Emploi Avenir
0000 - Ensemble des professions
Textes de la profession
Nature du travail
Pour pouvoir utiliser et interpréter correctement l'information sur les professions, il faut bien comprendre en quoi consiste précisément la profession sélectionnée. Cela permet de mieux situer l'information qualitative et d'interpréter correctement les statistiques. C'est pourquoi Emploi-Avenir Québec présente dans cette section une courte définition de chaque profession et offre un lien sur le site de la Classification nationale des professions (CNP) pour avoir accès à une description plus complète. Ces descriptions sont accessibles au :
http://www5.hrsdc.gc.ca/NOC/Francais/CNP/2006/IndexProfessions.aspx
Exemples de titres professionnels
Le titre professionnel est en général le premier élément qui permet de s'informer de la profession exercée par un travailleur. Cette section présente les principaux titres professionnels utilisés pour les membres de la profession sélectionnée. La Classification nationale des professions (CNP) a colligé plus de 30 000 appellations se rapportant aux 520 groupes professionnels qu'elle contient. On peut accéder au moteur de recherche d'appellations de la CNP au :
http://www5.rhdcc.gc.ca/CNP/Francais/CNP/2006/RechercheMotCle.aspx
Perspectives
(Mise à jour : janvier 2011)
Le nombre d'emplois au Québec a augmenté assez fortement entre le milieu des années 1990 et 2002, a augmenté plus faiblement jusqu'en 2008 et a diminué en 2009 en raison de la récession. Compte tenu de l'ensemble des tendances qui influencent l'évolution de l'emploi au Québec et qui sont décrites dans cette analyse, on prévoit que le nombre d'emplois devrait augmenter en moyenne de 0,9 % par année au cours de notre période de prévision (2010-2014), soit à un rythme beaucoup moins élevé qu'au cours des dix dernières années (moyenne de 1,5 %, même en tenant compte de la baisse de 1 % de l'emploi en 2009). Cette baisse du niveau de croissance prévu de l'emploi s'explique en premier lieu par le vieillissement de la main-d'œuvre.
Source des débouchés
Les débouchés qui se créent sur le marché du travail peuvent provenir de trois sources :
- la mobilité professionnelle;
- l'érosion (retraites et décès);
- la variation annuelle d'emploi (augmentation de l'emploi).
- Mobilité professionnelle
La mobilité professionnelle (ou roulement de main-d'œuvre) représente la principale source de débouchés. En effet, bon an mal an, au moins 20 % des travailleurs quittent un emploi pour un autre, parfois à l'intérieur de la même profession pour un poste mieux rémunéré ou qui présente un défi plus intéressant, parfois pour une autre profession à la suite d'une promotion ou pour occuper un poste davantage lié à leur domaine de formation. Ces mouvements de main-d'œuvre permettent la création d'un nombre impressionnant de débouchés. D'ailleurs, on estime que, sur une base annuelle, plus de 80 % des débouchés proviennent de la mobilité de la main-d'œuvre et environ 20 % de la croissance de l'emploi et des postes qui sont libérés par les personnes qui prennent leur retraite ou qui décèdent. Même si ces proportions varient de façon significative entre les années de forte croissance de l'emploi et celles de décroissance, les débouchés qui proviennent de la mobilité de la main-d'œuvre représentent toujours, et de loin, la principale source de débouchés.
- Érosion (retraites et décès)
L'âge médian de la retraite a diminué de façon significative lors de la récession du début des années quatre-vingt-dix et des années qui l'ont suivie. Par exemple, il est passé au Québec de 64 ans en 1987 à 58 ans en 1997. Cette baisse s'explique principalement par le manque de dynamisme du marché du travail, l'amélioration des régimes de retraite et la création d'un grand nombre de programmes d'incitation à la retraite.
