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Décembre 2005
Introduction
Résultats de la recherche:
1) Recherche préliminaire (Toronto)
a) Séance plénière sur les Autochtones de classe moyenne
b) Groupe de discussion sur le développement économique et l'emploi (Toronto)
2) Examen préliminaire de la documentation: Autochtones à Toronto
3) Comité consultatif communautaire et réunions de la commission d'étude : définition des priorités et de la méthodologie de recherche (Toronto, Ottawa et Thunder Bay)
L'étude sur les Autochtones vivant en milieu urbain se penche sur l'expérience des Autochtones dans six milieux urbains, soit Toronto, Ottawa, Thunder Bay, Kenora, Sudbury et Barrie-Midland. C'est le comité exécutif mixte formé de l'Ontario Federation of Indian Friendship Centers (OFIFC), de l'Ontario Native Women's Association (ONWA) et de l'Ontario Metis Aboriginal Association (OMAA) qui a reconnu la nécessité d'une étude plus poussée après celle publiée par la commission de 1981 : cette dernière constituait le premier grand projet de recherche sur les Autochtones vivant en milieu urbain au Canada. La présente commission va entamer à présent la deuxième étape de l'approche communautaire. Le comité central de la Commission d'étude et les comités consultatifs locaux à Ottawa, Thunder Bay et Toronto ont dressé la liste de priorités dans le cadre des objectifs locaux et provinciaux, notamment la santé, l'éducation, l'identité et la culture, le logement et le sans-abrisme, et le développement économique et l'emploi, entre autres. Le projet démarre à Thunder Bay, où des données seront rassemblées de multiples façons, parmi lesquelles on compte les entrevues de témoins privilégiés, les séances plénières, les groupes de discussion et les sondages à grande échelle. Nous continuons notre choix de thèmes pour Ottawa et Toronto et nous prévoyons le commencement de consultations préliminaires dans les autres villes.
La première étape de la recherche de la Commission d'étude sur les Autochtones vivant en milieu urbain s'est divisée en deux activités apparentées :
1) Recherche préliminaire (Toronto)
2) Comité consultatif communautaire et réunions de la commission d'étude (définition des priorités et de la méthodologie de recherche)
Tâches précises :
a) Séance plénière sur les Autochtones de classe moyenne
b) Groupe de discussion sur le développement économique et l'emploi
a) Trois réunions de la commission d'étude
b) Six réunions du comité consultatif communautaire (deux dans chacune des villes de Toronto, de Thunder Bay et d'Ottawa)
1) Recherche préliminaire (Toronto)
a) Séance plénière sur les Autochtones de classe moyenne
La première étape de notre étude des Autochtones vivant en milieu urbain comportait une séance plénière avec treize participants divisés en deux groupes de discussion. L'objectif de la séance était de faire le point sur la classe moyenne autochtone émergente : activités, organismes, travail bénévole, lieux de rencontre et mode de vie en général. Nous nous sommes aussi intéressés aux besoins non satisfaits et aux aspirations culturelles dans le milieu urbain de Toronto.
Conclusions principales de ces groupes de discussion :
1) Isolement social : La majorité des membres de la classe moyenne autochtone ne profite pas des 50 à 70 organismes autochtones à Toronto. C'est parce que ceux-ci se penchent surtout sur le soutien de personnes confrontées à des problèmes sociaux, dont le sans-abrisme, la monoparentalité et le logement.
2) Diversité culturelle et fragmentation communautaire : Les Autochtones se différencient nettement des autres groupes ethniques de la ville de par leur haut degré de diversité culturelle et linguistique, qui pose obstacle au développement d'une conscience communautaire. La classe moyenne autochtone n'est pas concentrée dans une zone de Toronto. Elle est plutôt dispersée dans de nombreux quartiers bourgeois de la ville.
3) Centres urbains et racisme : Puisque les Autochtones ne sont pas aussi faciles à discerner comme appartenant à une minorité visible à Toronto, ville multiculturelle par excellence, les manifestations évidentes de racisme sont moins fréquentes que dans les petits centres, surtout celles du Nord. Il semblerait que le racisme interne soit également moins grave à Toronto, où les Autochtones ont tendance à s'appuyer les uns les autres.
Cependant, dans le cadre du multiculturalisme et de la diversité ethnique, il faut ajouter que l'incompréhension des questions autochtones par les immigrants nouvellement arrivés au Canada contribue grandement à la continuation du racisme envers les Autochtones dans les centres urbains.
