (agriculture, forêt, mines, etc.) et secondaire (manufactures). Dans les années 80 et 90, les changements technologiques ont modifié de façon importante le travail de bureau. On a alors observé une grande diversification des tâches de ce personnel et un accroissement important des exigences des employeurs, débouchant sur le décloisonnement des fonctions attribuées historiquement à des professions spécifiques. On peut par exemple retrouver maintenant une même personne qui effectue les tâches de réceptionniste, de secrétaire et de commis comptable, voire de graphiste et de concepteur de pages pour un site Internet.
À la même époque, le développement de l'informatique a généré des taux de croissance spectaculaires dans les professions de ce secteur. Plus récemment, la popularité croissante d'Internet et des produits multimédias a non seulement permis la croissance de l'emploi dans certaines professions (programmeurs, concepteurs graphistes, etc.), mais aussi à la création de nouvelles professions, tels les webmestres et les évaluateurs ou testeurs de jeux vidéo.
Aujourd'hui, l'utilisation croissante d'Internet influence surtout les façons de travailler et les exigences dans les professions touchées. Elle n'a que peu d'impact sur l'évolution du volume d'emploi dans les professions. Cela dit, le commerce électronique peut entraîner l'élimination de quelques emplois administratifs, puisque le commerce électronique interentreprises permet une diminution très significative du temps de traitement des documents administratifs. Il n'a par contre pour l'instant que peu d'effet sur l'emploi dans la vente.
Il est bien sûr impossible de prévoir de façon précise les changements technologiques qui seront implantés au cours des prochaines années. Cela dit, ils devraient continuer à favoriser la diversification des tâches et l'accroissement des exigences des employeurs.
- Économie du savoir et de l'information
On associe généralement l'importance grandissante de l'économie du savoir et de l'information à une baisse importante de l'emploi dans les professions exigeant peu de scolarité et à une très forte croissance de l'emploi dans les professions exigeant un diplôme universitaire ou liées aux sciences naturelles et appliquées. Ces dernières professions ont de fait connu un taux de croissance beaucoup plus élevé que les autres professions au cours des dernières années. Toutefois, le volume d'emplois des professions ainsi avantagées demeure relativement faible par rapport à l'ensemble du marché du travail. Ainsi, si le nombre d'emplois des professions liées aux sciences naturelles et appliquées a augmenté de 81 % de 1990 à 2007 par rapport à 20 % pour les autres professions, ce nombre représentait toujours à peine 7 % des emplois en 2007. De même, si le nombre d'emplois des professions exigeant un diplôme universitaire a augmenté de 56 % de 1990 à 2007 par rapport à 17 % pour les autres professions, ce nombre ne représentait toujours que 18 % des emplois en 2007. On voit bien que si les impacts de cette tendance sont tout à fait réels, ils se font sentir de façon bien graduelle.
S'il est en outre inexact de prétendre que l'emploi dans les professions exigeant peu de scolarité est en forte décroissance, il n'en demeure pas moins que le nombre d'emplois dans ces professions augmente beaucoup moins fortement que dans les autres professions. Ainsi, le nombre d'emplois dans ces professions exigeant moins d'un diplôme d'études secondaires n'a pas diminué, mais a progressé presque deux fois moins vite que les autres professions entre 1990 et 2007 (14 % par rapport à 24 %).
Cela ne signifie pas que tout va pour le mieux dans les professions exigeant peu de scolarité. En effet, les emplois qu'on y trouve sont de bien moindre qualité. Par exemple, on ne sera pas surpris de constater que, selon les données de l'Enquête sur la population active, le salaire hebdomadaire des employés (excluant les travailleurs autonomes) dans une profession exigeant un diplôme universitaire a été en 2007 en moyenne 2,6 fois plus élevé que celui des employés dans une profession exigeant peu de scolarité et que cet écart tend à augmenter (2,2 fois en 1997). En plus, le travail à temps partiel y était en 2005 plus de deux fois plus répandu (38 % par rapport à 17 %), le travail à l'année y était beaucoup moins fréquent (47 % par rapport à 66 %) et le taux de chômage y était en 2006 au moins trois fois plus élevé (8,5 % par rapport à 2,5 %). À ce tableau déjà sombre, il faut ajouter que ces emplois sont beaucoup plus vulnérables en cas de ralentissement économique, étant bien souvent parmi les premiers à faire les frais des mises à pied.
L'économie du savoir et de l'information n'influence pas que le nombre d'emplois par profession, mais aussi les exigences des employeurs et le contenu des tâches dans la majorité des professions. Ainsi, les compétences liées à l'utilisation des moyens de télécommunications électroniques et aux capacités de recherche, de traitement de l'information et de communication orale et écrite sont de plus en plus exigées. Nous prévoyons que ces tendances se maintiendront au cours des prochaines années.