Le nombre de débouchés consécutifs à la retraite ou aux décès devrait augmenter fortement au cours de notre période de prévision (2010-2014). L'arrivée à l'âge de la retraite des premières cohortes de « baby-boomers » fera en effet augmenter le nombre de retraités potentiels. En fait, la moyenne annuelle du nombre de débouchés consécutifs à la retraite ou aux décès au cours des cinq prochaines années, qui est présentée dans les « Statistiques » (entre 120 000 et 125 000), ne permet pas de percevoir l'augmentation du nombre de retraités et de décès potentiels. Selon nos prévisions, ce nombre passerait en effet d'environ 105 000 en 2011 à plus de 145 000 en 2014. Cela dit, la vigueur de la demande de main-d'œuvre après la récession en incitera un grand nombre à demeurer en emploi plus longtemps. Cette vigueur a d'ailleurs déjà commencé à produire ses effets, puisque l'âge médian de la retraite est reparti en hausse depuis 1998, pour atteindre 60 ans en 2009.
Par ailleurs, le vieillissement de la population ne se reflète pas seulement par l'augmentation du nombre de personnes qui arrivent à l'âge où elles prennent habituellement la retraite, mais aussi par la diminution du nombre de jeunes en mesure de les remplacer. Déjà, face à la vigueur de la demande de main-d'œuvre et au manque de relève, certaines entreprises adoptent diverses mesures pour conserver le plus longtemps possible les employés plus âgés et pour favoriser le passage des compétences et des savoirs des employés expérimentés aux plus jeunes : établissement de programmes de mentorat, retraite progressive, horaires flexibles, etc. Ces mesures devraient atténuer quelque peu les effets de la forte augmentation de la population en âge de prendre sa retraite au cours de notre période de prévision.
- Augmentation de l'emploi
Au cours de notre période de prévision (2010-2014), le nombre de débouchés provenant de la variation annuelle d'emploi (augmentation de l'emploi) devrait être nettement moins élevé qu'au cours des dernières années. La section « Tendances qui influencent la croissance de l'emploi » plus loin sur cette page analyse les tendances qui expliquent cette prévision.
Notons que le nombre de débouchés provenant de l'augmentation de l'emploi (un peu plus de 35 000 par année) devrait être plus de trois fois moins élevé que le nombre de débouchés provenant de l'érosion (entre 120 000 et 125 000 par année). Cela représente un changement majeur par rapport à la situation des dix dernières années, au cours desquelles le nombre de débouchés prévus provenant de l'érosion ne surpassait que légèrement le nombre de débouchés provenant de l'augmentation de l'emploi. On peut voir et comparer les données sur l'érosion et la variation annuelle de l'emploi en consultant la section des « Statistiques ».
Bassin de main-d'œuvre
Pour l'ensemble des professions, le bassin de main-d'œuvre (ou l'offre de main-d'œuvre) est composé des personnes en emploi et des chômeurs, c'est-à-dire de la population active.
Au cours des dernières années, ce bassin a augmenté de façon notable. Comme cette croissance fut moins rapide que celle de l'emploi, le taux de chômage a diminué fortement, passant de 13,2 % en 1993 à 7,2 % en 2008, avant de remonter à 8,5 % en 2009.
La population active, ou le bassin de main-d'œuvre, évolue en fonction de la taille de la population adulte (nombre de personnes âgées de 15 ans et plus) et du taux d'activité, qui eux-mêmes varient en fonction de facteurs démographiques, économiques et sociaux. Voici les facteurs qui influencent le plus son évolution :
- la démographie;
- la participation des femmes au marché du travail;
- le niveau de scolarité de la population
- la croissance de l'économie.
- Démographie
Au cours de notre période de prévision (2010-2014), la population adulte (15 ans et plus) devrait augmenter un peu moins rapidement qu'au cours des dernières années (0,8 % par année par rapport à 1,0 % entre 2001 et 2009), selon les données historiques et le scénario de référence de l'édition 2009 des perspectives démographiques de l'Institut de la statistique du Québec. En plus, plus de 80 % de cette croissance se réalisera chez les personnes âgées de 65 ans et plus, très peu actives sur le marché du travail. Ainsi, le nombre de personnes dans les tranches d'âges les plus actives sur le marché du travail, soit de 25 à 54 ans, diminuera sensiblement (de 1,8 %). Le vieillissement de la population devrait donc limiter grandement les possibilités de croissance du bassin de main-d'œuvre.