4) Problèmes de l'action positive : Il parait que le traitement préférentiel en cas d'embauche mène au verrouillage de l'emploi. Les candidats sont « enfermés » au sein d'organismes autochtones en conséquence d'initiatives d'équité en matière d'emploi et de programmes de stages. Cela peut conduire à une perception de politique de pure forme ou au sentiment exagéré de ses propres capacités chez l'employé.
5) Liens soutenus à la réserve : Les Autochtones vivant en milieu urbain maintiennent certains liens à la réserve, car ils rendent visite à la famille et aux amis qui y demeurent et participent plus ou moins à la politique de bande. La vie en centre urbain peut offrir un échappatoire aux Autochtones confrontés au racisme interne sur la réserve et leur permettre de se former et de s'éduquer afin d'influencer les collectivités autochtones de manière positive à leur retour.
6) Identité des Autochtones vivant en milieu urbain : Il est important de signaler qu'à Toronto, s'ils ne s'efforcent pas à se démarquer, les Autochtones passent inaperçus. Cet anonymat culturel peut servir de bouclier protecteur contre le racisme : les Autochtones sont nombreux à choisir de ne pas se révéler afin d'éviter les éventuels stéréotypes raciaux ou actes discriminatoires.
Un grand nombre de participants a signalé la nature complexe des problèmes d'identité, considérés sous l'angle du sentiment de soi-même : on construit de multiples images, qui se transforment, se chevauchent ou se confrontent selon la situation ou la période de la vie.
7) Besoins non satisfaits de la classe moyenne autochtone en milieu urbain : Il est clair que le besoin de programmes linguistiques et culturels autochtones reste à satisfaire à Toronto. Il faudrait également soutenir l'enseignement des études autochtones dans les écoles secondaires de façon bien plus concrète. Enfin, il existe un besoin criant de soins pour aînés autochtones à Toronto.
b) Groupe de discussion sur le développement économique et l'emploi (Toronto)
Pendant la première étape de notre étude des Autochtones vivant en milieu urbain en Ontario, nous avons animé deux groupes autonomes de discussion à Toronto, qui se sont penchés sur le développement économique et l'emploi des Autochtones. La séance du matin était destinée aux entrepreneurs autochtones et aux représentants d'organismes autochtones, celle de l'après-midi, aux représentants des gouvernements fédéral et provincial et des organismes non autochtones.
Conclusions principales de ces groupes de discussion :
1) Racisme et stéréotypes : Le racisme et la surabondance de stéréotypes sur les Autochtones demeurent un obstacle majeur au développement économique et à l'emploi des Autochtones.
2) Culture et identité autochtone : Un lieu commun persiste selon lequel le succès économique et la participation productive à l'économie du marché exigeraient des Autochtones qu'ils renient leur identité et compromettent leurs valeurs culturelles traditionnelles.
3) Infrastructure de soutien : Les Autochtones réussiront sur le marché lorsqu'ils obtiendront un appui et une mesure de stabilité. Les services de base (logement, garderies, transports, orientation, soins de santé, entraide et soutien communautaire) doivent être en place pour leur permettre de se lancer avec succès sur le marché du travail.
4) Éducation et formation : L'éducation et la formation appropriées sont considérées comme éléments nécessaires au succès économique des Autochtones. Il faut qu'elles correspondent précisément aux activités de recherche d'emploi et aux possibilités d'emploi.
5) Données économiques et démographiques : Il faut de meilleurs renseignements afin de susciter et de conserver une communauté d'Autochtones urbains dont les efforts sur le marché seront couronnés de succès. La sensibilisation rend possible le réseautage, l'entraide et les entreprises communes, ainsi que l'encadrement. Elle offre des modèles de comportement et encourage les entrepreneurs autochtones potentiels.
6) Accès aux fonds : Les entrepreneurs autochtones doivent pouvoir accéder plus facilement au financement (d'immobilisations ou par actions); les organismes qui les soutiennent doivent changer leur pratique d'octroi de prêts pour permettre les prêts à plus haut risque.
7) Élargissement des horizons et partenariats : Les Autochtones doivent élargir leurs horizons au-delà de la communauté autochtone locale pour s'établir sur les marchés national et international.
2) Examen préliminaire de la documentation: Autochtones à Toronto
La première étape de notre étude comportait aussi un examen préliminaire de la documentation disponible qui a servi à la conception du groupe de discussion sur le développement économique et l'emploi, et de la séance plénière sur l'émergence de la classe moyenne. Nous étions également persuadés qu'un aperçu de la recherche déjà entreprise nous offrirait la base de la détermination des lacunes et d'une définition plus précise des priorités de recherche pour la Commission d'étude.