- Modes d'organisation du travail
Même si l'organisation scientifique du travail (spécialisation des tâches) est encore fort répandue, on a observé depuis 1990 l'implantation et le gain en popularité de nombreux modes d'organisation différents et novateurs. Pensons à la gestion totale de la qualité, aux normes ISO et Qualimètre, aux programmes d'amélioration continue, à la gestion du «juste-à-temps», à la mise sur pied d'équipes semi-autonomes, etc. Globalement, ces modes d'organisation ont eu un effet légèrement négatif sur l'emploi des cadres intermédiaires. Ils ont davantage influencé à la hausse les exigences des employeurs et les besoins en formation, et ont entraîné des modifications dans le contenu des tâches. Cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.
C) Mise en garde sur les événements majeurs
Les tendances que nous venons d'analyser permettent de se faire une bonne idée sur l'évolution de l'emploi dans les professions. Toutefois, certains événements imprévisibles peuvent modifier profondément les perspectives dans les professions. Il peut s'agir de décisions gouvernementales (virage ambulatoire, garderies à 7,00 $, préretraites, nouvelles réglementations, etc.), d'investissements majeurs, de conflits internationaux ou de catastrophes naturelles. Il est alors important de pouvoir différencier les événements à effets ponctuels, quoique de grande ampleur (verglas), des événements à effets durables, tel le virage ambulatoire. Dans d'autres cas, un événement majeur peut comporter à la fois des effets durables et d'autres plus ponctuels. Par exemple, si les effets des événements du 11 septembre 2001 sur l'emploi dans les services de sécurité ont été durables, ses effets négatifs sur le transport par avion ont été temporaires.
Même si les événements majeurs à effets durables ne sont guère fréquents, il demeure important de suivre attentivement l'actualité pour pouvoir interpréter correctement nos prévisions.
Les tendances décrites plus tôt avantagent certaines industries et en désavantagent d'autres. Ainsi, les modifications les plus importantes depuis 1990 sur la répartition industrielle de la main-d'œuvre sont :
- la baisse de l'emploi dans les ménages privés (surtout depuis l'entrée en vigueur des «garderies à 7,00 $»), les mines et la forêt, le transport aérien, ferroviaire et maritime, quelques industries du secteur manufacturier (surtout celles du vêtement, des boissons, du papier et du textile);
- l'absence ou la faible croissance dans l'agriculture, les services publics, l'administration publique et les hôpitaux; et
- la forte hausse dans les services professionnels, scientifiques et techniques, les services de soutien aux entreprises, l'industrie de l'information, de la culture et des loisirs, et les soins de santé et d'assistance sociale (sauf les hôpitaux).
Il faut toutefois noter qu'une partie de la croissance de l'emploi dans les services professionnels et aux entreprises est due à l'impartition, donc à un déplacement d'employés de l'ensemble des industries vers ces services. Soulignons également que si l'emploi dans la construction se retrouve en 2007 à un niveau un peu plus élevé qu'en 1990, il a fluctué considérablement au cours de cette période.
Les textes de perspectives des professions analysées dans Emploi-Avenir Québec présentent en général une analyse plus approfondie sur les tendances de l'emploi dans les industries dans lesquelles les membres de ces professions travaillent.
- Travail à temps partiel
Depuis 1990, la proportion de la population en emploi qui travaille à temps partiel a en général évolué à l'inverse de la croissance de l'emploi. En effet, elle a augmenté rapidement au cours de la récession du début des années quatre-vingt-dix, a baissé lors de la forte reprise de 1997 à 2000, est repartie en hausse entre 2000 et 2003, période de plus faible croissance, et est finalement demeurée assez stable à ce niveau élevé depuis 2003, ayant atteint un plateau. Cela dit, l'analyse de l'évolution des taux globaux de travail à temps partiel laisse sur sa faim. Pour bien comprendre sa dynamique, il est important de l'examiner selon diverses catégories.
Selon le sexe : en 2007, la proportion des femmes en emploi qui travaillaient à temps partiel était plus de deux fois plus élevée que celle des hommes (26 % par rapport à 12 %). Cette proportion a toutefois peu varié chez les femmes entre 1990 et 2007, tandis qu'elle augmentait chez les hommes de 8 % en 1990 à 11 % en 1993 pour demeurer assez stable par la suite (toujours entre 10 % et 12 %). La hausse chez les hommes au cours de la récession du début des années quatre-vingt-dix s'explique en premier lieu par le fait que leurs pertes d'emplois ont été concentrées dans les secteurs de la fabrication et de la construction, secteurs où le travail à temps partiel est peu répandu (moins de 5 %).