Le solde migratoire (immigrants internationaux et interprovinciaux moins émigrants) joue un rôle fort important sur la démographie et sur l'évolution du bassin de main-d'œuvre, surtout pour certaines professions. Il est particulièrement important pour les professions en forte demande, compte tenu des critères utilisés pour les immigrants sélectionnés. Il l'est tout autant pour certaines professions peu spécialisées du secteur manufacturier et des services, compte tenu des caractéristiques des autres catégories d'immigrants (réunification des familles, autres parrainés et réfugiés). L'apport de l'immigration a permis une croissance importante du bassin de main-d'œuvre de 1990 à 1993, le nombre d'immigrants internationaux et interprovinciaux surpassant largement le nombre d'émigrants. De 1994 à 2000, ce surplus migratoire a été beaucoup plus faible, disparaissant même complètement en 1997. Le solde migratoire est toutefois redevenu nettement positif à partir de 2001, a retrouvé, et même parfois dépassé son niveau du début des années 1990 de 2002 à 2009, et a atteint un sommet historique en 2009. Étant donné que les politiques gouvernementales favorisent l'augmentation de l'immigration et que le marché du travail devrait demeurer dynamique, on prévoit que l'immigration contribuera de façon significative à la croissance du bassin de main-d'œuvre au cours des prochaines années.
- Participation des femmes au marché du travail
L'augmentation de la participation des femmes sur le marché du travail est indéniablement un des phénomènes les plus marquants des 30 dernières années sur l'évolution du taux d'activité. Depuis 1976, plus de 70 % de l'augmentation de la population active est attribuable aux femmes. Cette croissance a permis aux femmes d'atteindre des taux d'activité proches de ceux des hommes dans toutes les tranches d'âges de 15 à 54 ans. Le rattrapage qu'on peut prévoir au cours des prochaines années ne touchera donc que les personnes de 55 ans et plus, tranche d'âge où on observe encore un écart important, quoique il ait diminué de plus de 30 % entre 2002 et 2009, entre les hommes et les femmes. L'augmentation de la participation des femmes sur le marché du travail devrait donc continuer à contribuer à la croissance du bassin de main-d'œuvre, mais à un niveau beaucoup moins élevé que lors des dernières années.
- Niveau de scolarité de la population
Il est clair que le taux d'activité augmente avec le niveau de scolarité. En 2009, le taux d'activité des personnes âgées de 25 à 54 ans qui possédaient moins de 9 ans de scolarité était de 58 %, tandis que celui des titulaires d'au moins un baccalauréat du même âge dépassait 91 %. Or, le niveau de scolarité de la population a augmenté très fortement au cours des dernières années. Ainsi, la proportion de la population adulte qui possède au moins un diplôme d'études postsecondaires est passée de 32 % en 1990 à 53 % en 2009, et celle qui est titulaire d'un baccalauréat de 9 % en 1990 à 18 % en 2009. Ce rythme d'augmentation spectaculaire commence toutefois à ralentir. L'augmentation du niveau de scolarité devrait donc continuer à contribuer à la croissance du bassin de main-d'œuvre au cours des prochaines années, mais à un niveau beaucoup moins élevé que lors des dernières années.
En outre, cette hausse du niveau de scolarité nous permet d'être optimistes face aux capacités de la population à s'adapter à un marché du travail de plus en plus axé sur le savoir. Reflet de l'adéquation entre l'amélioration du niveau de scolarité de la population et les exigences grandissantes des employeurs, la situation sur le marché du travail des diplômés des programmes de formation professionnelle, technique et universitaire s'est améliorée significativement depuis une quinzaine d'années, si ce n'est une légère détérioration sûrement temporaire en 2009 et 2010, en raison de la récession de 2009, selon les données de l'enquête Relance du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Notons que ces diplômés représentent un bassin de main-d'œuvre bien particulier, car leur formation est bien souvent associée à une ou à quelques professions spécifiques.