Conclusions principales de l'examen de la documentation :
1) Manque de ressources : Notre enquête initiale sur la recherche actuelle (ressources universitaires en ligne ou sur papier, publications gouvernementales, certains rapports d'organismes autochtones) a révélé un manque presque total de travaux de recherche sur les Autochtones vivant dans le milieu urbain de Toronto.
2) Divergences démographiques : Les données démographiques sur les Autochtones diffèrent de façon significative des données sur le reste de la population : taux de natalité et de mortalité plus élevés, espérance de vie moindre, plus nombreuses familles monoparentales, pire état de santé, niveau d'éducation et de revenus plus bas, plus de chômage, plus grand nombre de personnes sans abri et niveau de pauvreté plus élevé.
3) Sensibilisation à la culture autochtone et collaboration en matière de politiques : Pour une meilleure prestation de services sociaux, il est nécessaire d'encourager la compréhension de la culture autochtone par les autres peuples et de soutenir les fournisseurs autochtones de services. Il faut également nouer des liens entre les trois ordres de gouvernement au pays et la communauté de Autochtones vivant en milieu urbain, afin de mettre en œuvre les politiques et programmes appropriés.
4) Service sociaux, langue et culture : Deux impératifs de l'élaboration de programmes et de politiques sont une prestation de services sociaux qui satisfasse les besoins élémentaires de la vie et des programmes qui renforcent l'identité autochtone de par l'enrichissement culturel et langagier dans l'environnement urbain.
5) Jeunes et femmes : Il faut des efforts pointus en programmes et politiques pour combler les lacunes de la provision des services sociaux aux jeunes et aux femmes autochtones.
6) Prestation de services et gouvernance autochtones : À présent, il existe une gamme assez étendue d'établissements de services sociaux aux Autochtones. La priorité des organismes autochtones en milieu urbain est plutôt le fonctionnement des activités qui leur sont propres qu'une forme de gouvernance collective à l'échelle urbaine.
3) Comité consultatif communautaire et réunions de la commission d'étude : définition des priorités et de la méthodologie de recherche (Toronto, Ottawa et Thunder Bay)
La Commission d'étude et les comités consultatifs communautaires ont discuté à fond des priorités de recherche et ont arrêté les suivantes.
La Commission d'étude indique qu'en situation idéale, les six thèmes suivants inspireraient la recherche dans toutes les localités, ce qui servirait à garantir la cohérence de la recherche en Ontario. La Commission suggère qu'on examine ces thèmes dans le contexte de six considérations globales.
Tableau no 1 : Priorités de recherche et considérations globales de la Commission
Thèmes de la recherche dans toutes les localités |
Considérations globales |
|
|
Racisme |
Différence entre les sexes |
Sans-abrisme |
Lacunes de service |
Pauvreté |
Aînés et soins de longue durée |
Jeunes |
Femmes et enfants |
Femmes |
Accès aux ressources et légitimité |
Santé |
Évaluation des services aux Autochtones |
Les discussions ont aussi établi les thèmes soutenus par le comités de consultation, et font le rapport entre les thèmes communs et certains thèmes particuliers aux localités, illustrés dans le tableau no 2.
Tableau no 2 Priorités de recherche des comités de consultation
Thèmes de la recherche dans toutes les localités |
Priorités de recherche à Thunder Bay |
Priorités de recherche à Ottawa |
Priorités de recherche à Toronto |
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|
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|
Racisme |
Développement économique et emploi |
Éducation |
Impact de la Commission d'étude originale |
Jeunes et femmes |
Sans-abrisme |
Abus d'Autochtones qui se révèlent |
Programmes et politiques de la mairie |
Services pour les jeunes de 7 à 17 ans |
Pauvreté des adultes |
Lacunes de représentation politique |
Aînés (vieilles personnes et aînés autochtones |
Classe moyenne |
Toxicomanies |
Logement d'aînés |
Flux de fonds publics |
Culture et identité |
Abus de solvants et SAF |
Logement en général |
Services aux Autochtones |
Compétence (ressort) |
Culture de gestion autochtone |
Profil de développement économique |
Liens entre l'adoption et le sans-abrisme |
Histoire |
Coût de la vie |
Communication |
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Santé |
Enfants et justice |
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Données démographiques |
Garde des enfants |
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