Selon l'âge : en 2007, la proportion de jeunes (de 15 à 24 ans) en emploi qui travaillaient à temps partiel était entre trois et quatre fois plus élevée que celle des travailleurs âgés de 25 ans et plus (48 % par rapport à 14 %). Cette proportion a augmenté de façon très nette entre 1990 (34 %) et 1998 (45 %), demeurant assez stable par la suite (variant entre 41 % en 2000 et 2001, et 48 % en 2007). Ces mouvements importants ne s'expliquent qu'en partie par la conjoncture économique. Le facteur qui explique le plus ces mouvements est le niveau de la fréquentation scolaire à temps plein de ces jeunes. La proportion des jeunes qui fréquentent l'école à temps plein est en effet passée de 48 % en 1990 à 60 % en 1997, diminuant graduellement par la suite jusqu'à 55 % en 2003, avant de remonter à 59 % en 2007. Cette évolution correspond presque parfaitement avec celle du travail à temps partiel. D'ailleurs, la proportion des étudiants à temps plein en emploi qui travaillent à temps partiel est demeurée assez stable entre 1990 et 2007 (toujours entre 94 % et 96 %). La proportion des non-étudiants en emploi qui travaillent à temps partiel est passée de 12 % en 1990 à 20 % en 1998 pour ensuite diminuer à 15 % en 2001 et finalement remonter à 18 % en 2007. Bref, plus de 90 % de la hausse du travail à temps partiel observée chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans entre 1990 et 2007 s'est réalisée chez ceux qui fréquentaient des établissements scolaires à temps plein (81 %) ou à temps partiel (10 %).
- Travail autonome
L'importance relative du travail autonome a augmenté dans la majeure partie des années quatre-vingt-dix, passant de 13,2 % en 1990 à 15,6 % en 1997, mais a diminué par la suite pour revenir en 2002 au niveau d'avant la récession du début des années quatre-vingt-dix (13,0 %), avant de connaître une légère hausse jusqu'en 2007 (14,3 %). Ainsi, contrairement à ce qu'on peut fréquemment lire et entendre, on n'a observé au cours des 16 dernières années aucune tendance claire à la croissance du travail autonome sur le marché du travail.
L'évolution du travail autonome dépend d'une multitude de facteurs aux tendances opposées, notamment :
- l'évolution de l'emploi dans les professions et les industries où il est historiquement le plus présent : agriculture, services personnels, arts et culture, services aux entreprises, construction, professions libérales, gestion, etc.
- la tendance à l'impartition et à la sous-traitance;
- l'organisation du travail;
- la disponibilité accrue des moyens de télécommunications;
- le vieillissement de la population;
- la forte réglementation du travail salarié
- la conjoncture économique.
Face aux effets opposés de tant de facteurs, il est difficile de faire des prévisions sur l'évolution future du travail autonome. Son importance relative semble toutefois avoir atteint un certain plafonnement.
- Changements d'employeurs
Contrairement à un mythe fort répandu, le nombre d'employeurs pour lesquels les gens travailleront au cours de leur vie active sur le marché du travail a diminué au cours de la dernière décennie. Bref, ils changent moins souvent d'employeurs qu'il y a 10 ou même 25 ans. Selon une étude de Statistique Canada (Durée d'occupation des emplois, mobilité des travailleurs et marché du travail des jeunes dans les années 1990, G. Picot, A. Heisz et A. Nakamura, mars 2001), le nombre moyen d'employeurs dans une vie active (excluant les emplois occupés par les étudiants à temps plein) est en effet passé au Canada de 8,4 en 1976 à un sommet de 9,5 en 1988 pour retomber ensuite à guère plus de 7 en 1999. Cette moyenne est toutefois trompeuse, puisque le nombre moyen d'employeurs varie énormément selon les industries et les professions. Les gens changent par exemple beaucoup moins souvent d'employeurs dans l'agriculture et dans les secteurs de la santé et de l'enseignement que dans le commerce, l'hébergement et la restauration. Plus de la moitié de ces changements d'employeurs (4/7) ont lieu avant l'âge de 30 ans.
La tendance à changer moins souvent d'employeurs peut à première vue étonner. Elle s'explique toutefois assez bien. En effet, plus une personne est scolarisée, moins elle change souvent d'employeurs. Or, le taux de scolarité moyen de la population a augmenté nettement dans les années 90.
Du côté des exigences des employeurs, certaines tendances devraient s'accentuer. Si les employeurs recherchent toujours des candidats qui connaissent bien les aspects techniques nécessaires à l'exercice d'une profession, ils accordent de plus en plus d'importance au travail d'équipe, aux aptitudes à communiquer, à la polyvalence, aux capacités d'apprentissage et aux qualités personnelles. L'importance croissante des aptitudes à communiquer influence aussi à la hausse les exigences des employeurs en matière de maîtrise de la langue française et de bilinguisme. Dans ce contexte de croissance des exigences, il n'est pas étonnant de constater que la formation continue devient de plus en plus importante et se répand rapidement dans nombre de milieux de travail.