- Croissance de l'économie
Le taux d'activité a tendance à se relever en période de forte activité économique et, à l'inverse, à se contracter en période de faible activité et encore plus lors de récessions. En effet, un bon nombre de personnes se découragent et cessent de chercher de l'emploi lorsque l'activité économique est à la baisse. D'autres « profiteront » de ces mauvais jours pour retourner aux études ou pour les poursuivre plus longtemps que prévu. Lorsque la santé de l'économie se rétablit, ces personnes ont au contraire tendance à recommencer à chercher de l'emploi. Pour illustrer ce phénomène, on peut analyser les données que Statistique Canada fournit depuis 1997 sur les raisons pour lesquelles les inactifs ne cherchent pas d'emploi. Ainsi, le pourcentage des inactifs qui veulent travailler est passé de 6,2 % en 1997 à 3,7 % en 2008, avant de remonter à 4,2 % en 2009 en raison de la récession. La proportion de travailleurs « découragés » (personnes qui veulent travailler et sont disponibles, mais qui n'ont pas cherché de travail parce qu'elles considéraient nulles les chances de trouver un emploi convenable) est, elle, passée de 1,4 % à 0,2 % entre 1997 et 2008, avant de remonter à 0,3 % en 2009 en raison de la récession. On voit donc que l'amélioration de la situation économique a contribué à l'entrée sur le marché du travail de nombreuses personnes qui n'auraient pas cherché de travail quelques années auparavant parce qu'elles n'auraient pas cru pouvoir en trouver.
Pour évaluer l'importance de l'activité économique sur le taux d'activité sur une plus longue période, on peut aussi analyser l'évolution du taux d'activité des personnes âgées de 25 à 54 ans. L'utilisation du taux d'activité de cette tranche d'âge permet en effet de mieux isoler l'impact de l'importance de l'activité économique par rapport à l'impact des autres facteurs mentionnés plus tôt (démographie, participation des femmes et scolarité) et d'éviter qu'ils ne viennent interférer avec cette analyse. Après avoir atteint 81 % à l'orée de la récession du début des années 1990, leur taux d'activité a diminué autour de 80 % à son plus creux en 1992 et s'est maintenu entre 80 % et 81 % jusqu'en 1996, période de faible croissance économique. Il a ensuite grimpé régulièrement pour atteindre 87 % en 2008 au cours de cette période de forte croissance économique et s'y maintenir en 2009, malgré la récession. Compte tenu de nos prévisions de croissance de l'économie, ce fort taux d'activité devrait au moins se maintenir au cours des prochaines années.
- Conclusion sur le bassin de main-d'œuvre
Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, le bassin de main-d'œuvre devrait continuer à croître au cours des prochaines années, mais à un niveau beaucoup moins élevé que lors des dernières années. En effet, les effets du vieillissement de la main-d'œuvre se feront de plus en plus sentir, encore plus dans la deuxième de notre période de prévision, car la proportion de personnes qui quitteront le marché du travail en raison de la retraite sera en forte hausse. En outre, comme on prévoit que le taux de croissance du bassin de main-d'œuvre sera moins rapide que celui de l'emploi, le taux de chômage devrait diminuer au cours des prochaines années. On s'attend donc à ce que le marché du travail soit un peu plus accueillant pour les chercheurs d'emploi qu'actuellement.
Tendances qui influencent la croissance de l'emploi
Le niveau de croissance de l'emploi dépend de nombreuses tendances, certaines influant sur l'ensemble du marché du travail, d'autres touchant plus spécifiquement certaines industries et professions ou encore les exigences des employeurs.
A) Croissance de l'activité économique
Sans négliger l'importance des autres facteurs, l'évolution de l'emploi dépend en premier lieu des tendances qui influencent la croissance de l'activité économique dans son ensemble, telle que mesurée par le produit intérieur brut (PIB). De 1997 à 2007, le PIB a connu une période de forte croissance, quoique à un niveau un peu moins élevé après l'an 2000. Le niveau de croissance a faibli considérablement en 2008, connaissant même une baisse en 2009. Moins virulente qu'anticipée, la récession commencée au quatrième trimestre de 2008 a pris fin au troisième trimestre de 2009.
Au cours de notre période de prévision (2010 à 2014), la croissance du PIB devrait être positive, mais bien modeste comparée à celle observée au milieu des années 2000. En effet, le maintien de la valeur du dollar canadien à un niveau élevé, les plans gouvernementaux de retour à l'équilibre budgétaire et la faible hausse potentielle du bassin de main-d'œuvre se conjugueront pour limiter l'ampleur de la croissance économique. Pour bien comprendre ces mouvements et expliquer cette prévision, on doit examiner les tendances qui influencent chacun des principaux éléments qui composent le PIB :
- les dépenses des consommateurs;
- les exportations et les importations;
- les dépenses gouvernementales;
- les investissements (privés et gouvernementaux).
- Dépenses des consommateurs
Les dépenses des consommateurs évoluent généralement à un rythme similaire à celui du PIB. En effet, s'il est évident qu'une croissance des dépenses des consommateurs fait automatiquement croître le PIB, une croissance du PIB est généralement accompagnée d'une hausse du revenu personnel disponible, qui favorise à son tour l'augmentation de la consommation. Ainsi, la part relative des dépenses de consommation sur le PIB est demeurée relativement stable de 1990 à 2007, se situant entre 58 % et 61 %, avant d'atteindre 62,1 % en 2008 et 62,7 % en 2009. Le niveau particulièrement élevé de 2008 s'explique simplement par le fait que les dépenses de consommation ont continué à augmenter en 2008 à peu près au même rythme que lors des années précédentes, tandis que les autres composants du PIB ont crû moins rapidement, certains ayant même diminué. La hausse de 2009, elle, résulte d'une très légère augmentation des dépenses de consommation et d'une baisse du PIB total. Notons que, malgré leur gain en importance au cours des deux dernières années, les dépenses de consommation forment le composant du PIB le plus stable et le plus important.
La croissance des dépenses des consommateurs fut relativement élevée de 1996 à 2008, si ce n'est un très léger ralentissement en 2001, avant de disparaître presque complètement en 2009. Les mouvements des 15 dernières années s'expliquent par une foule de facteurs.
Les dépenses des consommateurs ont crû assez rapidement à partir de 1996, influencées par l'amélioration généralisée de la situation économique, la hausse du revenu personnel stimulé par la baisse du fardeau fiscal et la croissance de l'emploi et des salaires, la faiblesse des taux d'intérêt réels et la baisse du taux d'épargne. Avec l'entrée en récession à partir du dernier trimestre de 2008, les dépenses de consommation ont diminué jusqu'au milieu de 2009 avant de repartir en hausse et de se retrouver à la fin de 2009 à un niveau nettement plus élevé qu'avant la récession.
Cette sortie relativement rapide de la récession laisse entrevoir un niveau de croissance intéressant des dépenses de consommation au cours de notre période de prévision (2010 à 2014). Cela dit, la croissance prévue des taux d'intérêt en limitera l'ampleur, surtout dans les dernières années de cette période.
- Exportations et importations
Au cours des dernières années, la part de la valeur des exportations internationales et interprovinciales sur le PIB a augmenté à un rythme nettement supérieur à celui des autres composants du PIB au cours des années 1990, passant de 41 % à 63 % de 1991 à 2000, avant de diminuer graduellement pour atteindre 52 % en 2008 et de plonger à moins de 46 % en 2009. La part de la valeur des importations a aussi crû rapidement au cours des années 1990, passant de 44 % à 61 % de 1991 à 2000, mais n'a diminué que légèrement par la suite (58 % en 2008), avant de plonger aussi à 52 % en 2009.
Résultat de ces mouvements, le solde du commerce extérieur (exportations moins importations) est passé d'un déficit important en 1993 (environ 3,8 % du PIB) à un excédent presque aussi important en 2001 (3,2 % du PIB). En raison de la hausse du dollar canadien, le solde du commerce extérieur est redevenu déficitaire en 2003 (0,8 % du PIB), déficit qui s'est creusé année après année par la suite, atteignant en 2009 environ 6,4 % du PIB, sommet des 20 dernières années.
La part de la valeur des exportations et des importations interprovinciales sur le PIB a, elle, beaucoup moins varié au cours des dernières années. Ainsi, depuis 1992, cette part s'est toujours située entre 18 % et 21 %. Si le solde commercial interprovincial est légèrement négatif depuis 2000, il s'est presque équilibré en 2009 (-0,1 % du PIB).
Ces mouvements importants, surtout du côté du commerce international, s'expliquent principalement par les ententes de commerce international et par la valeur du dollar canadien. Les principales ententes de commerce international sont l'Accord du libre-échange (ALE) entre les États-Unis et le Canada, l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entre les États-Unis, le Mexique et le Canada et les ententes négociées dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) entre la majorité des pays du monde. La baisse de la valeur des exportations internationales de 2000 à 2009 et la forte hausse des importations internationales de 2003 à 2008 s'expliquent principalement par la baisse du taux de croissance économique aux États-Unis, la hausse du dollar canadien et la concurrence de plus en plus forte des pays à faibles salaires, surtout de la Chine.