La formation scolaire prend de plus en plus d'importance pour accéder au marché du travail. Ainsi, les personnes les plus scolarisées sont beaucoup plus présentes sur le marché du travail que les personnes les moins scolarisées. En effet, en 2007, le taux d'activité des personnes âgées de 25 à 54 ans qui possédaient moins de 9 ans de scolarité était de 58 %, tandis que celui des titulaires d'au moins un baccalauréat du même âge atteignait 91 %.
À l'inverse, les personnes les plus scolarisées ont un taux de chômage beaucoup moins élevé que les personnes les moins scolarisées. En effet, en 2007, le taux de chômage des personnes âgées de 25 à 54 ans qui possédaient moins de 9 ans de scolarité était de 16 %, tandis que celui des titulaires d'au moins un baccalauréat du même âge était de 4 %.
Ces écarts, tant du côté du taux d'activité que du taux de chômage, tendent d'ailleurs à augmenter. L'écart le plus notable s'observe entre les personnes qui possèdent au moins un diplôme d'études secondaires (DES) et celles qui n'en possèdent pas. Cela démontre clairement l'importance de la poursuite des études au moins jusqu'à l'obtention d'un diplôme d'études secondaires (DES), et idéalement au-delà.
Emploi-Avenir Québec
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courriel : emploiavenir-jobfutures.qc@servicecanada.gc.ca
Compte tenu de l'ensemble des tendances qui influencent l'évolution de l'emploi au Québec, on prévoit que le nombre d'emplois devrait augmenter en moyenne de 1,1 % par année au cours de notre période de prévision (2008-2012), soit à un rythme nettement moins élevé qu'au cours des dix dernières années (moyenne de 1,7%).
Étant donné qu'on prévoit que la croissance de l'emploi sera tout de même supérieure à l'augmentation du bassin de main-d'œuvre, on s'attend à ce que le marché du travail soit un peu plus accueillant pour les chercheurs d'emploi que lors des dernières années.
| Principaux indicateurs du marché du travail | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2005- 2007 | 3 778 150 | 3 778 150 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2007 | 145 150 | 145 150 |
| Taux de croissance annuel de 2008 à 2012 | 1,1 % | 1,1 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2008 à 2012 | 41 550 | 41 550 |
| Érosion annuelle de 2008 à 2012 | 108 800 | 108 800 |
| Besoins annuels totaux de 2008 à 2012 | 150 350 | 150 350 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 52,7 % | 52,7 % |
| Femmes | 47,3 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 14,1 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 45,1 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 38,8 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 2,0 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 79,2 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 20,8 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 53,2 % | 53,2 % |
| Moyen | 45 157 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 16,5 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 52,4 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 31,1 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins dun DES | 14,1 % | 14,1 % |
| Diplôme détudes secondaires (DES) | 21,9 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 43,1 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 20,9 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 1,1 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,5 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 9,1 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 5,4 % | 5,4 % |
| Estrie | 3,9 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 2,9 % | 2,9 % |
| Montérégie | 18,7 % | 18,7 % |
| Montréal | 24,1 % | 24,1 % |
| Laval | 5,0 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 5,8 % | 5,8 % |
| Laurentides | 7,0 % | 7,0 % |
| Outaouais | 4,7 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,8 % | 1,8 % |
| Mauricie | 3,1 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 3,3 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 1,7 % | 1,7 % |
| 0000 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 11,2 % | 11,2 % |
| 0000 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 12,2 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | (%) | (%) |
|---|---|---|
| Primaire | 2,7 | |
| Secondaire | 19,5 | |
| - Manufacturier | 14,5 | |
| - Construction | 5,0 | |
| Tertiaire | 77,8 | |
| - Services à la production | 25,4 | |
| - Services professionnels, scientifiques et techniques | 6,4 | |
| - Finances, assurances et immobilier | 5,5 | |
| - Transport et entreposage | 4,6 | |
| - Commerce de gros | 4,4 | |
| - Gestion d'entreprises et services administratifs et de soutien | 3,6 | |
| - Services publics | 0,8 | |
| - Services à la consommation | 27,5 | |
| - Commerce de détail | 12,0 | |
| - Hébergement et restauration | 6,1 | |
| - Autres services | 5,0 | |
| - Information, culture et loisirs | 4,4 | |
| - Services gouvernementaux et publics | 24,9 | |
| - Soins de santé et assistance sociale | 11,6 | |
| - Enseignement | 7,0 | |
| - Administrations publiques | 6,3 |