Les effets de ce qu'on appelle couramment la mondialisation des marchés varient considérablement selon les industries et les professions, et même selon les entreprises d'une même industrie. Ils sont positifs pour les entreprises qui vendent leurs produits et services plus facilement à l'étranger, négatifs pour celles qui sont touchées par les entreprises étrangères qui vendent leurs produits et services plus facilement sur le marché québécois et relativement neutres pour celles qui sont peu touchées par le commerce international (construction, enseignement, santé, commerce de détail, services personnels, etc.).
Si les ententes de commerce international ont indéniablement facilité les échanges internationaux et ont grandement contribué à leur croissance, la valeur du dollar canadien fut le facteur qui a le plus influencé l'évolution du solde commercial international. Ainsi, ce solde est demeuré nettement déficitaire au début des années 1990, lorsque la lutte à l'inflation a porté les taux d'intérêt à des niveaux beaucoup plus élevés que ceux observés aux États-Unis et, par voie de conséquence, a contribué à faire augmenter fortement la valeur du dollar. Après la baisse des taux d'intérêt et du dollar, le solde commercial international fut foncièrement équilibré au milieu des années 1990 pour devenir positif à compter de 1999 et se retrouver à un niveau d'excédent jamais vu de 2000 à 2002, années où la valeur du dollar a atteint un creux historique. Puis, avec la hausse importante du dollar canadien à compter de 2003, l'excédent du commercial international s'est transformé en un déficit qui s'est creusé jusqu'à un sommet en 2009. Pour illustrer l'importance de la valeur du dollar canadien sur l'évolution du solde commercial international du Québec, soulignons que, sauf en 1997, ce solde a constamment été négatif au cours des 20 dernières années lorsque la valeur du dollar canadien était supérieure à 0,75 $ américain, et constamment positif lorsqu'elle y était inférieure.
La valeur des échanges internationaux devrait stagner en 2010 avant de repartir en hausse par la suite. À partir de 2011, les exportations internationales devraient bénéficier d'une amélioration du niveau de croissance aux États-Unis, destinataires d'environ 70 % de nos exportations internationales. Les conséquences de la dernière récession aux États-Unis et au Canada, ainsi que les déficits commercial et budgétaire extrêmement élevés aux États-Unis pourraient toutefois assombrir ce portrait. Les importations internationales devraient encore profiter de la valeur élevée du dollar canadien, du prix du pétrole et de la croissance des pays à bas salaires.
- Dépenses gouvernementales
La part des dépenses gouvernementales sur le PIB est passée de 26,5 % en 1992 à 21 % en 1999, a ensuite augmenté graduellement pour atteindre 23 % en 2008, puis près de 24,5 % en 2009. Au début des années 1990, les gouvernements se sont retrouvés face à des déficits élevés, qui sont venus s'ajouter à des dettes cumulatives déjà énormes. Face à cette situation, ils ont procédé à des compressions budgétaires importantes à partir de 1992. À partir de 2000, ayant réussi à se dégager une certaine marge de manœuvre budgétaire, les gouvernements ont recommencé à augmenter leurs dépenses dans certains secteurs bien ciblés, tels que la santé et l'éducation. La forte augmentation de 2009 s'explique à la fois par les plans de relance gouvernementaux, la baisse du PIB et l'augmentation des transferts publics dus à la récession (assurance-emploi, aide sociale, etc.).
Si on estime que la part des dépenses gouvernementales continuera à augmenter un peu en 2010, elle devrait se stabiliser et même diminuer quelque peu par la suite en raison de la fin du plan de relance et des compressions budgétaires qu'adopteront les gouvernements pour retrouver l'équilibre budgétaire. Ces dépenses ne pourront donc pas contribuer à la hausse du PIB après 2010, comme elles l'ont fait en 2008 et 2009.
- Investissements
La part des investissements sur le PIB est passée de 22 % en 1989 à 17 % en 1995, pour repartir en hausse par la suite et atteindre 21 % en 2008, avant de se replier à 19 % en 2009. Ces mouvements s'expliquent en bonne partie par les variations des niveaux de l'activité économique et des taux d'intérêt.
Lors d'une récession, les entreprises hésitent bien sûr à augmenter leur capacité de production, face à une demande anémique. À l'inverse, lorsque la croissance de l'activité économique atteint un niveau élevé, elles sont encouragées à investir pour pouvoir satisfaire à la demande croissante. Par ailleurs, des taux d'intérêt élevés rendent les investissements beaucoup plus coûteux et plus difficiles à financer, tandis que des taux d'intérêt plus bas les rendent au contraire plus abordables.
Ainsi, les investissements ont diminué de façon importante au début des années 1990, lorsque la croissance de l'activité économique était faible et que la lutte à l'inflation a porté les taux d'intérêt à des niveaux élevés. Avec la forte reprise de l'activité économique et la baisse des taux d'intérêt, les investissements ont augmenté très rapidement de 1995 à 1999 (8 % de moyenne annuelle). La baisse importante de la valeur des investissements en 2001 s'explique par la prudence des entreprises face à leurs surinvestissements des années précédentes, surtout dans le domaine des nouvelles technologies. Malgré une pause en 2006, la valeur des investissements a connu une croissance annuelle de trois fois à quatre plus élevée que le PIB entre 2001 et 2008 (7 % par année par rapport 2 %). Selon les années, cette croissance s'est concrétisée dans différents types d'investissements (construction résidentielle, construction non résidentielle et machines et équipements). Cela dit, au bout du compte, tous ces types d'investissements ont connu un niveau de croissance élevé, tant du côté du secteur des entreprises que de celui des administrations publiques.
En 2009, si les investissements gouvernementaux ont augmenté fortement en raison des plans de relance gouvernementaux, surtout dans les infrastructures, celles des entreprises, rendues prudentes en raison de la récession malgré le bas niveau des taux d'intérêt, ont
Études et formation
La formation scolaire prend de plus en plus d'importance pour accéder au marché du travail. Ainsi, les personnes les plus scolarisées sont beaucoup plus présentes sur le marché du travail que les personnes les moins scolarisées. En effet, en 2009, le taux d'activité des personnes âgées de 25 à 54 ans qui possédaient moins de 9 ans de scolarité était de 58 %, tandis que celui des titulaires d'au moins un baccalauréat du même âge atteignait 91 %.
À l'inverse, les personnes les plus scolarisées ont un taux de chômage beaucoup moins élevé que les personnes les moins scolarisées. En effet, en 2009, le taux de chômage des personnes âgées de 25 à 54 ans qui possédaient moins de 9 ans de scolarité était de 18 %, tandis que celui des titulaires d'au moins un baccalauréat du même âge était de 5 %.
Ces écarts, tant du côté du taux d'activité que du taux de chômage, tendent d'ailleurs à augmenter. L'écart le plus notable s'observe entre les personnes qui possèdent au moins un diplôme d'études secondaires (DES) et celles qui n'en possèdent pas. Cela démontre clairement l'importance de la poursuite des études au moins jusqu'à l'obtention d'un diplôme d'études secondaires (DES), et idéalement au-delà.
Références utiles
Emploi-Avenir Québec
Service Canada, région du Québec
Direction de l'analyse du marché du travail
200, boul. René-Lévesque Ouest
Tour ouest, 2e étage
Montréal (Québec)
H2Z 1X4
Courriel : emploiavenir-jobfutures.qc@servicecanada.gc.ca
Considérations importantes
Compte tenu de l'ensemble des tendances qui influencent l'évolution de l'emploi au Québec, on prévoit que le nombre d'emplois devrait augmenter en moyenne de 0,9 % par année au cours de notre période de prévision (2010-2014), soit à un rythme beaucoup moins élevé qu'au cours des dix dernières années (moyenne de 1,5 %, même en tenant compte de la baisse de 1 % de l'emploi en 2009).
Étant donné qu'on prévoit que la croissance de l'emploi sera supérieure à l'augmentation du bassin de main-d'œuvre, on s'attend à ce que le taux de chômage diminue et que le marché du travail soit un peu plus accueillant pour les chercheurs d'emploi qu'actuellement.
0000 - Ensemble des professions
Statistiques
| Principaux indicateurs du marché du travail | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Emploi, moyenne 2007- 2009 | 3 859 200 | 3 859 200 |
| Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2009 | 168 350 | 168 350 |
| Taux de croissance annuel de 2010 à 2014 | 0,9 % | 0,9 % |
| Variation annuelle d'emploi de 2010 à 2014 | 36 650 | 36 650 |
| Érosion annuelle de 2010 à 2014 | 122 850 | 122 850 |
| Besoins annuels totaux de 2010 à 2014 | 159 500 | 159 500 |
| Répartition de l'emploi selon le sexe | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Hommes | 52,7 % | 52,7 % |
| Femmes | 47,3 % | 47,3 % |
| Répartition de l'emploi selon le groupe d'âge | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| 15- 24 ans | 14,1 % | 14,1 % |
| 25- 44 ans | 45,1 % | 45,1 % |
| 45- 64 ans | 38,8 % | 38,8 % |
| 65 ans et plus | 2,0 % | 2,0 % |
| Répartition de l'emploi selon le statut | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Plein temps | 79,2 % | 79,2 % |
| Temps partiel | 20,8 % | 20,8 % |
| Revenu d'emploi annuel moyen (à temps plein et à l'année) |
0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| À temps plein et à l'année | 53,2 % | 53,2 % |
| Moyen | 45 157 | 45 157 |
| 0 à 19 999 $ | 16,5 % | 16,5 % |
| 20 000 $ à 49 999 $ | 52,4 % | 52,4 % |
| 50 000 $ et plus | 31,1 % | 31,1 % |
| Répartition de l'emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint |
0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Moins d'un DES | 14,1 % | 14,1 % |
| Diplôme d'études secondaires (DES) | 21,9 % | 21,9 % |
| Diplôme postsecondaire non universitaire | 43,1 % | 43,1 % |
| Baccalauréat et plus | 20,9 % | 20,9 % |
| Répartition de l'emploi selon la région | 0000 | Ensemble des professions |
|---|---|---|
| Gaspésie-îles-de-la-Madeleine | 1,1 % | 1,1 % |
| Bas-St-Laurent | 2,5 % | 2,5 % |
| Capitale-Nationale | 9,1 % | 9,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 5,4 % | 5,4 % |
| Estrie | 3,9 % | 3,9 % |
| Centre-du-Québec | 2,9 % | 2,9 % |
| Montérégie | 18,7 % | 18,7 % |
| Montréal | 24,1 % | 24,1 % |
| Laval | 5,0 % | 5,0 % |
| Lanaudière | 5,8 % | 5,8 % |
| Laurentides | 7,0 % | 7,0 % |
| Outaouais | 4,7 % | 4,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,8 % | 1,8 % |
| Mauricie | 3,1 % | 3,1 % |
| Saguenay-Lac-St-Jean | 3,3 % | 3,3 % |
| Côte-Nord-Nord du Québec | 1,7 % | 1,7 % |
| 0000 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Travail autonome | 11,2 % | 11,2 % |
| 0000 | Ensemble des professions |
|
|---|---|---|
| Immigration | 12,2 % | 12,2 % |
| Principaux secteurs d'emploi | (%) | (%) |
|---|---|---|
| Primaire | 2,7 | |
| Secondaire | 19,5 | |
| - Manufacturier | 14,5 | |
| - Construction | 5,0 | |
| Tertiaire | 77,8 | |
| - Services à la production | 25,4 | |
| - Services professionnels, scientifiques et techniques | 6,4 | |
| - Finances, assurances et immobilier | 5,5 | |
| - Transport et entreposage | 4,6 | |
| - Commerce de gros | 4,4 | |
| - Gestion d'entreprises et services administratifs et de soutien | 3,6 | |
| - Services publics | 0,8 | |
| - Services à la consommation | 27,5 | |
| - Commerce de détail | 12,0 | |
| - Hébergement et restauration | 6,1 | |
| - Autres services | 5,0 | |
| - Information, culture et loisirs | 4,4 | |
| - Services gouvernementaux et publics | 24,9 | |
| - Soins de santé et assistance sociale | 11,6 | |
| - Enseignement | 7,0 | |
| - Administrations publiques | 6,3 |